‹ Cours élémentaire d'Écriture Sainte (volume 2)Chapitre 116 sur 132 · HABACUC · texte numérisé non relu

HABACUC

Il a commencé à s'accomplir au premier avènement de Jésus-Christ ; mais nous ne sommes pas éloignés de croire qu'il ne sera entièrement accompli qu'à la fin des temps, lorsque les Juifs se convertiront et reviendront au Seigneur.

Les deux premiers chapitres sont eux-mêmes des prophéties messianiques. Le Chaldéen, qui un jour sera exterminé, est la figure de l'Antéchrist, dont la chute doit être suivie du triomphe des enfants de Dieu.

IL Etude littéraire. — Ce Kvre est très remarquable sous le rapport littéraire. Habacuc sait prendre tous les tons... Son style, tantôt tort, véhément, concis, tantôt doux et plaintif, est toujours pur. Le chapitre m est la partie la plus brillante. Elle rappelle les hymnes de Moïse et de Débora. On en trouve dans Lowth • une bonne critique littéraire.

L'ensemble du livre est du reste très beau. « Je se- « rais presque tenté, dit Herder*, d'appeler ce livre la « couronne des chants lyriques de la poésie des Hé- « breux. » Mais il faut entendre Eicchorn ' exprimer l'enthousiasme que lui inspire la lecture de ce Prophète : « Qui me donnera à moi-même une langue et <f des forces pour représenter dignement le chantre « inimitable de la douleur et de la Joie, de la désola- « tion et de l'espérance, de l'insolence et de la dé- « rision? Je ne connais rien de plus parfait dans la « poésie prophétique que le poème qu'il nous a « laissé, rien de plus magnifique et de plus sublime « que l'hymne divin qui termine son livre. Rien n'est « plus terrible que ses épouvantements et ses menaces, « rien plus mordant que ses insultes, rien plus doux « et plus suave que ses consolations. Il réunit toutes « les qualités qui font le grand poète : une force <( d'imagination qui crée les grandes images, un

• Poés.sacr., leç. ixvm, t. II.

* Il est cité dans la Bible orient., p. 203. ^ Voy. M. Glaire, loc. dt., p. 407.

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« jugement exquis qui sait donner à ses figures et à « ses tableaux la régularité et la finesse des contours « les plus heureux, enfin une puissance absolue sur le « langage, qui lui prête à son gré tantôt l'harm onie « et la suavité, tantôt léclat et la force. Oh ! pourquoi « faut-il que le temps qui dévore tout, et la captivité « de Babylone qui a englouti tant de monuments de « la littérature hébraïque, ne nous aient pas conservé « quelques autres compositions de ce chantre suce blime ! »

Le Franc de Pompignan a heureusement rendu la Un du chapitre ii :

Le sculpteur a dit à la pierre :

Sois un Dieu, je vais t'implorer.

Il a dit à ce tronc étendu sur la terre :

Lève-toi, je veux t' adorer.

D'un bois rongé de vers, ou d'un marbre insensible,

L'idolâtre fait son appui ; Mais le Seigneur habite un temple incorruptible ; Que l'univers se taise et tremble devant lui !

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