ÉTUDE SUR NAHUM
I. Étude doctrinale. — Aucun écrivain sacré n'a décrit la grandeur, la justice et la puissance de Dieu avec plus de magnificence que Nahum. Le tableau est digne d'Isaïe. Écoutons et admirons : « Le Seigneur « est lent à s'irriter ; mais sa puissance est grande, et « il n'absoul pas le crime. Il s'avance parmi les tourci billons et les tempêtes ; les nuages sont la poudre « de ses pieds. Il gourmande la mer et elle se « dessèche ; il change les fleuves en un désert ; Basan « et le Carmel se pâment, les fleurs du Liban se « flétrissent. A sa présence , les montagnes sont « ébranlées et les collines désolées ; la terre et tous « ceux qui l'habitent tremblent devant sa face. Qui « pourra subsister devant sa colère ? Qui tiendra « contre l'ardeur de son courroux ? Sa fureur se
> Cfr M. Darras, Hist. de l'Égl., t. III, p. 98. 2 Cfr M. Darras, loc. cit., p. 100.
(( répand comme un feu qui brise les rochers (i, 2-6.) » On admirera aussi la patience de ce grand Dieu qui « lent à s'irriter » châtie à regret, et, avant de frapper , multiplie les avertissements et les menaces. IL Étude prophétique. — Il y a dans Nahum une prophétie remarquable de la conversion des Gentils, et des merveilleux effets de la prédication de l'Évangile : « Je briserai les statues de tes dieux dans leurs « temples, dit le Seigneur, ô roid'Assur; leurs ruines « seront le tombeau où tu descendras sans honneur, « Voilà sur les montagnes les pieds de celui qui évan- '( gélise et qui annonce la paix. Juda, célèbre tes « solennités, accomplis tes vœux. Bélial ne passera « plus au milieu de toi ; il a péri tout entier (i, 14, 15). » Paroles que saint Augustin* explique de cette manière : « Ad Novum enim Testamentum pertinent, quorum dies « festi ità spiritualiter innovantur, ut in vetustatem Iransire « non possint. Porro per Evangelium exterminata sculp- « iilia et conflatilia, id est idola deorum falsorum, et « oblivioni tanquàm sepulturœ tradita jàm videmus ; et « hanc etiam in hâc re prophetiam completam esse cognos- « cinius. »
III. Étude littéraire. — Nahum est surtout intéressant à étudier au point de vue littéraire. Il n'y a qu'une voix parmi les critiques pour le proclamer le plus sublime des Petits Prophètes"-.
« Qu'y a-t-il dans l'antiquité, dit Fénelon ^, de com- (( parable à Nahum voyant tomber de loin la superbe « Ninive sous les efforts d'une armée innombrable? « On croit voir cette armée, on croit 3ntendre le « bruit des armes et des chariots ; tout est peint <( d'une manière qui saisit l'imagination. » Saint •lérôme^ avait déjà dit : « Tàm pulchrajuxtà heôraicum
1 De civil. Uei, lib. XVIII, cap. xxxi ; Oper., t. VII, col. 822.
2 Cfr M. Glaire, t. IV, p. 452 et suiv.
3 Dial. sur l'éloq.
* Comm. in Nakum.