‹ Cours élémentaire d'Écriture SainteChapitre 75 sur 89 · Scène troisième : Ouverture des sceaux (vi · texte numérisé non relu

Scène troisième : Ouverture des sceaux (vi

ï. Exposition. — 1° Les quatre premiers feuillets du livre présentent l'image d'un cavalier, et ne diffèrent que par la couleur du cheval et les attributs de celui qui le monte. C'est le symbole de la guerre, avec des phases diverses et accidentelles. — a) La couleur blanche et la couronne du premier indiquent le triomphe et la domination; saint Jean d'ailleurs le dit expressément. Grand nombre d'interprètes assimilent cette vision à celle du chapitre xix (11 et suiv.) et y i voient une figure de Jésus-Christ. La chose! est pour- j tant contestable. — h) Dans le second, la couleur rousse et le glaive symbolisent la guerre, civile et

étrangère, sanglante et dévastatrice, mais non la persécution. — c) Au troisième on voit la couleur noire, la balance, la cherté excessive du blé et de l'orge, choses communes et nécessaires à la vie, tandis que les substances superflues abondent. C'est donc le symbole de la famine. — d) Le symbole du quatrième est également clair : la mort dans l'Ecriture est prise pour la peste (cfr Jérém., xiv,12). D'ailleurs tous les fléaux viennent à la fois. Ainsi les quatre symboles se complètent entre eux.

2° Nous en disons autant des symboles relatifs à l'ouverture du cinquième et du sixième sceau. — a) Au cinquième on voit les âmes des martyrs sous l'autel, c'est-à-dire sans honneurs, et elles demandent à Dieu justice. Mais il leur est répondu qu'il faut d'abord compléter leur nombre. C'est donc une annonce que la fln des persécutions et l'heure des châtiments approche ainsi que le règne de Dieu et des saints. Ajoutons que les anciens Pères ont entendu cette prière des saints et la gloire qui en est l'objet, de la résurrection et de la béatitude de leur corps. C'est par là, en effet, que leur sang sera réellement vengé, que la mort subie pour Jésus-Christ tournera réellement à leur gloire, à celle de Dieu et à la confusion des persécuteurs. — b) L'ouverture du sixième sceau est accompagnée de signes extraordinaires, de bouleversements dans la nature, au ciel et sur la terre. Une frayeur invincible s'empare des rois et des princes, qui cherchent inutilement à se cacher. Ces signes sont les mêmes que ceux par lesquels Jésus-Christ a pronostiqué la fin du monde (Matth., xxiv), les mêmes que les Prophètes ont décrit pour annoncer le jugement de Dieu sur le monde ; enfin ils réalisent l'idée de la grande et universelle tribulation dont il a été parlé à la sixième église, Philadelphie. Il paraît difficile de ne pas expliquer les unes par les autres et de ne point entendre au même sens des descriptions aussi semjilables et qui se complètent mutuellement.

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