‹ Cours de topographie et de géodésieChapitre 93 sur 241 · DESSIN ET TEINTES · texte numérisé non relu

DESSIN ET TEINTES

deviendra alors signe conventionnel : ainsi les escarpements, les ravins et les rochers seront représentés par des traits dont les contours exprimeront les différentes masses irrégulières projetées horizontalement. Ces traits seront plus ou moins multipliés, suivant que les rochers seront plus ou moins divisés : leur inclinaison sera déterminée à peu près par le gisement des couches, ils ne seront au surplus assujettis à aucune loi üxe.

Pour distinguer la nature et l’importance des chemins , en a établi des conventions qui les fout reconnaître à la simple inspection. C’est ainsi que les routes nationales se tracent au moyen de deux traits pleins avec fossés. Les routes départementales et les chemins de grande communication s’expriment au moyen de deux traits pleins sans fossés. Les chemins vicinaux se représentent par un trait plein et l’autre ponctué ; les chemins d’exploitation par deux traits ponctués, et enfin les sentiers par un seul trait plein ou ponctué. Au surplus, il faut pour tout ce qui est relatif au tracé des routes, chemins, canaux, etc., consulter le tableau qui a été gravé au Dépôt général de la guerre , et qui donne les modèles pour les échelles le plus fréquemment usitées.

Les teintes sont conventionnelles et réduites à la plus grande simplicité pour la facilité et la promptitude du travail. Elles sont uniformes comme le trait, c'est-à-dire posées à plat : il n’y a d’exception que pour les eaux que l’on renforce également sur l’un et l’autre bord par une légère teinte adoucie. Nous rappelons ici succinctement que les bâtiments et constructions se ligurent par une teinte peu intense de carmin ; les prés, pâturages et vergers, par des verts plus ou moins bleus. Les bois, par du jaune légèrement modifié par de l’indigo ; les vignes, par une teinte violette composée avec de l’indigo, du carmin et un peu de gomme-gutte; les broussailles, les bruyères et les friches par du vert peu intense panaché avec de la teinte de bois, du rose ou de la teinte nankin (anciennement consacrée à représenter les terres labourables et formée de gomiue-gultc et de carmin) ; les eaux douces s’expriment par une faible teinte de bleu indigo ; celles de la mer par la même teinte modifiée avec une très-petite quantité de gomme-gutte; enfin les sables, par une teinte de jaune et de carmin, un peu plus forte que celle dont on couvrait les terres labourables. On emploie 1a même couleur pour les escarpements. Quant aux rochers, dont le ton local varie ordinairement avec leur structure, ils seront représentés par des nuances imitées de la nature, de manière à rendre le mieux possible l'cs-

TOPOCnAPIIIE.

pèce des roches, comme la dispositiondu trait indiquera leur composition par stries , par couches ou par blocs. On ne peut rien dire de plus positif à leur égard, l’habitude du dessin d’imitation suppléera au reste.

Ajoutons encore que, dans un plan de ville, on est dans l’usage de signaler les bâtiments publics, civils ou religieux par une teinte rouge deux fois plus intense que pour les habitations privées: les établissements du génie militaire sont teintés avec du bleu un peu rompu par du carmin pour donner à peu près l’aspect de l’ardoise, et ceux de l’artillerie par une teinte violette composée des mêmes couleurs que la précédente, mais dans une autre proportion.

Peut-être devrions-nous indiquer ici une chose qui nous parait bonne, quoique pas encore généralement adoptée ; elle consiste à employer pour le dessin des fossés et ruisseaux dont la largeur ne comporte pas deux traits , le bleu de cobalt; on évite par là l’inconvénient d'un trait qui se confond quelquefois avec le noir, lorsqu’il est fait avec de l’indigo. ‘

Tout ce qui peut contribuer à la clarté d’une carte n’est point à dédaigner, attendu qu’après l’exactitude , c’est son principal mérite. Sous ce rapport, il n’est pas indifférent d’écrire de telle ou telle manière les noms propres ou les indications quelconques qui doivent y entrer.

Pour tout ce qui est relatif à la grandeur des lettres, à leur grosseur, leur écartement, etc., il faut consulter les modèles adoptés en dernier lieu nu üépôt de la guerre. On y trouve des types de tous les caractères usités, puis l’indication et les dimensions de ceux qui sont consacrés à tout ce qui doit s’écrire sur une carte. L’usage est d’écrire les noms des villes, villages, bâtiments isolés à droite ; cependant on pourra déroger à celte règle dans le cas où le nom, ainsi placé, couvrirait des détails essentiels. Les noms de routes, chemins, sentiers, et les désignations des communications qu’ils fournissent, s’écrivent parallèlement à leurs sinuosités en choisissant pour le sens de l’écriture celui qui force le moins à tourner la carte pour faciliter la lecture. Le commandant Maissiat a inventé un instrument qu’il a désigné sous le nom de grammomètre , et qui donne , avec beaucoup de précision l’écartement des parallèles que l’on trace pour écrire.

210. Un des usages les plus importants, quoique assez peu fréquent, des plan.s l()j)ographiqucs, est celui que l’on en fgit pour

reconnaissances MILlTAlnES.

la coüstraction des reliefs. Nous avons prouvé que l’on pouvait obtenir par le tracé des tranches la cote d’un point quelconque ; on pourra par conséquent avoir le profil du terrain dans une di'reclion aussi quelconque. On conçoit doncqu’cn élevant sur une surface plane des verticales matérielles égales aux cotes trouvées, et en unissant par une matière malléable tous les sommets de ces verticales, on aura une image fidèle du terrain. On peut ensuite facilement, sur les épreuves en pldtre que l’on aura tirées du premier relief, reproduire les courbes horizontales au moyen d’une tige verticale graduée, adhérente à deux règles CD, EF (fig. 19-2), que l’on fait mouvoir sur le bord supérieur et horizontal MNOP d'une boite ou châssis qui enveloppe le plâtre.

211. Les levées peuvent encore, à la rigueur, servir à faire des vues perspectives du terrain qu’elles représentent; ear ce terrain, étant connu par ses projections horizontale et verticale, peut être mis en perspective par les procédés de la géométrie descriptive.

212. Les levées sont enfin d’une grande utilité lorsque l’on doit mettre quelque projet à exécution ; car celui-ci étant d’abord tracé sur la carte, le problème se réduit à construire sur le terrain une ligne donnée sur le plan. Si cette ligne aboutit à un point connu et accessible, on s'y Iransporte, on y décline la plaiiclictte, et l’on place l’alidade sur la ligne du plan ; on fait établir des jalons dans cette direction et mesurer le nombre de mètres exprimé par la longueur de la droite sur le plan : par ce moyen l’extrémité est détermiuée.

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