‹ Cours de therapeutiqueChapitre 39 sur 58 · ABSENCE DE GBKTAINS PHÉNOMÈNES. SM · texte numérisé non relu

ABSENCE DE GBKTAINS PHÉNOMÈNES. SM

]^us énergiqaes, tels que les actions mécaniques, les actions électriques. Tout le monde sait que Ton arrive aussi à former ou à délruire certains corps. 11 s'est donc demandé ai, dans Fécoiiomie vivante, le simple frottement, le simple mouvemenl de la circulation aidés d'une température de -f- S7%5 che2 rhomme, de -)- 43^ chex les oiseaux, ne pournient pas déterminer des phénomènes analogues à ceux qui 8ont produits dans les laboratoires par ces puissants moyens. Il est arrivé à des conclusions affirmatives, et, chemin faisant, il a rencontré un fait curieux : c'est que si on introduit amplement de l'iodure de potassium, on produit ses effets et pas d'autres ; si une autre fois on introduit du chlorate de potasse, les effets de celui-ci se produisent. Mais ce sont là deux substances qu'on peut considérer, isolées, comme inofifensives. Melsens a montré au contraire que ces deux substances, qui ne réagissent pas l'une sur l'autre lorsqu'on les met dans un verre à expériences, qui restent chlorate de potasse et iodure de potassium, qui n'échangent l'oxygène de l'acide chlorique avec l'iode que dans des conditions déterminées, quand on fait par exemple intervenir l'action mécanique ou l'électricité, faisaient cet échange dans Técono-

lie, de telle sorte que si on introduit de l'iodure de potaset du chlorate de potasse dans l'estomac^ on donne lieu à des empoisonnements, même mortels, pour des aniassez volumineux. Ce fait est donc intéressant, mais

éd la conséquence que j'en avais tirée.

J'avais pensé que si l'on introduisait les deux sobstanoes séparément dans la circulation, l'une par exemple ptr l'estomac, l'autre par le rectum, ces deux substances absorbées isolément, ne se rencontrant que dans le sérum sanguin, ne donneraient lieu à aucune influence funeste.

332 ALBUMINE. |Viiigt-a<^uxièine

L'expérience, je ne Tai pas faite, mais j'avais cru on trouver la démonstration dans un fait qui consiste eo ceci : on donne à un dogue des doses élevées de chlorate de potasse, puis, trois ou quatre jours après, des doses élevées aussi d'iodurede potassium, et il ne se produit rien de fâcheux. De cette expérience j'avais tiré la conclusion que voici : cet animal renferme encore une certaine proportion de chlorale dépotasse, on introduit immédiatement des doses élevées d'iodure de potassium et aucun phénomène nocif ne se produit, donc ces substances se rencontrant dans le sang ne seraient pas nuisibles, parce que là elles ne peuvent pas subir l'échange nécessaire à la formation de Tiodate de potasse, qui est le seul sel nocif.

11 faut être plus réservé, on pourrait dire que tout le chlorate de potasse a disparu, ou bien que, quoique Ton soit intervenu après la dernière dose, il n'en restait pas dans l'économie une quantité suffisante pour qu'il se formât une quantité notable d'iodate de potasse. Je fais donc mes réserves, mais je suis convaincu qu'en agissant ainsi que je l'ai dit, pour que les deux corps arrivent chacun de son côté dans le sang, on arrivera à démontrer qu'il ne se produit pas de phénomènes toxiques. Je ferai l'expérience, et je vous dirai l'année prochaine si les résultats ont été conformes à ma prévision.

Je vous ai donc montré qu'il y avait absence d'un certain nombre de phénomènes chimiques; je vais vous montrer maintenantque des substances qui déterminent des effets physiologiques énormes, n'en produisent pas quand elles sont en circulation dans le sang. Ce sera la démonstration la plus éclatante de l'influence de l'albumine sur la liberté des corps introduits dans l'économie.

leçon.) ALBUMINE. 333

Vous connaissez tous les efTets fâcheux que détermine un vésicatoire ou trop large, ou laissé trop longtemps à demeure, ou fait avec des cantharides d'une extrême énergie, ou appliqué sur une surface qui absorbe très rapidement, comme une région ventousée. Vous savez qu'au bout d'un certain nombre d'heures il sui^ient des phénomènes douloureux du côté de l'appareil urinaire, et que l'action vive déterminée- sur les reins, sur la vessie, peut se traduire non seulement par de l'albuminurie, par la présence de fibrine, mais encore par la présence du sang dans les urines en quantité tellement considérable, qu'il en résulte une coagulation en masse dans le réservoir urinaire. D'où dysuiie, non à cause de Toligurie,* mais par obstacle mécanique. J'ai vu ainsi des gens qui ne pouvaient plus uriner avant d'avoir attendu la dissolution du caillot. Vous connaissez tous ces phénomènes, mais il est probable que peu d'entre vous ont réfléchi à leur signification.

Vous voyez une surface extérieure qui absorbe une subslanceactive telle que la cantharidine; les vaisseaux qui viennent d'absorber celte cantharidine et qui en sont remplis à un certain moment devraient ressentir l'influence de la substance toxique. 11 devrait y avoir de la phlébite, et même de la phlébite plastique, puisque vous voyez dans les urines de Talbumine et du sang. Eh bien, il n'y a rien dans le système absorbant de la région du vésicatoire. Jamais on n'a vu ni de la lymphangite, ni de la phlébite dans le voisinage d'un vésicatoire, qui a pourtant donné lieu aux accidents les plus graves du côté des reins.

Comment donc cela s'explique-t-il?dira-t-onque cela tient i ce que la quantité de cantharidine aura été énorme dans le rein et que dans la circulation elle était minime : mais

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noni elle était au moins aussi considérable dans les vésicules qui ont servi à l'absorption que dans le rein. Par conséqueat ce n'est pas là ce qui peut expliquer les choses» c'est imi» quement ceci : la présence de Talbumiae.

Cette présence s'oppose à la réalisatioQ des efiTets phf siologîques que peut déterminer la cantharidine, maii lorsque la cantharidine arrive au contraire dans les reins, c'est-à-dire lorsqu'elle est éliminée avec une sécrétion qui normalement, est exempte d'albumine, elle reprend alors a liberté, toute son énergie, et elle produit sur les reins, sur le parenchyme rénal et sur le reste de l'appareil, les effets ordinaires qu'elle détermine à la peau, sur les muqueuses, sur toutes les surfaces qui sont en contact avec elle.

Est-ce que vous ne voyez pas là la démonstration la jrfni éclatante de l'influence de l'albumine sur le jea des affinités, sur la liberté des substances médicamenteuses ou toxiques introduites dans la circulation?

On peut donc dire d'une manière générale que ralbomine modifie d'une certaine façon les substances médicamenteuses, qu'elle favorise la dissolution d'un certain nombre d'entre elles et, par là, leur introduction dans l'économie, mais que d'un autre côté, une fois ces substances introduites, die s'oppose à ce qu'elles produisent dans la circulation les eSeii, soit chimiques, soit physiologiques, qu'elles exercent sur lei organes avec lesquels elles sont mfses en contact.

Ce que je viens de dire a l'air d'un paradoxe, mais ce piradoxe d'aujourd'hui sera la vérité de demain. Cependant je ne vais pas jusqu'à vous dire que l'influence de Talhi» mine s'exerce d'une manière absolue et d'une manière générale. Il y a des faits qui semblent indiquer qu'elle n'empêche pas certains phénomènes chimiques de se produire.

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