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CCLXXXVII

Les « Mœurs des Germains. »

Peu de Germains font usage de l'épée ou de la grande lance. Ils portent des lances, ou, comme ils les appellent, des framées, à fer étroit et court, mais si acéré et si maniable que la même arme leur sert ou de près ou de loin, suivant que la circonstance le demande. Les cavaliers se contentent du bouclier et de la framée ; les gens de pied lancent de plus des javelots, chacun plusieurs et à d'immenses distances. Ils sont nus ou couverts d'un léger sayon ; ils ne font point gloire de leur parure; seulement, ils peignent leurs boucliers de couleurs variées et choisies. Très peu ont des cuirasses, à peine un ou deux des casques de fer ou de cuir. Leurs chevaux ne sont remarquables ni par leur beauté ni par leur vitesse ; ils ne leur apprennent pas comme chez nous à exécuter des évolutions ; ils les poussent en avant ou les font

tourner à droite par une seule manœuvre, mais en formant si bien le cercle que pas un ne reste en arrière. A tout prendre, c'est dans l'infanterie qu'est leur principale force ; aussi, dans les combats, en mêlent-ils à la cavalerie. Des fantassins assez agiles pour suivre à pied les chevaux sont choisis dans toute la jeunesse et placés en première ligne. Ils emportent leurs morts, même dans les combats malheureux. Le comble du déshonneur, c'est d'avoir abandonné son bouclier; l'homme souillé de cette tache ne peut ni assister aux sacrifices, ni entrer au conseil public, et on en a vu beaucoup qui, après avoir survécu au combat, ont mis fin à leur opprobre en se pendant.

(Mœurs des Germains, ch. vi.)

GCLXXXYIII.

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