CHLORURES DE MERCURE
qui fournit le calomélas à la vapeur, qu’on doit laver avec le plus grand soin pour le dépouiller du sublimé corrosif qu’il pourrait retenir.
lisages.— On s’en sert comme purgatif et vermifuge; il agit beaucoup moins énergiquement que le sublimé.
lli~chlorure , sublimé corrosif (HgCb), blanc, inaltérable à l’air, d’une saveur styptique très désagréable , très vénéneux , même à la dose de quelques centigrammes. Il se vaporise sans altération , et cristallise alors en petites aiguilles prismatiques. Cette vapeur a pour caractères de blanchir une lame de cuivre. L’eau en dissout 1/20 à la température ordinaire, et 1/3 à celle de l’eau bouillante.
L’alcool et l’éther le dissolvent aussi très bien.
L’albumine et le gluten se combinent instantanément avec le bichlorure de mercure : aussi les a-t-on conseillés dans les cas d’empoisonnements par ce sel, qui, avec le gluten et l’albumine , forme une combinaison qui est infiniment moins vénéneuse que le bichlorure.
On se procure ce sel en chauffant dans des matras un mélange intime de quatre parties de sel commun , d’une
partie de bi-oxide de manganèse , et cinq parties de sulfate de bioxide de mercure. Bientôt la réaction s’établit, et le bichlorure formé vient se sublimer à la partie supérieure du matras (fig Ul). Le résidu n’est plus que du sulfate de soude , et du manganèse moins oxidé. Remarquons que le manganèse n’est employé que pour transformer les portions de protoxide du mercure en bi-oxide de mercure.
Usages , applications, — Le sublimé est un médicament
Fig. 47.
CHIMIE
précieux contre plusieurs maladies. On s’en sert aussi pour conserver les matières animales. Il forme avec elles cl s combinaisons insolubles.
Protochlorup.e d’or. — Ce sel est légèrement jaune, décomposable par la chaleur en or et en chlore, insoluble dans l’eau froide , et se transformant en or et en tri-chlorure par l’eau bouillante; sa formule est (Au Cl). On le prépare en dissolvant des feuilles d’or dans de l’eau régale un peu étendue d’eau, et évaporant à siccité à environ 200° de température.
Tri-chlorure d’or- — Sous forme de masse cristalline, couleur rouge intense. Exposé au feu , il commence par fondre , puis se décompose complètement ; il est déliquescent et très soluble dans l’eau. On l’obtient de la meme manière que le précédent, si ce n’est qu’il faut cesser l’évaporation , lorsque le chlorure a pris une coideur rouge rubis. On laisse refroidir, et le chlorure cristallise.
Combiné à l’acide chlorhydrique , il forme le chlorhydrate de tri-chlorure, qui est un sel jaune pâle, en aiguilles cristallines , d’une saveur très styptique et très désagréable. Desséché dans le vide , il se colore en vert. Exposé au feu, il abandonne d’abord son acide chlorhydrique , puis se décompose en chlore et en or. L’eau le dissout parfaitement : cette dissolution produit sur la peau des taches pourpres, qui ne s’en vont qu’avec l’épiderme. On attribue cette coloration à la réduction de l’or. Tous les corps avides d’hydrogène la décomposent , et en précipitent de l’or. Le sulfate de protoxide de fer y forme un précipité d’or très divisé. Si l’on verse dans cette dissolution un mélange de protochlorure et de bi-chlorure d’étain , il se forme un précipité pourpre , que l’on connaît sous le nom de pourpre de Cassius. On ne sait pas bien encore ce qui se passe dans cette réaclion ; cependant, selon Berzéliüs, ce précipité peut être considéré comme un double stannate hydraté de protoxide d’or et de protoxide d’étain. Cette manière de