ACIDE AZOTIQUE
tinue à absorber de l’acide hypo-azotique. Dans cette expé^ rience l’eau se colore successivement eu bleu verdâtre et en jaune orangé. Ces variations de couleurs sont analogues à celles qui se produisent quand on fait passer un courant de bi-oxide d’azote dans de l’acide azotique plus ou moins concentré.
Mis en contact à la température ordinaire , avec l’acide sulfurique concentré , il est décomposé en acide azotique , retenant un peu d’acide hypo-azotique, et en acide azoteux qui se combine à l’acide sulfurique pour former des cristaux semblables à ceux dont nous avons parlé à l’article acide sulfurique.
En se dissolvant dans l’acide azotique , il le colore en jaune. Chaque fois que l’on cherche à le combiner aux bases , il se décomjiose, et forme avec elles des azotates et des azotites.
Il paraît résulter d’expériences récentes de M. Péligot que cet acide peut former des combinaisons définies avec les bases, et en particulier avec le protoxide de plomb ; mais ce sel résulte évidemment encore de l’union de nitrate et de nitrite de plomb basique , comme M. Berzélius l’avait admis.
Il est composé de 2 atomes d’azote et de 4 atomes d’oxigène ~ Az"* 0 > ou Az 0^ Le meilleur moyen pour obtenir* cet acide consiste à chaulîer dans une cornue une certaine quantité d’azotate de plomb sec; on fait arriver le gaz dans un petit récipient entouré de glace et de sel. Par la chaleur l’acide azotique de l’azotate se sépare , mais se décompose en oxigène et en acide hypo-azotique anhydre.
Acide azotique {Acide nitrique . eau-forte., esprit de ïiitre).' — Cet acide fut découvert, en 1325, en distillant du nitre avec de l’argile , par Raymond Lulle, célèbre alchimiste, qui fut à la fois moine, chimiste et médecin. Il entreprit d’immenses voyages en France , en Angleterre , en Allemagne, en Italie et en Afrique, où il fut lapidé en pré-
CHIMIE
chant le christianisme. Tout en voyageant sans cesse , il trouva le moyen d’écrire dans presque tous les pays, et simultanément sur la chimie , la médecine et la théologie. Il donna une vive impulsion à la chimie en employant la distillation comme moyen et en fixant l’attention des savants sur les produits volatils de la décomposition des corps. L’acide azotique fut distingué par Schéele de l’acide hypoazolique, avec lequel il avait été confondu jusque là. Mais sa nature chimique ne fut exactement fixée qu’en 178/i par les expériences de Gavendish.
Projjriétés. — L’acide azotique le plus concentré e§t liquide , blanc , odorant , très acide et corrosif. Il tache la peau en jaune et la désorganise sur-le-champ , ce qui en fait un des plus violents poisons. Il rougit très fortement le tournesol; sa pesanteur spécifiques: 1,5 5 /i.
Soumis à une température de 86% il entre en ébullition, se volatilise et se condense , après s’être coloré par un peu d’acide hypo-azotique provenant de la décomposition d’une certaine quantité d’acide azotique. A une chaleur rouge, il se décompose totalement et se transforme en acide hypoazotique et en oxigène. Exposé à un froid de 50" , il se solidifie et prend une consistance de beurre. Les rayons solaires le décomposent quand l’acide offre un certain degré de concentration; alors il se dégage de l’oxigène, et il se produit de l’acide hypo-azotique qui colore en brun l’acide azot'que. Selon M. Gay-Lussac , celui dont la densité n’est que de 1 ,32 ne se colore plus. Cet acide n’a aucune action sur l’air et l’oxigène secs; si ces gaz sont humides, il y répand seulement des vapeurs dues à la combinaison de la vapeur de l’acide avec l’eau.
Le plus grand nombre de corps combustibles le décomposent en lui enlevant de son oxigène, d’autant plus qu’ils ont plus de propension à s’y combiner , que la quantité est plus grande et que la température est plus élevée ; voilà pourquoi on obtient tantôt de l’acide hypo-azotique, tantôt