‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 48 sur 139 · ACIDE CYANHYDRIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE CYANHYDRIQUE

on lute bien une des extrémités d’un tube de verre long de 1 mètre , dont l’autre extrémité est recourbée et lutéeà un flacon de verre. On remplit d’abord le tiers de la longueur du tube avec du marbre concassé , et les deux autres tiers avec du chlorure de calcium , bien sec et concassé. On introduit du cyanure de mercure pulvérisé dans la cornue , on verse dessus de l’acide chlorhydrique concentré. Il faut employer un excès de cyanure de mercure pour qu’il ne passe point trop d’acide chlorhydrique , qui d’ailleurs est absorbé par le marbre.

En chauffant doucement la cornue , l’acide cyanhydrique distille; il se condense d’abord autour du marbre, d’où on le dirige, à l’aide d’une légère chaleur, sur le chlorure de calcium et de là dans le récipient qui doit être entouré d’un mélange réfrigérant.

Une proportion de cyanure de mercure, en agissant sur une proportion d’acide chlorhydrique, forme une proportion d’acide cyanhydrique et une proportion de perchlorure de mercure.

Propriétés. — C’est un liquide incolore, d’une odeur forte , et analogue à celle des amandes amères ; sa densité est de 0,70 , il bout -f- 26" ; à -- 15 il se solidifie ; à -f- 26 il est gazeux. La densité de ce gaz est de 0,9^76. Il rougit faiblement la couleur de tournesol. Du soufre chauffé dans le gaz cyanhydrique absorbe ce gaz et donne une combinai-

CHIMIE

son solide , cristalline , soluble dans l’eau , ne précipitant pas les sels de plomb , mais formant avec les oxides des sels particuliers. Le phosphore se sublime sans décomposer ce gaz. Chauffé avec du fer , il se dépose du charbon et il se dégage des volumes égaux d’hydrogène et d’azote. Chauffé avec le potassium, il se forme du cyanure potassique ; l’hydrogène est mis à nu. Le gaz cyanhydrique est décomposé à une haute température par la baryte et la potas'e; il se dégage de l’hydrogène. Les oxides faciles à décomposer sont réduits à la chaleur rouge, et les métaux s’unissent au carbone avec formation d’eau , de gaz acide carbonique d’azote et de gaz oxide d’azote.

C’est un des poisons les plus dangereux qu’on connaisse. Si on verse une seule goutte d’acide cyanhydrique pur sur l’œil d’un chien vigoureux , il tombe comme foudroyé. Berzélius rapporte qu’un chimiste qui préparait cet acide , et qui en laissa tomber un peu sur son bras nu , dont la chaleur ne tarda pas à le faire évaporer, succomba dans l’espace de deux heures. Tous les animaux et les plantes même sont tués par l’acide cyanhydrique.

Le meilleur contrepoison de l’acide cyanhydrique est l’ammoniaque licjuide étendue, à l’aide de laquelle on est parvenu à rétablir des animaux empoisonnés par cet acide, et qui paraissaient déjà être morts. On emploie aussi, comme contre-poison , le chlore gazeux.

L’acide cyanhydrique est transformé en acide formique et en ammoniaque par l’action des acides chlorhydrique et sulfurique, et, sans doute, par un grand nombre d’autres acides; il suit de là que, dans la préparation de l’acide cyanhydrique , il faut bien se garder de mettre un excès d’acide chlorhydrique.

Un autre fait fort remarquable, et qui sert de preuve au précédent, c’est que le formiate d’ammoniaque soumis à l’action de la chaleur se transforme, vers ISO*", en eau et en acide cyanhydrique.

ACIDE FLUOBOKIQUE. 151

L’acide cyanhydrique se décompose promptement; il laisse déposer des flocons noirs.

DES ACIDES WÉTALLOIDIQUES QUI NE CONTIEN- NENT NT HYDROGENE, NI OXIGÈNE.— Deux de ces acides méritent de nous arrêter un instant ; ce sont l’acide (luoborique et l’acide fluosilicique.

Acide fluoborique. ( Fluorure de bore, gaz fluoboré.) — Découvert par MM. Gay-Lussac et Thénard; il est gazeux, incolore, d’une odeur piquante, analogue à celle de l’acide chlorhydrique; d’une saveur très acide. Sa pesanteur spécifiques 2,37 1. Il éteint les corps en combustion, et il est impropre à la respiration.

Le feu , l’air el l’oxigène ne l’altèrent pas.

L’eau en dissout 700 fois son volume ; d’où résulte le gaz le plus soluble.

On Ta d’abord regardé comme formé d’acide borique et d’acide fluorhydrique ; aujourd’hui on est d’accord sur sa composition , et on le regarde comme formé par la combinaison du fluor avec le bore.

On peut l’obtenir en chauffant un mélange d’acide borique, de fluorure de calcium et d’acide sulfurique. Il se fait d’abord de l’acide fluorhydrique , lequel en contact avec l’acide borique se décompose en hydrogène, qui forme •de l’eau avec l’oxigène de l’acide borique, et en fluor qui, se combinant avec le bore , constitue le gaz fluoborique.

Il n’existe pas dans la nature et est inusité.

Acide fluosilicique. — Il est gazeux, incolore, d’une odeur très piquante, assez semblable à celle du gaz chlorhydrique; d’une densité de 3,5755; rougissant fortement le tournesol.

Le feu et les métalloïdes sont sans action sur lui.

L’eau le décompose ; son silicium s’unit à l’oxigène de l’eau , forme de l’acide silicique gélatineux, et son fluor s’empare de l’hydrogène pour former de Tacide fluorhydrique.

CHIMIE

Il est formé de 6 atomes de fluor et de 1 atome de silicium =: Si F®.

On l’obtient comme le précédent , seulement on remplace l’acide borique par du sable qui n’est que de l’acide silicique. La théorie est la meme.

§ V. Des métaux.

On a désigné sous le nom de métaux des corps simples, presque complètement opaques , très brillants , en masse ou même en poudre grossière , doués de la propriété de prendre un éclat très vif après qu’ils ont été polis. Ils sont bons conducteurs du calorique et de l’électricité , se combinent en plusieurs proportions avec l’oxigène , et forment des oxides dont la propriété essentielle est de pouvoir se combiner avec les acides. Remarquons pourtant qu’il en est qui ne forment que des acides et point de bases, que d’autres forment des bases et des acides.

Les métaux connus aujourd’hui sont au nombre de 39, et comme on les a divisés en 6 sections , nous ne les citerons que d’après l’ordre de leur classification.

Plusieurs classifications ont été proposées, mais celle qui est la plus suivie est due à M. Thénard

section. — Métaux qui peuvent absorber l’oxigène à ‘ la température la plus élevée , et décomposer l’eau à la température ordinaire en s’emparant de son oxigène, et en dégageant son hydrogène avec effervescence.

Ce sont : le potassium, — sodium, — lithium , baryum, — strontium , calcium.

section. — Métaux qui peuvent absorber l’oxigène è la température la plus élevée , mais qui ne décomposent l’eau qu’à l’ébullition de 100 à 200". Ce sont : le magnésium , — glucynium , — ytrium , — aluminium.

3*^ section. — Métaux qui peuvent encore absorber l’oxigène à la température la plus élevée , mais qui ne décom-

Page 1