‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 38 sur 139 · RECOMPOSITION DE L’EAU · texte numérisé non relu

RECOMPOSITION DE L’EAU

011 doit lui faire éprouver une pression de un ou deux pouces d’eau. Enfin la jilatiue B G est percée d’un c{uatrièine trou , lequel est garni d’un tube de verre mastiqué , à travers lequel passe un fil de métal G L, à l’extrémité L duquel est adaptée une petite boule, afin de pouvoir tirer une étincelle électrique de L en cV pour allumer, comme on le verra bientôt, le gaz hydrogène. Le fil de métal GL est mobile dans le tube de verre afin de pouvoir éloigner la boule L de l’extrémité d' de l’ajutoir D d'. Les trois tuyaux d D d' , g (j , îl A, sont chacun garnis de leur robinet.

» Pour que le gaz hydrogène et le gaz oxigène arrivent bien secs par les tuyaux respectifs qui doivent les amener au ballon A , et qu’ils soient dépouillés d’eau autant qu’ils le peuvent être , on les fait passer à travers des tubes MM , i\N, d’un pouce environ de diamètre qu’on remplit d’un sel très déliquescent, c’est-à-dire, qui attire l’humidité de l’air avec beaucoup d’avidité , tel que l’acétate de potasse , le muriate ou le nitrate de chaux.

» On doit s’ètre prémuni d’avance d’une provision suffisante de gaz oxigène bien pur ; et pour s’assurer qu’il ne contient point d’acide carbonique , on doit le laisser longtemps en contact avec la potasse dissoute dans de l’eau , et qu’on a dépouillée de son acide carbonique par de la chaux.

U On prépare avec le même soin le double de gaz hydrogène. Le procédé le plus sûr pour l’obtenir exempt de mélange , consiste à le tirer de la décomposition de l’eau par du fer bien ductile et bien pur.

)) Lorsque ces deux gaz sont ainsi préparés, on adapte la pompe pneumatique au tuyau Wh, et on fait le vide dans le grand ballon A : on y introduit ensuite l’un ou l’autre des deux gaz, mais de préférence le gaz oxigène par le tuyau g g , puis on oblige par un certain degré de pression le gaz hydrogène à entrer dans le même ballon par le tuyau dDd\ dont l’extrémité d' se termine en pointe. Enfin on allume

CHIMIE

ce gaz à l’aide d’une étincelle électrique. En fournissant ainsi de chacun des deux gaz, on parvient à continuer très long-temps la combustion.

« Effet, — A mesure que la combustion s’opère , il se dépose de l’eau sur les parois intérieures du ballon ou matras : la quantité de cette eau augmente peu à peu ; elle se réunit en grosses gouttes qui coulent et se rassemblent dans le fond du vase.

» En pesant le matras avant et après l’opération , il est facile de connaître la quantité d’eau qui s’est ainsi rassemblée. On a donc dans cette expérience une double vérification ; d’une part le poids des gaz employés , de l’autre celui de l’eau formée , et ces deux quantités doivent être égales.

» Ainsi , soit qu’on opère par voie de décomposition ou de recomposition , on peut regarder comme constant et aussi bien prouvé qu’on puisse le faire en chimie et en physique , que l’eau n’est point une substance simple ; qu’elle est composée de deux principes , l’oxigène et l’hydrogène.

)) Ce phénomène de la décomposition et de la recomposition de l’eau s’opère continuellement sous nos yeux , à la température de l’atmosphère et par l’elîet des affinités composées. C/est à cette décomposition que sont dus, comme nous le verrons, au moins jusqu’à un certain point, les phénomènes de la végétation. Il est bien extraordinaire qu’elle ait échappé jusqu’ici à l’œil attentif des physiciens et des chimistes , et on doit en conclure que dans les sciences , comme dans la morale , il est difficile de vaincre les préjugés dont on a été originairement imbu , et de suivre une autre route que celle dans laquelle on est accoutumé de marcher. »

On peut encore analyser l’eau par la pile (voy. Physique^ page 215), et le résultat est le même.

Il est donc aujourd’hui bien démontré qu’en volume l’eau

Page 1