PIERRES PRÉCIEUSES ARTIFICIELLES
plus calciné, 1 ; fondant, 3. On peut varier tous ces rouges en variant le degré d’oxidation du fer et la quantité du fondant.
iiouge purpurin. — Protoxide de cuivre, 1 ; fondant, li.
Brun clair. — Sous-sulfate de fer calciné, 1 ; oxide de cobalt noir, 1/50 environ; fondant, 5.
Brun foncé. — Oxide de fer par l’ammoniaque, 1 ; oxide de zinc, U ; fondant, h.
Brun noir. — Oxide de fer par l’ammoniaque, 1 ; oxide de cobalt, 1 1/5; fondant, U.
Gris clair. — Fondant, U; sous-sulfate de fer, \ 112; oxide de zinc par voie humide, 1 ; oxide de cobalt noir, 11/5. On fait fritter ce mélange.
Gris foncé. — Fondant, 3 1/2 ; oxide de fer par l’ammoniaque, 1 ; oxide de zinc par voie humide, 1 ; oxide de cobalt noir, 1 /5. Faire fritter légèrement.
Le gris bleuâtre s’obtient en mélangeant en bleu du cobalt ainsi préparé : Fondant, 5; oxide de zinc par voie humide, 2 ; oxide de cobalt, 1. On fond et on coule ce bleu.
Noir brun. — Oxide de fer par l’ammoniaque, 11/2; oxide de cuivre, id. 1 ; oxide de cobalt noir, 1 ; fondant, 8; oxide de manganèse, 2. Bien triturer et fritter légèrement.
Noir hlcuâlre. — Oxide de fer par l’ammoniaque, 2; oxide de cuivre, id. 1 1/2; oxide de cobalt, 1 1/2; oxide de manganèse, 1 ; fondant, 8. Fritter légèrement et ajouter un peu de bleu, s’il est nécessaire.
PIERPvFS PPxÉClEUSES ARTIFICIELLES. —Toutes ces pierres ont le stras pour base , auquel on ajoute pour le colorer différents oxides.
Topaze. — Cette pierre pendant sa fabrication offre des changements de couleur; elle passe du blanc au jaune , au violet et au rouge pourpre , selon la température et la durée du feu. Les proportions que t\I. Douault indique pour obtenir une belle topaze sont : stras, 3 1 grain. ; verre d’antimoine, 2 gram. SOcentig.; pourpre de Cassius, 5centig.
CHIMIE
Quelquefois la matière reste opaque, elle sert alors à faire le rubis.
Rubis. — Une partie de matière topaze opaque et 8 parties de stras forment un beau cristal jaunâtre qui, traité par le cbalumeau , donne un superbe rubis.
ÉxMEBAUDE. — On imite le mieux l’émeraude naturelle en prenant : stras , 250 gram. ; oxide de cuivre, 2 gram. 30 centig. ; oxide de chrome , 10 centig.
Saphir. — EiUse servant de: stras très blanc, 250 gram.; oxide de cobalt pur , U gram. , on obtient un saphir d’un beau bleu oriental.
Améthyste. — M. Lançon préfère, à toutes les doses connues, les proportions suivantes: stras, 500 gramm. ; oxide de manganèse, 1 gram. ; oxide de cobalt, 5 centig.
Aigue-marine. — Peu recherchée même lorsqu’elle est naturelle , s’obtient en mêlant 200 gram. de stras avec 100 gram. de verre d’antimoine et 6 gram. d’oxide de cobalt.
Grenat syrien. -- Les anciens le nommaient escarboucle ; il est d’un rouge vif très agréable. On l’obtient d’après les doses suivantes : stras, 28 gram. ; verre d’antimoine, 12 gram. ; pourpre de Cassius, 1 décigr. ; oxide de manganèse, 1 décigr.
Gomme modiis faciendi de toutes ces pierres, on recommande la pureté des substances, leur parfaite ténuité, un feu gradué, bien égal dans son maximum de température , et soutenu pendant à 30 heures, et enfin un refroidissement très lent.
FABRICATION DE LA CHAUX ET DU CDiENT ROMAIN. — On nomme pierre à chaux tout minéral renfermant au moins la moitié de son poids de carbonate de chaux, et ejui, après avoir été calciné, jouit de la propriété de se déliter en absorbant de l’eau qu’il solidifie. La pierre à chaux doit être portée au rouge pour que son eau et son acide carbonique puissent se dégager, et que la tempéra-
CHAl'X Kl CLMENT ROMAIN.
turc soit niainteiiue plusieurs lieures pour que la décoiiipositioii soit complète.
ün distingue plusieurs espèces de chaux, suivant la nature des matières employées pour la confection. On divise les chaux en deux grandes classes : chaux hydrauliques, celles qui acquièrent par nue longue exposition sous l’eau une grande dureté; chaux aériennes, celles qui n’éprouvent pas sous l’eau de durcissement prononcé, ün divise les chaux aériennes en deux genres : 1" chaux grasses ; 2“ chaux maigres. La chaux grasse et presque pure; la chaux maigre contient heaucoup de magnésie.
(iHAUX (iRASSKS. — Llles soiit Cil général composées, d’après M. Berthier , de 85 à 97 pour cent de chaux, de 1 à 9 de magnésie et de 2 à 7 d’alnmine.
Chaux .aiak^rus. — Elles sont composées de 60 à 78 pour cent de chaux et de 20 à 26 pour cent de magnésie.
Chaux hydrauliques. — Les bonnes chaux hydrauliques contiennent de 70 à 85 pour cent de chaux, de 22 k 30 d’argile et des traces de magnésie et d’oxide de fer.
11 paraît prouvé, d’après les expériences de M. Berthier, ({ue les chaux qui contiennent de la silice et de l’alumine, et celles qui contiennent de la silice et de la magnésie, ac- (juièrent une dureté plus considérable que les silicates de chaux purs et que les oxides de fer et de manganèse ne contribuent en rien à la consolidation de la chaux.
Ciment romain. — On donne ce nom à une espèce de chaux hydraulique qui a la propriété de se solidifier très promptement au contact de l’air ou au milieu de l’eau , a})rès avoir été gâchée en pâte un peu consistante.
J.’eau, loin de le détremper, lui donne plus de solidité; il acquiert une dureté remarquable sans prendre aucun retrait bien sensible. Ces propriétés rendent ce ciment infiniment précieux pour toutes les constructions hydrauliques, pour réparer les murs qui éjirouvent des infiltrations,
CHIMIE
pour faire des vases eu pierre artificielle, etc. On eu fait en Angleterre un grand usage ; on commence à l’employer en France , et quand on en aura constaté tous les avantages , il ii’est pas douteux que l’usage s’en répandra beaucoup.
La 2^icrre à ciment anglais est un calcaire argileux très fin, d’une densité de 2, 59. Elle est composée de carbonate de chaux, 65,7; carbonate de magnésie, 0,5; carbonate de fer, 6,0; carbonate de manganèse, 1,6; silice, 18,0; alumine, 6,6; oxide de fer, 0; eau, 1,2.
M. Lacordaire a découvert à Pouilly (Côte-d’Or) un calcaire qui donne un ciment de bonne qualité; mais la découverte la plus importante à cet égard est due à M. Gariel d’Avallon ; il a trouvé à Yassy un calcaire à ciment romain qui donne un produit très remarquable par la rapidité avec laquelle il se solidifie , par sa solidité et par sa belle nuance grise.
Pour terminer ces courtes notions sur les chaux et les ciments , nous allons donner les conclusions pour la technique d’un travail remarquable de M. Yicat, sur les pierres à ciment et à chaux hydrauliques, inséré dans les Ânnciles de chimie et de 'physique, août 1801 :
l*^ On rencontre sur la limite qui sépare les chaux hydrauliques des ciments , des espèces de chaux , tenant moyennement 53 p. 100 d’argile, et qui, rebelles aux procédés ordinaires d’extinction , paraissent vouloir être traitées comme des ciments , et débutent en effet de la même manière; mais elles lâchent prise après quelque temps, en obéissant à une extinction lente dont l’effet est d’anéantir en grande partie les propriétés hydrauliques de la combinaison.
Ces chaux-limites sont d’un emploi dangereux et doivent être proscrites sur tous tes ateliers.
2° L’imitation exacte des chaux hydrauliques , et éminemment hydrauliques, par des mélanges de chaux grasses éteintes et de ciments , est impossible ; car ces mélanges