‹ Cours élémentaire d'astronomieChapitre 8 sur 156 · VISION D'UN OBJET · texte numérisé non relu

VISION D'UN OBJET

corps lumineux placé dans son voisinage, on peut considérer chaque point de sa surface comme envoyant des rayons de lumière dans toutes les directions possibles en dehors de cette surface. Pour regarder ce corps, on place son œil de manière à permettre à une certaine quantité des rayons de lumière, qui sont émis par la surface du corps, de pénétrer à travers l'ouverture de la prunelle ; ces rayons éprouvent dans l’intérieur de l'œil des déviations occasionnées par les diverses matières transparentes qu'ils ont à traverser, et ils arrivent enfin sur la rétine, où ils produisent une sensation qui détermine la vision du corps. Supposons maintenant qu'on rapproche son œil de l’objet que l’on regarde ; la vision de cet objet se modifie, et les modifications qu'elle éprouve peuvent être étudiées sous trois points de vue différents : 4° sous le rapport de la netteté de la vision , 2° sous le rapport de la grandeur apparente de l’objet, 3° enfin sous le rapport de la clarté apparente . de la surface de cet objet.

Voyons d'abord ce qui se rapporte à la netteté de la: vision. Lorsqu'on se met sutcessivement à diverses distances d’un corps, pour le regarder, on voit plus ou moins nettement les détails que présente sa surface; et il.existe une certaine distance pour laquelle ces détails se distinguent mieux que pour toute autre distance. C'est ainsi que, si l’on veut lire dans un livre dont les caractères sont très-fins, on place naturellement le livre à une certaine distance des yeux; cette distance est telle que les caractères se voient mieux que si le livre était plus près ou plus loin. Cette distance particulière, qui correspond à la plus grande netteté de la vision, se nomme la distance de la vue distincte. Elle n’est pas la même pour tout le monde; souvent même elle est différente pour les deux yeux d’une même personne. Sa valeur est ordinairement de deux à trois décimètres. En général on peut dire que la vision d’un objet est plus ou moins nette, suivant que la distance de cet objet à l'œil se rapproche plus ou moins de la distance de la vue distincte.

Considérons maintenant la vision sous le rapport de la grandeur apparente de l’objet. Si l'on regarde le corps M, fig. 32, en pla-

çant son œil au

A point O, la ligne

D. droite qui joint deux

points A et B de ce

Fig. 32. - 3 COrps Sera vue sous

un Certain angle

A OB. Mais si l'œil, au lieu d’être en O, vient se placer en 0”, à une

distance de M, moitié de la distance précédente, Ja ligne A B sera vue | 4

sons un angle À O’ B qui sera double du précédent, en admettant toutefois que la ligne A B soit petite relativement aux distances O M et O’ M. De même, si la distance de l'œil à l’objet se réduit au tiers, au quart, etc., de la distance primitive O M, l’angle sous lequel sera vue la ligne A B, deviendra le triple, le quadruple... de l’angle A O B. Ces angles AOB, À O’B...., se nomment les grandeurs apparentes de la ligne À B : la grandeur apparente d’une ligne devient donc double, triple, quadruple... de ce qu’elle était primitivement, lorsque la distance de l'œil à cette ligne se réduit à la moitié, au tiers, au quart, de la distance primitive. En même temps, il est facile de reconnaître que la grandeur apparente de la surface du corps auquel cette ligne appartient devient quatre fois, neuf fois, seize fois, plus grande. On est ainsi conduit à cette loi: La grandeur apparente d’une des dimensions d’un objet varie en raison inverse de la distance de l'œil à cet objet, et la grandeur apparente de sa surface varie en raison inverse du carré de èette distance.

Voyons enfin ce qui a rapport à la clarté appatente de la surface de l’objet. L'œil étant placé à une certaine distance du corps M, fig. 33, reçoit de la lumière qui émane d'un grand nombre de

| points de la surface de ce

| ae LA À corps; considérons un de

SR ces points en particulier,

te le point m, par exemple.

Ce point envoie, ainsi que nous l'avons dit, des rayons de lumière dans toutes les directions en dehors de la surface du corps dont il fait / ee à partie : mais de tous ces Fig. 33. don rayons, l'œil ne reçoit que ceux qui sont compris à l’in-

térieur de la surface conique qui a pour sommet le point m, et pour base l'ouverture a b de la prunelle. Supposons maintenant que l’œil se rapproche du corps M, de manière à réduire de moitié la distance à laquelle il se trouve de ce corps, et soit a’b’ la nouvelle position de la prunelle. En a’ b’, les dimensions transversales du cône de lumière m a b sont deux fois plus petites que les dimensions correspondantes de ce cône vers la base ab; la grandeur de la section transversale du cône en a’ b’ n'est donc que le quart de la grandeur de la base a b de ce cône, c’est-à-dire qu'elle n’est que le quart de l'ouverture de la prunelle. Il en résulte que l'ouverture

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