Préserver les feuilles préparées de ChuniidUé
Trypographe.
Dans cet appareil comme dans le précédent, on use ■ d'une encre grasse à base de carbone, il fournit donc des impressions durables.
98 COURS DE KEPIlOLUCTIOi>îS INDUSTRIELLES
De plus il permet de tirer de chaque sujet un nombre d'épreuves assez considérable.
Ainsi que l'indique son nom qui dérive de deux mots grecs : TpuTia, trou et rpawsiv, écrire^ dessiner, ce procédé de reproduction est basé sur l'impression à travers des trous. Il se compose :
1° D'un appareil spécial sur lequel on tend le papier trypograplnque'; il y en a deux modèles différents. A pour les petits formats, B pour les formats au-dessus de rin~4° ;
2^ D'un râteau en caoutchouc muni d'un manche, pour étaler l'encre sur la surface imprimante ;
3^ D'un stylet à pointe d'acier et d'une plaque métallique en acier pourvue à sa surface d'une infinité de petites pointes assez semblables à celle d'une lime.
Ce sont ces pointes sur lesquelles on pose le papier spécial, qui, lorsqu'on trace des traits avec le stylet d'acier perfore le papier sous l'influence de la pression avec frottement, d'une multitude de petits trous.
Ces petits trous sont pénétrés par Tencre et ils lui donnent passage pour chaque impression successive.
4° Papier trypographique, — Ce papier est préparé ad hoc, sa surface recouverte d'un vernis blanc, à la gomme laque, pensons-nous, est imperméable à la matière grasse qui forme l'encre, sauf dans les parties grattées parle stylet sur la plaque rugueuse.
L'encre pénètre seulement à travers les trous, elle atteint ainsi le papier blanc, destiné à recevoir l'épreuve, et placé en dessous de la feuille trypographique.
Voici du reste des instructions très précises pour régler l'emploi du trypographe * :
* Cet appareil est de l'invention de MM. Zuccato et Wolff (27, rue de Richelieu), à qui nous devons aussi le ^apyrographe*
Manière de produire le cliché, — Placez une feuille de papier trypographique sur la tablette perforatrice d'acier et écrivez avec le stylet sur le côté tir/ib^'-é du papier. Laissez une marge d'au moins 4 centimètres en haut et en bas, et d'à peu près un centimètre de chaque côté de la feuille. Pour produire le cliché il faut en écrivant appuyer un peu plus fortement que dans l'écriture ordinaire et assez fort pour bien presser le papier contre la tablette, dont les petites pointes perceront alors le papier suivant les lignes tracées par le stylet. Il faut appuyer égale^nent en montant et en descendant, car il est nécessaire que toutes les lignes soient parfaitement perforées. Ayez soin de ne pas casser le papier en le maniant. Il faut remonter le papier au fur et à mesure que l'on écrit pour pouvoir toujours écrire sur la partie qui est en contact avec la tablette.
Manière d'imprimer. — Levez le cadre, posez le cliché, le côté écrit en dessus, sur l'appareil, de façon à ce que la partie écrite se trouve au milieu du cadre ; puis abaissez le cadre. Fixez au moyen des crochets les deux bouts du papier entre les barres mobiles du cadre. Si le cliché fait des plis, ou sHl n'est pas dien tendu, décrochez une des darres et retendez-le lien.
Placé sous le cliché une feuille de papier buvard. Versez quelques gouttes d'encre à imprimer dans le godet et avec la drosse étendez-la bien également sur le bord en caoutchouc de l'outil à imprimer ou râcleur.
Prenez le racleur par le manche, oi Vinclinant en peu e7i avant, et poussez-le sur l'écriture d'un mouvement lent mais ferme. Cette opération fera pénétrer l'encre à travers les trous du cliché et la feuille placée en dessous se trouvera imprimée.
Otez le papier buvard et remplacez-le par une feuille
de papier à imprimer ; puis prenez le racleur et passezle sur toute la surface du cliché, comme on vient de le dire.
On ne devra remettre de l'encre sur le bord du racleur que quand l'impression deviendra moins distincte, ou quand le racleur ne glissera plus facilement sur le cliché. Si l'encre s'amasse au haut du cliché on l'enlèvera avec la brosse.
Pour obtenir une impression plus forte il sera quelquefois nécessaire de passer deux fois le racleur sur le chché. Les impressions inégales proviennent de ce que l'encre a été mal étendue, de ce qu'on ne tient pas le racleur à l'angle voulu, de ce qu'on le passe trop vite ou qu'on le presse inégalement sur la surface du cliché. Les impressions incomplètes proviennent de ce que Ton n'a pas appuyé suffisamment en écrivant.
La tablette perforatrice doit être, de temps en temps, nettoyée en la frottant avec de la benzine. En imprimant, ayez soin de ne pas toucher les barres de cuivre avec le racleur.
Si l'on imprime sur du papier glacé, il faut laisser sécher les exemplaires pendant quelques minutes, avant de les placer l'un sur l'autre.
Le baquet en fer est destiné à recevoir le racleur quand il est hors d'usage. On dévisse de temps en temps le front du racleur pour le renverser.
Impression photographique au chlorure d'argent.
La série des moyens de reproduction des sujets au trait ou au pointillé ne serait pas complète si nous n'indiquions encore divers procédés photographiques à l'aide dpî^quels on obtient des copies d'une façon moins in-
dustrielle, il est vrai, mais cependant assez facile quand il s'agit d'un petit nombre d'exemplaires à en tirer.
En tête de ces procédés il nous faut citer l'impression photographique au sel d'argent sur papier salé et sur papier albuminé.
Ce procédé, qui est le plus fréquemment et le plus universellement pratiqué par les photographes, est d'une très grande simplicité, et il se prête fort bien à la reproduction d'un nombre restreint d'épreuves. Malheureusement il donne des teintes d'une tonalité qu'on ne peut guère varier, et qui vont d'un pourpre noir ou violacé à une coloration rougeâtre plus ou moins couleur chocolat.
Le moyen d'imprimer par ce procédé sera bientôt décrit. On peut, suivant que l'on emploie du papier simplement salé, ou du papier albuminé salé, obtenir des épreuves mates dans le premier cas, et brillantes dans le second.
Papier salé. On prend du bon papier, d'une pâte régulière, que l'on met flotter, du côté le plus brillant, et pendant cinq minutes, dans un bain ainsi composé :
Eau 1000 grammes ou
un litre.
Chlorure de sodium (sel de cuisine hlancj 40 grammes.
Le papier est suspendu par un de ses angles pour sécher ; il se conserve, ainsi préparé, aussi longtemps qu'on veut; mais il est bon de le tenir dans un lieu sec.
Le papier albumrné salé est recouvert, d'un côté, d'une couche d'albumine à consistance sufflsante et dans laquelle on a mis environ 3 grammes de chlorure de sodium pour 100 grammes d'un mélange d'albumine et
d'eau. On trouve dans le commerce ce papier tout préparé et il vaut mieux s'adresser à un marchand de produits pour la photographie, qui tient les bonnes qualités de papier albuminé, plutôt que de se livrer soi-même à cette préparation assez délicate ; on trouve aussi à acheter du papier salé tout prêt ; mais laj préparation de ce dernier étant la chose la plus facile du monde, nous avons cru devoir l'indiquer.
SensiMlisation du, papier soit salé, soit albuminé salé. — On fait un bain d'argent sensibilisateur ainsi composé :
Eau distillée ou eau de pluie. ... 1 litre. Nitrate d'argent fondu 120 grammes.
On filtre ensuite dans une cuvette en porcelaine bien propre, et on laisse flotter, sur ce bain, pendant cinq minutes, et du côté préparé, le papier, soit salé, soit albuminé.
On opère, comme nous l'avons dit, dans l'obscurité, et après avoir laissé bien égoutter les feuilles, soit dans le bain lui-même, soit dans un verre destiné à recevoir le liquide en excès. On pique chaque feuille de papier par un coin, à l'aide d'épingles vernies noires.
Le nitrate d'argent étant un produit d'un prix élevé, on doit en laisser se perdre le moins possible.
On prépare, généralement, le papier sensibilisé le soir, pour l'employer le lendemain matin. Il ne faut pas préparer au-delà du nécessaire ; car, dans cet état, il ne se conserverait pas, mais on possède des formules qui permettent de préparer, au chlorure d'argent, du papier susceptible de se bien conserver \
1 Voir aux Formules diverses.
Le bain d'argent, pour le papier sensibilisé destiné à conserver sa blancheur, doit être ainsi composé :
On trouve du papier sensibilisé, dans le commerce, chez les marchands de produits pour la photographie.
Insolation, — L'insolation s'opère en posant le cliché contre la glace d'un châssis-presse, le côté où se trouve le négatif en dessus, et le côté préparé du papier sensible étant appliqué contre la surface du négatif.
On place ensuite un coussin de papier buvard sur le dos du papier sensible, puis on met le volet et l'on ferme les traverses à ressort du châssis.
Comme le volet est formé de plusieurs portes à charnières, on peut, en ouvrant l'une de ces portes, tandis qu'une partie du volet reste fermée et serrée par les traverses, suivre la venue de l'image et l'arrêter quand elle paraît suffisante. Il convient d'outrepasser, du double environ, le degré d'impression qui donnerait une bonne épreuve si l'image devait être conservée telle qu'on la voit, le fixage ayant la propriété de diminuer beaucoup le ton de l'image.
On arrive très vite, avec un peu d'habitude, à se rendre maître de ce procédé d'impression et du degré auquel il faut arrêter l'insolation.
Virage, — Après l'insolation on procède au virage, en immergeant l'épreuve dans un bain composé de :
Eau distillée . . .
Nitrate d'argent Acide citrique. .
100 centim. cubes.
12 grammes.
Eau ordinaire. . . ,
Chlorure d'or
Acétate de soude,
1000 grammes.
L'épreuve, plongée dans ce bain, change de ton : elle se couvre d'or réduit, ce qui la rend plus belle et plus solide. Il faut l'y laisser un quart d'heure environ, en l'agitant sans cesse.
Fixage, — Le chlorure d'argent, non réduit par la lumière, doit être enlevé du papier pour assurer la conservation de l'image. On a recours alors à un dissolvant du chlorure d'argent, Thyposulfite de soude. Ce produit respecte tout l'argent réduit et l'image se trouve ainsi fixée.
On laisse l'épreuve dix minutes environ dans un bain composé de :
Eau ordinaire 1000 grammes.
Hyposulfile de soude 100 —
On s'assure, en regardant par transparence, s'il n'existe aucune granulation dans la pâte du papier. L'épreuve est alors fixée ; il ne reste plus qu'à la laver abondamment dans de l'eau ordinaire et l'on fait sécher, en sortant l'épreuve de la dernière eau de lavage, et en l'épongeant entre des feuilles de papier buvard bien propres.
On opère de la même façon, soit que le papier ait été simplement salé, ou bien albuminé salé.
PkOCÉDÉ d'impression AU PLATINE OU PROCÉDÉ WILLIS.
Les images, fournies par le procédé au chlorure d'argent, ne présentent qu'une durabilité relative, et Ton ne doit employer ce procédé que lorsqu'on veut reproduire une image en vue d'un besoin essentiellement momentané ; mais, dès qu'il s'agit d'épreuves dont on veut
assurer la stabilité, il convient de se servir des divers procédés dont nous allons donner la description.
Le procédé au platine est un moyen analogue au procédé à l'argent, mais l'image résultant de la réduction du chlorure de platine étant du platine pur, métal inoxydable et inattaquable par les acides les plus énergiques il y a toute certitude que l'on obtiendra ainsi une certitude de durée bien plus considérable qu'avec une image d'argent, même bien virée à l'or.
Les papiers sensibilisés au chlorure de platine sont livrés tout préparés par la société de platinotypie, que dirige M. Stebbing ^ Ce papier se conserve très longtemps pourvu qu'on le tienne à l'abri de la lumière et de l'humidité.
L'insolation s'opère de la même manière que pour le procédé au chlorure d'argent, mais plus rapidement ; la durée de l'exposition à la lumière n'est que le tiers de celle du procédé au chlorure d'argent; l'image est à peine visible, même après une action suffisante des rayons lumineux, mais on en voit assez pour juger de sa venue. Pour la faire apparaître telle qu'elle doit être, on procède par voie de développement. Dans ce but, on prépare une solution ainsi composée :
Eau 1000 grammes.
Oxolate de potasse 50 —
On fait flotter la feuille insolée sur cette solution chaude : le sel de platine se trouve réduit instantanément en platine pur. — Il ne reste plus qu'à laver à l'eau et l'épreuve est prête.
Le ton des épreuves au platine (voir l'atlas) est d'un gris noir ardoisé : il est constamment le même et permet
' Rue des Apennins, 27- à Paris.
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des tirages d'une coloration très régulière ; ce procédé, quand on ne doit tirer qu'un nombre restreint d'exemplaires, est très pratique et d'un emploi très facile.
Papier au ferro-prussiate et au cyanofer.
Nous ayons déjà parlé sommairement de ces procédés au sel de fer dans le chapitre III de ce traité. Nous allons maintenant y revenir plus en détail pour décrire la marche opératoire de ces procédés.
D'abord il est utile de faire connaître sommairement sur quelles données chimiques repose l'emploi de ces sels :
On sait que le prussiate jaune de potasse (cyanoferrure de potassium) produit du bleu de prusse avec les 'persels de fer, c'est-à-dire, sels au maximum ou sels ferriques (on désigne ainsi les sels de fer les plus riches en oxygène), mais qu'il ne colore pas les proto^ sels de fer, sels au minimum ou sels ferreux, c'est-àdire, moins riches en oxygène.
Le prussiate rouge de potasse (cyanoferride de potassium) produit une réaction inverse : il colore en bleu les protosels et n'agit pas sur les persels.
D'autre part, placés en présence de certains acides organiques, tels que l'acide tartrique ou citrique, les persels de fer sont réduits par la lumière à l'état de protosels.
Si maintenant on imprègne du papier avec du persel de fer, et si on l'expose à l'action de la lumière sous un cliché, le persel passera à l'état de protosel dans toutes les parties insolées.
On pourra donc, à volonté, faire apparaître les traits en bleu sur fond blanc, en traitant le papier par un
bain de prussiate jaune de potasse, ou les réserver en blanc sur un fond bleu, en employant le prussiate rouge. L'une des épreuves, la première sera positive et l'autre sera négative.
La première préparation constitue le papier au cyanofer ou gommo-ferrique qui donne des épreuves positives bleues et exige un traitement au prussiate jaune de potasse.
La seconde préparation est celle du papier connusous le nom de papier au ferro-prussiate.
Pour éviter le traitement par le bain de prussiate rouge de potasse, après l'insolation, on a soin de joindre ce réactif à la préparation sensibilisatrice en faisant un mélange des deux solutions, l'un de perchlorure de fer et l'autre de prussiate rouge de potasse. Ces deux solutions n'exercent aucune action l'une sur l'autre tant que la réduction du sel fer n'a pas eu lieu sous l'influence de la lumière ; ce mélange préalable sur le papier n'a d'autre inconvénient que de diminuer sa sensibilité et d'exiger un temps de pose cinq à six fois plus long que dans le premier cas * .
Le papier ainsi préparé est exposé à la lumière sous un cliché qui peut être formé par le dessin original luimême. Pourvu que ce dernier ait été exécuté avec cette destination.
Après l'exposition, toutes les parties insolées ne contiendront plus que du proto-sel et par le lavage à l'eau pure, elles apparaîtront en bleu, pendant que les traits, soustraits à l'action lumineuse par leur opacité, resteront blancs.
Il faut donc ne pas oublier que ce qui caractérise ce
1 Voir aux Formules diverses pour les préparations qui servent au papier cyano-fer et au terro-prussiate.
papier c'est qu'il donne des épreuves négatives soit à traits blancs sur fond bleu et qu'il ne demande qu'un simple lavage à l'eau pure.
De ces considérations préliminaires passons au détail de chacun des procédés.
Papier au ferro-prussiate. — Le dessin à reproduire est placé dans le châssis-presse contre le papier sensible au ferro-prussiate. Ce dessin, portant contre la glace du châssis et le papier sensible en arrière du dessin ou du cliché, si, au lieu d'user d'un dessin original, on se sert d'un cliché photographique. Dans ce dernier cas il est bon de rappeler que l'on aura une image bleue négative si le cliché est un positif et une image bleue positive, c'est-à-dire à traits bleus sur fond blanc, si le cliché est un négatif.
Mais le plus souvent on se sert des dessins eux-mêmes ou de certains objets nettement découpés comme des dentelles, certains tissus, etc.
On expose à la lumière et l'on suit la venue de Timage en soulevant de temps en temps un des volets du châssis-presse.
Dès que les traits du cliché sont reproduits avec assez de netteté sur le papier sensible, par une teinte jaunâtre sale, on n'a qu'à retirer l'épreuve du châssis et à la plonger dans de l'eau ordinaire. Au bout de quelques minutes l'image est développée. Pour que l'opération ait réussi, l'image doit être d'un blanc bien pur sur un fond d'un beau bleu ; on rince dans de l'eau propre et l'épreuve est terminée.
Si l'on veut obtenir un bleu plus intense on y parvient en laissant tomber, dans l'eau de lavage, quelques gouttes d'eau chlorée ou de l'eau acidulée de 5 parties d'acide chlorhydrique pour 100 parties d'eau.
DIVERS PROCÉDÉS DE REPRODUCTION i09
Ce procédé est, comme on le voit, d'une extrême simplicité, mais il présente l'inconvénient grave de ne pas reproduire les dessins avec leur aspect normal, il les renverse en transformant des positifs en négatifs, pour ainsi dire, et cela est d'un effet désagréable, aussi a-t-on cherché, même au prix d'une plus grande complication, à obtenir un positif d'un positif, c'est-à-dire des reproductions à traits bleus sur fond blanc en se servant d'un dessin original en guise de cliché.
C'est ce problème qu'a résolu M. Pellet en créant la deuxième préparation connue sous le nom de papier cyanofer.
Papier cyanofer ou gommo-ferrique. — Ces noms désignent deux papiers presque identiques quant à leur composition et à leur manipulation, mais fabriqués par deux maisons différentes.
L'exposition à la lumière a lieu comme dans le cas du papier du ferro-prussiate, mais l'on ne peut en suivre la venue de la même manière ; pour y arriver on a tracé préalablement sur les bords du cliché, avec de l'encre du dessin, des séries de traits de grosseurs inégales. Sous chacune de ces séries de traits on dispose au châssis de petites bandes de papier sensible destinées à servir de photomètre.
On peut aussi créer ad hoc un petit photomètre spécial. De temps en temps, on prend un de ces témoins et on le trempe dans la dissolution révélatrice de prussiate de potasse et l'on arrête l'insolation quand un des témoins, soumis à ce bain, ne présente plus un fond taché de petits points bleus et que les traits seuls s'y marquent en bleu.
On a soin d'interrompre Faction de la lumière sur le
châssis, en le retournant, pendant les opérations sur les bandes photométriques.
A la lumière solaire directe, il faut environ de quinze à vingt secondes dépose pour obtenir rentière réduction du sel de fer à l'état de protochlorure, sauf aux endroits protégés par les traits où le sel reste à l'état ferrique.
A l'ombre, l'exposition durera de deux à cinq minutes ; par un temps couvert, de cinq à quinze minutes et même jusqu'à une demi-heure par des temps brumeux.
Développement, — L'insolation terminée, on développe l'épreuve, ce qui se fait moins simplement que pour le procédé précédent. Trois cuvettes sont ici nécessaires.
1° Une cuvette en bois ou en gutta-percha contenant la -solution de prussiate à 25 0/0. Cette solution peut se préparer promptement à l'eau chaude.
Ce bain ne s'altère pas et n'est nullement dangereux. Il est indispensable d'en maintenir le titre qui doit marquer au densimètre 160^
De temps en temps il s'y forme, par concentration, des paillettes cristallisées que l'on redissout aisément en ajoutant un peu d'eau.
2^ Une cuvette en zinc pour les lavages à Teau.
Cette cuvette doit toujours être très propre ; on la lave de temps en temps avec de la potasse et une brosse en chiendent.
Cette cuvette se met généralement au milieu des trois, l'eau y arrive à 50 centimètres au-dessus par un robinet muni d'un tube en caoutchouc d'une certaine longueur (40 centimètres environ).
Cette disposition permet de manœuvrer facilement la feuille dans la cuvette et en même temps de lancer un jet d'eau sur toute sa surface.
LIVERS PROCÉDÉS DE REPRODUCTIOX
3"^ Une cuvette en bois et gutta-percha contenant le bain de dégorgement formé d'eau ordinaire additionnée d'environ 8 0/0 d'acide chlorhydrique de commerce ou 3 0/0 d'acide sulfurique en volume.
Quand on emploie ce dernier on a soin, pour ne pas attaquer la gutta, de verser peu à peu l'acide sulfurique dans une cuvette en porcelaine ou en faïence, contenant deux ou trois litres d'eau.
Le mélange est versé dans la cuvette en gutta qui a déjà reçu une quantité d'eau suffisante.
Ce bain doit être renouvelé lorsque le précipité bleu qu'il renferme devient trop abondant.
En général, un bain peut servir pour cent cinquante épreuves.
Manipulation du développement. — Au sortir du châssis, les bords de l'épreuve sont relevés d'environ 1 à 2 centimètres, de manière à former une espèce de cuvette.
Cette précaution n'a d'autre but que d'empêcher le prussiate de mouiller le verso de l'épreuve et d'y produire des taches bleues.
On pose bien à plat le côté impressionné de papier sur le bain de prussiate ; on passe légèrement la main sur l'envers pour chasser les bulles d'air ; après quelques secondes, la feuille est enlevée rapidement par le bord antérieur et maintenue ainsi suspendue jusqu'au développement complet de toutes les parties de l'image. Elle est ensuite posée bien à plat sur l'eau de la cuvette en zinc.
Après ce premier contact qui, généralement, amène une teinte bleue sur le dessin, la feuille est immergée complètement dans le bain d'acide.
A l'aide d'une spatule en bois, on l'arrose du liquide
pour que toutes les parties de Fimage en soient bien recouvertes et on l'y abandonne un quart d'heure environ. Les traits bleus se foncent rapidement et le fond se dépouille de sa teinte jaunâtre pour devenir blanc.
Pendant cette opération, le sel de fer au minimum se dissout au contact de l'acide étendu. L'épreuve est de nouveau replacée dans la cuvette de zinc qui a été parfaitement nettoyée de sa première eau de lavage. On lâche sur l'image un fort courant d'eau sous lequel, à l'aide d'une brosse ou d'un large pinceau en soies de . porc, on aide au nettoyage complet des deux côtés de la feuille.
On ne doit jamais conserver dans la cuvette en zinc l'eau qui a servi au lavage de la feuille au sortir du bain de prussiate. Pendant le dégorgement dans le bain d'acide, on aura soin d'établir un courant d'eau dans la cuvette en zinc pour enlever les traces de prussiate qui auraient pu rester, soit dans les coins, soit sur les parois.
L'épreuve, suffisamment lavée, est placée sur un bâton demi-rond ou sur des cordes, où elle s'égoutte et se sèche. On peut se servir du papier buvard pour accélérer la dessiccation.
Malgré toutes les précautions, il arrive que quelques reproductions se trouvent tachées, les unes par leur contact avec du prussiate après le bain acide, les autres par suite d'une ombre ou tache sur le cliché, etc.
Pour détruire ces taches on se sert de la liqueur désignée sous le nom de Blue Solving, ce liquide permet également de rectifier les dessins. De même que les teintes, il ne doit être passé sur les reproductions que lorsqu'elles sont bien sèches.
Pour employer cette liqueur, il suflflt de l'appliquer, à l'aide d'un pinceau légèrement imprégné, sur les parties
à détruire, on éponge au buvard, et, après quelques instants, le fond blanc apparaît.
Le Blue Solvmg sert à écrire et à dessiner en blanc sur les épreuves négatives obtenues à l'aide du papier au ferro-prussiate.
Pour enlever le bleu qui adhère aux doigts , il suffît de se servir d'une dissolution de potasse ou de soude. Les épreuves obtenues par ces procédés sont inaltérables à la lumière et à Thumidité.
Quant au papier au cyanofer, il faut, pour le conserver longtemps, le tenir soigneusement à l'abri de la lumière et de l'humidité.
On peut employer deux sortes de papier : le papier ordinaire fort pour dessins de grandes dimensions, et le papier fin pour reproduire des dessins d'ensemble, à traits fins.
Papier Colcts à traits noirs sur fond Uanc. — La couleur bleue, même très foncée, du procédé au cyanofer, ne convient pas à tout le monde, on aimerait mieux se rapprocher encore davantage de la réalité en obtenant, à l'égal des dessins ordinaires, des traits noirs sur fond blanc. C'est ce qu'a tenté de réaliser M. Colas en impressionnant, par la lumière, du papier recouvert d'un mélange de perchlorure de fer et d'acide tartrique. Il îave ensuite à l'eau, puis, après avoir dissous tout le sel de fer non impressionné, il plonge l'épreuve dans un bain d'acide gallique; il se forme du gallate de fer sur toutes les parties où le persel a été réduit. Le gallate de fer a la couleur de l'encre ordinaire, c'est-à-dire une coloration un peu violacée. L'on est loin encore d'avoir le vrai noir des dessins à Fencre de Chine et de plus les fonds sont généralement recouverts d'une légère demi-teinte violacée.
Dans ce procédé^ les dessins ou calques originaux peuvent aussi servir de clichés. Le papier Colas ne peut se conserver que s'il est maintenu absolument en dehors de toute humidité.
M. Colas a imaginé, pour conserver le papier de sa fabrication, une sorte de presse analogue aux presses à copier les lettres ; le papier y est mis entre deux feuilles de caoutchouc d'une épaisseur d'environ 1 centimètre. On serre fortement jusqu'à ce que les bords extérieurs des plaques de caoutchouc se joignent hermétiquement, de cette façon le papier est soustrait à la fois à l'action de la lumière, de Tair et de l'humidité.
Papier au bichromate de potasse [dit papier Artigue). — Nous avons déjà eu l'occasion, à propos de la photolithographie, de faire connaître l'action que produit la lumière sur de la gélatine ou sur tout autre mucilage bichromaté.
Cette propriété est la base d'une foule d'applications à des moyens de reproductions photographiques au nombre desquelles se trouve le procédé au charbon. Nous aurons à revenir sur ce procédé dans la deuxième partie de ce traité, en nous occupant des reproductions à demiteintes.
Quand on veut user du procédé au charbon pour reproduire des sujets au trait, il convient d'en simplifier la manipulation, ainsi que l'a fait M. Artigue en créant un papier spécial à cet objet ; son papier est tout simplement recouvert d'une mince couche de gomme ou d'albumine additionnée d'un peu d'encre de Chine.
Si l'on sensibilise ce mucilage avec du bichromate de potasse et qu'on l'insole sur un cliché, une fois la dessiccation complète, il se formera, au développement à l'eau,
des traits noirs dans toutes les parties correspondantes aux traits blancs du négatif et Ton aura ainsi une image à traits bien noirs cette fois et absolument indélébile, puisqu'elle sera à base de carbone.
D'après ce que nous venons de dire, l'on ne pourrait employer un dessin original, soit un positif, pour avoir avec le papier Artigue, une contre-épreuve de même sens, soit positive.
Il faut, pour avoir un positif, ou bien faire une double opération, c'est-à-dire, passer par un négatif qui sert de cliché à son tour pour le tirage du positif (ce qui se fait avec le même papier), ou bien encore employer un procédé recommandé par le Manuel des procédés de rep7'Odiiction d'écritures et de dessin publié par la direction des cartes et plans au ministère des travaux publics.
Nous avons emprunté à ce manuel, fort bien rédigé^ quelques-unes des descriptions qui précèdent. Nous lui emprunterons encore Tlieureuse idée de la transformation des dessins en négatifs à l'aide du brun d'aniline ; nous en parlerons après en avoir fini avec le procédé qui nous occupe.
Nous supposons donc, pour revenir au papier Artigue, que l'on dispose d'un négatif et qu'il s'agit d'en tirer des épreuves positives en traits noirs,
SensiMlisation, — Le papier préparé avec la mixtion au charbon peut être conservé indéfiniment dans cet état, pourvu qu'on le tienne à l'abri de l'humidité.
Pour le sensibiliser, opération qu'on ne doit faire qu'au moment seulement de l'emploi, on l'imprègne d'un liquide composé de 125 grammes de bichromate de potasse dans un litre d'eau.
Pour faciliter la dissolution du sel de chrome, on
il6 COURS DE REPRODUCTIONS INDUSTRIELLES
chauffe légèrement le récipient, puis on filtre dans un. flacon dès que la dissolution est complète.
Les feuilles de papier à sensibiliser sont placées symétriquement les unes sur les autres, l'envers tourné du côté de l'opérateur. A l'aide d'un large blaireau trempé dans la dissolution de bichromate dont on a préalablement versé une certaine quantité dans un bol, on enduit largement l'envers du papier, qu'on laisse ainsi s'imbiber pendant une ou deux minutes. Puis, après avoir exprimé le liquide contenu dans le pinceau en le pressant contre les bords du bol, on promène le pinceau sur la feuille pour bien égaliser la couche de dissolution, et en enlever l'excès. Les feuilles sont ensuite suspendues jusqu'à complète dessiccation.
Ces diverses opérations doivent se faire dans un cabinet éclairé seulement avec un verre jaune.
Ainsi préparé, le papier peut se conserver sans altération pendant plusieurs jours, surtout l'été, à la condition d'être soigneusement enfermé et dans un endroit sec. Toutefois, il est bien préférable, surtout l'hiver, de le préparer seulement la veille de l'emploi.
Tirage, — Le papier, bien sec, est placé au châssispresse, le côté noir en contact avec l'endroit du négatif. On suit la venue de l'image, qui est terminée, lorsque les traits des dessins apparaissent sur l'envers de Tépreuve : c'est-à-dire sur le côté bichromaté. .
La durée de la pose varie suivant l'intensité de la lumière, depuis deux minutes en plein soleil jusqu'à dix à vingt minutes à l'ombre, elle est de plus d'une heure quand le ciel est couvert, et même encore davantage, suivant l'heure de la journée et par certains temps brumeux.
Il vaut mieux alors attendre un moment plus favorable à ce mode d'impression.
Quand l'image est venue, on retire l'épreuve du châssis ; on l'immerge pendant une minute dans une cuvette d'eau pure, on l'étend ensuite sur une feuille de verre, la surface impressionnée tournée du côté de l'opérateur ; on la soumet au lavage d'une pomme d'arrosoir, recevant l'eau par un tube en caoutchouc qui permet de déplacer l'aspersion.
Puis on promène sur toute la surface de la feuille un pinceau large et doux, en soies de porc, qui enlève le noir partout où l'action de la lumière ne l'a pas fixé, et fait ainsi apparaître le dessin. La plaque de verre doit être supportée par un tasseau en bois, de manière à dépasser le niveau du déversoir de la cuvette. Sans cette précaution, l'eau viendrait soulever l'épreuve et compromettre l'opération.
Après ce lavage, on plonge de nouveau l'épreuve dans la cuvette d'eau, on l'y abandonne pendant quelques heures pour être certain d'en enlever toutes traces de bichromate de potasse qui altérerait la blancheur du fond. On lave enfin à une dernière eau et on la laisse sécher.
Ce procédé est, en somme, d'une très grande simplicité et son seul inconvénient consiste dans l'obligation qu'il impose d'employer un négatif , ce qui exclut l'emploi immédiat des calques ou dessins originaux.
Voici le moyen, indiqué plus haut, de former un négatif avec un dessin tracé à là main.
Négatifs directs à V aide d'un dessin. — A cet effet, il suffît de dessiner le calque avec de l'encre lithographique, à le barbouiller ensuite de brun d'aniline et à le
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laver à l'essence de térébenthine qui dissout Fencre sans toucher à la teinte du fond.
Les traits apparaissent en blanc sur le fond brun imperméable à la lumière. Le . dessin est transformé en négatif et peut donner un positif avec les papiers aux sels d'argent, au ferro-prussiate, au bichromate de potasse.
L'encre autographique ou lithographique dont on se sert doit être très noire ; les traits doivent être bien nourris.
Il faut avoir bien soin de ne pas entamer le papier avec le tire-ligne et de n'y pas percer de trous.
On colle ensuite ce calque sur une planche, comme une feuille de papier à dessin, en interposant une feuille de papier buvard entre le calque et la planche. Puis on étend sur tout le dessin, à l'aide d'un pinceau plat une couche de brun d'aniline en dissolution concentrée. On peut même en passer plusieurs couches pour avoir plus d'imperméabilité à la lumière.
On laisse sécher ; enfin avec un petit tampon de coton, ou de linge doux, imbibé d'essence de térébenthine, on frotte doucement la surface de la feuille jusqu'à ce qu'on ait dissous les traits du dessin.
Ceux-ci apparaissent purs et nets sur le fond, brun foncé, de la couleur d'aniline et l'on a de la sorte un excellent négatif.