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CHAPITRE IX

Cartes minières.

Une carte minière représente l'ensemble des exploitations d^un même bassin, de manière à établir la synonymie des couches. Les études de synonymie sont encore peu avancées dans les bassins houillers comprenant un grand nombre de couches. Dans certains bassins, par exemple en Silésie, on^ estime qu'il y a actuellement une impossibilité réelle à étabhr des raccordements, par suite du peu d'avancement des connaissances relatives au terrain houiller. Il faut en effet des travaux considérables pour arriver à un résultat, et ces travaux ont été entrepris jusqu'ici dans peu de pays.

La Belgique a été des premières à l'entreprendre en décidant, dès 1861, Texécution d'une Carte générale des mines.

Les systèmes employés pour tracer les cartes minières sont nombreux.

1° On peut faire le pian de la surface et y tracer les affleurements. Ce système est peu intéressant pour l'exploitation souterraine.

2'' Généralement, on trace sur la carte les plans sommaires des exploitations faites à différents niveaux. C'est le système suivi en Westphalie, à Aix-la-Chapelle,à Saarbruck. Dans ce système, on a peine à suivre une couche sur une étendue quelque peu grande. Il faut, pour le faire, consulter les cotes, et les raccordements ne peuvent être établis que par le raisonnement.

En Westphalie, pour faciliter ce travail, on a représenté dans chaque exploitation, par des couleurs spéciales, trois couches caractéristiques (Leitflôtze).

Les parties non exploitées sont laissées en blanc. On peut les représenter par des lignes pointillées, mais en général ces raccordements hypothétiques reposent plus sur le sentiment du dessinateur que sur des données scientifiques.

3<> On peut adopter un niveau de coupe horizontal, mais ce niveau n'est pas en général celui de toutes les exploitations, et alors il est indispensable de tracer sur la carte les parties hypothétiques. C'est le système qui a été suivi pour la carte du bassin de Liège, publiée au 1/20000. Cette carte représente une coupe horizontale faite à 200*" sous la Meuse, et pour le bassin de Hervé, à 75" au-dessus du fleuve. On y a également fait figurer par des couleurs spéciales certaines couches caractéristiques.

it** Le système proposé par M. J. Van Scherpenzeel Thim, pour Texécution de la Carte générale des mines de Belgique au 1/5000, est le suivant : cette carte représentera en projection horizontale, en supposant toutes les stampes stériles enlevées ou transparentes, une tranche horizontale du terrain houiller prise entre les niveaux de 310 et de 360™ en dessous du niveau de la mer, ce qui correspond à 200 et 250™ sous la Meuse, à Liège,

Le relief de cette tranche sera représenté dans chaque couche, par ses courbes de niveau, tracées de 10 en 10 mètres.

Pour tracer ces courbes, il fallait se procurer des coupes verticales assez rapprochées,soit de 100 en 100™,faites à travers toutes les concessions suivant des parallèles au méridien.

Ces coupes furent d^abord établies en juxtaposant les coupes partielles faites dans chaque concession. Un nivellement général de tous les orifices des puits permit de ramener ces coupes à un niveau uniforme.

Il fallait ensuite un plan de surface exact. Celui-ci fut basé sur les cartes de TEtat-major agrandies au 1/5000 et complétées par une nouvelle triangulation, pour y reporter les orifices des puits et les limites des concessions. Mais ce travail

fit découvrir de nombreuses erreurs dans Torientation des plans d'où les coupes avaient été déduites. On a en conséquence abandonné le système de la juxtaposition des coupes partielles, pour faire des coupes à nouveau,delOO en 100 mètres, à travers toutes les concessions, en vérifiant et en corrigeant l'orientation des plans de mines. Ce travail n'est pas encore entièrement terminé.

Les coupes représentent en traits pleins les parties exploitées et en pointillé les parties hypothétiques.

La carte sera dessinée sur du papier quadrillé à 2 centimètres. L'échelle étant de 1/5000, chaque côté représente iOOm. Les lignes Nord-Sud sont donc les traces des plans de coupe sur lesquels on reporte les points d'intersection des niveaux.

Les couches seront distinguées par une série de teintes plates graduées qui indiqueront le sens du pendage.

Lorsque des couches se recouvrent dans la tranche considérée, on ne figure que la couche supérieure, mais comme le recouvrement n'est jamais complet, Tesprit supplée à Taide des teintes et l'on suit parfaitement dans les couches représentées au plan Tallure des couches qui n'y sont pas figurées. II en est de même, dans les plissements, pour les parties renversées qui peuvent être recouvertes'par des couches inférieures.

Des spécimens de ce mode de représentation ont figuré dans diverses expositions internationales depuis celle de Paris en 1867. Un spécimen emprunté au bassin de Charleroi figurait à l'Exposition nationale de 1880, les courbes de niveau y étaient représentées jusqu'à toute .profondeur à partir de 150™ sous la mer. Le relief était figuré par un lavis à teintes fondues avec lumière à 45".

Le tracé des parties hypothétiques (*) repose sur l'applica-

(*) Voir notice de M. R. Malherbe. Ànnalet des Travaux public», t. 2o, i867. Voir aussi Revue universelle, t. 25 et 26, 1869 et t. 33, 1873.

lion des caractères gôométriquey minéralogique^ paléontologique ou chimique.

1^ Caractère géométrique. Le caractère géométrique se résume dans les deux observations suivantes :

1® L'épaisseur des stampes est généralement constante sur de grandes distances, lorsqu'il n'y a pas d'importants changements dans les allures.

i? Les fonds de bassin et les lignes de selle sont généralement des lignes droites ou des courbes de grand rayon. Connaissant par suite le fond d'un bassin ou une ligne de selle dans deux ou trois coupes prises à assez grande distance Tune de Tautre, on peut en déduire la position hypothétique des points intermédiaires.

L'application des caractères géométriques a donné des résultats inespérés pour Fétude des raccordements. Ce sont les plus certains à condition que les parties à réunir par un tracé hypothétique ne soient pas trop éloignées les unes des autres.

2"* Caractère minéralogique. — La composition minéralegique des stampes se maintient à de grandes distances. Malheureusement cette composition est loin d'être connue pour les intervalles compris entre chacune des couches du bassin, parce qu'on n'a pas pris la précaution de dresser des coupes des puits et des bacnures, au fur et à mesure de leur creusement. Certaines stampes présentent des horizons caractéristiques pour toute l'étendue d'un bassin, c'est ainsi que M. R. Malherbe a reconnu six horizons de grès caractéristiques dans le bassin de Liège.

3^ Caractère paléontologique, — Ce caractère est beaucoup moins fécond. L'étude paléontologique du terrain houiller est peu avancée. Les études de M.Grand'Eury ont pour la première fois classé les espèces de la flore houillère d'après Page relatif des assises où on les rencontre. Ces études ont permis de reconnaître que le terrain houiller de la Belgique appartient à une

assise moyenne^ inférieure aux bassins du Centre de la France et de Saarbruck, qui font partie du terrain bouiller supérieur. Dans tous les cas, les végétaux fossiles ne sont pas caractéristiques de telle coucbe ou de telle stampe. Il peut en être autrement des fossiles animaux, Car dinia fAnthracosiaJ, qui, dans le bassin de Liège, se trouvent en abondance au toit de certaines couches.

L'étude des insectes houillers, à peine commencée, fournira peut-être aussi des résultats utiles. Dans le bassin de Commentry, on en a recueilli un très grand nombre d'espèces. 4"* Caractère chimique.— -VL. Hilt, directeur général des mines de la Wurm, a classé les charbons en posant en loi que les matières volatiles seraient constantes pour une houille de qualité donnée. C'est ainsi que, d'après M. Hilt, les différentes qualités de charbon contiendraient les proportions suivantes de matières volatiles :

L'anthracite 5 à 10 *»/.,

Les demi-gras 10 à 15.5 «/«»

Les charbons gras à coke 15.5 à 33.3 Vo

Les charbons gras à gaz 33.3 à 40 «/„

Les charbons demi-gras à gaz 40 à 44.4 ''/»

Les charbons à gaz 44 à 48 %

Cette classification valable pour le bassin de Saarbruck, où elle a été établie, ne parait pas applicable à tous les bassins. Mais il est probable que Ton pourrait y établir des classifications analogues; malheureusement, dans le bassin belge, la qualité d'une houille varie souvent dans une seule et même couche et ce caractère perd ainsi beaucoup de sa valeur.

Quant aux caractères chimiques des stampes,on peut citer ce fait que certaines stampes contiennent des traces appréciables de chlorures, que l'on considère à tort ou à raison comme les restes de la salure des mers anciennes où elles se sont déposées.

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