CHAPITRE V
Nivellement souterrain.
Tout lever souterrain est accompagné d'un nivellement pour lequel on peut employer les mômes procédés qu'à la surface. Cependant on suit ordinairement la méthode trîgonométrique.
On se sert donc du clinomètre de la boussole ou du limbe vertical du théodolite, comme nous Tavons indiqué ci-dessus. On emploie quelquefois les appareils de M. Lefebvre, qui se distinguent par la graduation en tangentes des limbes verticaux. Ceux-ci donnent la tangente trîgonométrique de Tangle de pente avec trois décimales, c'est-à-dire la pente en millimètres par mètre.
On n'emploie les niveaux à lunette que dans des cas tout à fait spéciaux. La grande difficulté que présentent dans la mine les nivellements proprement dits, git dans Téclairage. Le réticule de la lunette doit être éclairé, comme dans la boussole ou le théodolite, mais il faut de plus éclairer la mire. Dans le bassin de Seraing, on place devant la lampe une plaque de fer blanc percée d*un trou ; Topérateur vise ainsi sur un point lumineux, en regard duquel le porte-mire glisse un index le long de la mire qui est une simple règle graduée.
Au Harz, on se sert d'une mire suspendue, de sorte qu'on prend les hauteurs à partir du faite de la galerie,afin de ne pas salir le pied de la mire. Sur cette mire glisse un voyant formé d'une plaque de tôle percée de trois trous de différents diamètres disposés suivant une horizontale ; le plus grand de ces trous est muni d'un verre dépoli. En mettant une lampe derrière ce voyant, l'opérateur vise Tun ou l'autre des points lumineux suivant la distance à laquelle il se trouve.
En France, on a employé des mires parlantes fortement
éclairées par deux lampes à réflecteur placées sur un support glissant sur la mire.
M. Bimler, géomètre de mines à Heinitz (Saarbrûck), a fait construire une mire parlante en verre coloré en rouge. Les divisions sont marquées en rouge et en blanc suivant que le verre est poli ou dépoli. Les chiffres apparaissent à côté des divisions, en rouge sur fond blanc. Cette mire s'éclaire par transparence.
Dans certains cas on se sert simplement d'un niveau à bulle que Ton suspend au milieu d'un cordeau. La bulle étant amenée entre ses repères, les points de suspension du cordeau sont rigoureusement à la même hauteur. Ce système est avantageux par exemple pour niveler une taille en gradins où il serait souvent très difficile d'installer un appareil à trépied ; on descend successivement la taille, en installant le cordeau à chaque gradin et en mesurant directement les distances verticales de chacune de ces positions.
Rappelons enfin l'application du niveau Aïta faite par MM. Galloway et Bunning, dans les mines du bassin de Newcastle (*).
Tout nivellement souterrain destiné à des travaux importants doit être répété plusieurs fois. Si les résultats sont suffisamment concordants, on en prend la moyenne arithmétique.