N°II
Instructions principales et beautés de cette épître
I. Inst7'uctions principales. — Cette lettre est le résumé des leçons que saint Paul avait données à Timothée dans d'autres circonstances ; elle est même un excellent résumé de toute la doctrine de l'Apôtre. En effet, on y trouve clairement enseignées : la gratuité de notre justification par la foi et par la grâce de
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Jésus-Christ (i, 8-11); — la nécessité de la grâce pour faire le bien (ii, 1-7); — l'obligation de souffrir avec Jésus-Christ pour régner un jour avec lui (ii, 11-13); — la nécessité de confesser son nom (ii, 12) ; — la gratuité de la prédestination (ii, 19-21); — l'énumération des principales vertus chrétiennes (ii, 22-26) ; — la prédiction de la venue et le portrait des faux docteurs (m, 1-9); — la nécessité de souffrir (m, 12); — l'inspiration des saintes Écritures, leur utilité (16, 17); — l'obligation de prêcher (iv, 1,2); — enfin la certitude de la vie future et de ses récompenses (6-8).
II. Caractère et beauté littéraire. — La beauté de cette lettre est incomparable; rien n'en égale la sublime tristesse. Les anciens l'ont appelée « le testament de saint Paul, le chant du cygne » ; et nous croyons que le cœur du grand Apôtre ne fut jamais mieux inspiré. Il y règne un ton de douce mélancolie qui fait tendrement aimer le maître et le disciple. Aussi, quand on se reporte, par la pensée, au temps où cette lettre fut écrite; quand on se rappelle l'âge avancé de saint Paul, sa vie si agitée, sa prison, ses chaînes, la défection de ses amis, la mort qui le menace et que, sans doute, il ne craint pas, mais dont il voudrait cependant voir différer la venue jusqu'à l'arrivée du plus cher de ses enfants, il est impossible de la lire sans être profondément ému et sans que l'émotion se trahisse par des larmes involontaires.
ARTICLE IX
I. But et sujet de cette lettre. — On pourrait appeler l'Épître à Tite l'Épîlre aux Cretois : car le but de saint Paul n'était pas tant d'instruire Tite sur des matières qu'il connaissait déjà, que de lui mettre entre les mains un ordre et comme un titre officiel qu'il pourrait présenter aux Cretois, et auquel il pourrait en appeler
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lorsque des personne indignes voudraient s'immiscer dans l'épiscopat ^ Le sujet de cette lettre est à peu près le même que celui de la première à Timothée. Les églises de Crète étaient encore sans évêques et sans ministres. Tite avait ordre de les en pourvoir. Il devait en même temps se tenir en garde contre quelques hommes circoncis qui tâchaient d'obtenir pour eux les charges ecclésiastiques.
Nous savons peu de chose sur le caractère et la personne de Tite : nous savons seulement qu'il était né dans le paganisme, qu'il ne fut pas circoncis (Gai., ii, 1-3) comme Timothée; qu'il accompagna de temps en temps saint Paul, et fut quelquefois député à diverses sociétés chrétiennes (II Cor., vu, 6-15; viii, 16,
II. Ou et quand elle a été composée. — Il est presque impossible de déterminer le temps et le lieu où cette lettre fut écrite, car on manque de données suffisantes pour résoudre ce problème. Nous regardons cependant comme plus probable, avec saint Jean Chrysostome, Tillemont, Paley, Mauduit et plusieurs autres, qu'elle fut écrite à peu près vers le même temps que la première Épîlre à Timothée, c'est-à-dire pendant le voyage de saint Paul en Orient, après sa première captivité (64 après Jésus-Christ). Suivant le D. Paley, elle aurait été aussi envoyée de Macédoine, probablement même de Nicopolis, comme le porte la suscription.
III. Caractère des Cretois ennemis de V Apôtre. — La grande conformité qui existe entre cette épître et la première à Timothée nous dispense d'entrer dans plus de détails. Nous ferons seulement observer, pour en faciliter l'intelligence, que les principaux adversaires de saint Paul en Crète furent des Juifs, qui devaient y être fort nombreux (i, 10-14). On ne manquera pas non plus de remarquer la sévérité avec laquelle saint Paul parle des Cretois (i, 12-16). 11 invoque, il est vrai,
1 Michaélis, Inlrod., t. III, p. 468.