ATMOSPHÈRE TERRESTRE
étant un corps à peu près sphérique, ou, suivant l'expression admise, comme étant un sphéroïde.
$& 55. La terre est isolée dans l’espace ; elle peut être en mouvement. — Cette masse qui constitue la terre, et qui est arrondie en forme de boule, est-elle supportée par quelque chose”? Telle est la question qui vient naturellement à l'esprit de ceux qui entendent parler pour la première fois de la rondeur de la terre. Il est bien facile d'y répondre. Si la terre était appuyée sur un corps voisin, par -quelque point de sa surface, ce support, qui aurait nécessairement de très-grandes dimensions, s’apercevrait certainement d’un grand nombre des lieux qui ont été explorés par les voyageurs ; or jamais personne n’a vu la moindre chose qui pèt indiquer l’existence d'un pareil support. Partout, dans les nombreux voyages que les navigateurs ont effectués pour visiter les diverses parties de la surface ‘de la terre, on a toujours vu que cette surface est entièrement détachée de tout ce qui peut exister au-dessus d'elle. On est donc obligé d'admettre que le sphéroïde terrestre est un corps isolé au milieu de l'espace ; qu'il n’est appuyé sur rien ; qu'il est, par exemple, dans des conditions analogues à celles où se trouve, un boulet, pris dans une quelconque des positions qu'il occupe. après être sorti du canon qui l’a lancé, et avant d'avoir atteint le but.
Mais, dira-t-on, comment se fait-il que la terre ne tombe pas, si elle n’est supportée par rien? Nous nesommes pas en mesure de répondre maintenant à cette question, ou du moins d'y répondre d’une manière complète ; nous ajournerons donc la réponse jusqu’à ce que nous ayons acquis les connaissances nécessaires pour qu'elle puisse être bien saisie, sans soulever aucune objection. Pour le moment, nous nous contenterons d'admettre, comme résultant d'observations nombreuses et irrécusables, que la terre est nne masse à peu près sphérique et entièrement isolée dans l’espace. Nous remarquerons, en outre, que cette masse, par suite de son isolement complet, peut très-bien être en mouvement. Or, s’il en était ainsi, la mobilité du lieu où nous nous trouvons pour observer les astres les ferait paraître animés de mouvements très-différents . de ceux qu'ils peuvent posséder en réalité. Nous devrons donc nous mettre en garde contre les apparences, et cherchet à reconnaître si les mouvements observés résident eu totalité dans les astres. ou bien si une partie de ces mouvements ne devrait pas être regardée comme provenant de ce que le lieu d’où nous les observons occupe successivement différentes positions dans l'espace.
$ 56. Atmosphère terrestre. — L'air, au milieu duquel nous vi-
vons, et qui sert à notre respiration, existe partout sur la surface de la terre ; à quelque hauteur que l’on se soit élevé sur les montagnes, on y en a toujours trouvé. Cependant cet air ne s'étend pas indéfiniment dans l’espace qui environne la terre : il ne forme autour d'elle qu'une couche qui l’enveloppe de toutes parts et que l’on nomme l’aimosphère terrestre, ou simplement l'atmosphère. Quoiqu'on n'ait jamais pu s'élever jusqu'à la limite extérieure de l'atmosphère, on a pu néanmoins démontrer que cette limite existe, et même assigner approximativement la distance à laquelle elle se trouve dela surface de la terre, distance qui n’est autre chose que l’épaisseur de la couche atmosphérique. | On démontre aisément que l’air est pesant : un ballon de verre, que l’on pèse successivement vide et plein d'air, n’a a pas le même poids dans les deux cas. L’atmosphère | terrestre doit donc exercer une -pression sur la terre en raison du poids de Flair qui la compose. Cette 4 Pression se mesure au moyen de l'instrument qui est ici représenté, fig. 405, et que l’on nomme baromètre. Il se compose d’un tube de verre recourbé ab c, fermé en a, ouvert en c, et contenant une certaine quantité de mercure. Le mercure y a été introduit de telle manière que l’espace qui reste au-dessus de lui, dans la grande branche a b soit absolument vide de toute matière. Cette circonstance fait que le liquide ne s'élève pas à la même hauteur dans les deux branches : la pression atmosphérique, qui s'exerce librement dans la petite branche, refoule le mercure dans l’autre branche, où il n'éprouve aucune pression, et l’y maintient à une hauteur plus ou moins grande, suivant qu'elle est elle-même plus ou moins intense. La différence de niveau des deux surfaces d, e, du mercure doit donc servir de mesure à la pression atmosphérique, au point où se trouve placé le baromètre. Il est mème facile d'en déduire la valeur numérique de cette pression, rapportée à l'unité de surface, et exprimée en kilogrammes, ainsi que nous allons le b voir.
Fig. 105. Imaginons que la branche ouverte b c du baromètre soit prolongée au-dessus de la surface e du mercure, en conservant les mêmes dimensions transversales que dans le voisinage de cette surface. Si l’on supprimait toute communication de l'atmosphère avec cette branche du baromètre, et qu'on voulèt cependant