‹ Cours élémentaire d'histoire du droit français à l'usage des étudiants de première année \ (volume 4)Chapitre 380 sur 533 · Woj'&i le règlement da IS mais · texte numérisé non relu

Woj'&i le règlement da IS mais

l'administration des provinces 591

(rôleur des finances. Sachez que ce royaume de France est gouverné par trente intendants. Vous n'avez ni parlements, ni États, ni gouverneurs. Ce sont trente maîtres des requêtes, commis aux provinces de qui dépendent le malheur ou le bonheur de ces provinces, leur abondance ou leur stérilité*, w L'intendant ne concentrait pas seulement l'administration entière dans une seule main, il la rattachait en même temps par un lien étroit au gouvernement central. Les intendants étaient ordinairement des maîtres des requêtes, c'est-à-dire des membres détachés du conseil du roi; dans tous les cas, ils étaient en communication constante avec les secrétaires d'Etat, le contrôleur général et Je conseil des dépêches. Ils demandaient et recevaient des instructions pour chaque affaire délicate; s'ils entraient en conflit avec les autorités locales ou les particuliers, le litige était toujours évoqué devant le conseil du roi, qui statuait aussi comme juge d'appel sur les arrêtés qu'ils rendaient : ainsi se préparait, dès l'ancien régime, la séparation des autorités administrative et judiciaire, que devaient proclamer les lois de la Révolutions. Tel fut le rôle historique et politique des intendants* : il faut dire maintenant quelle fut leur origine et quels étaient leurs pouvoirs.

On a souvent attribué à Richelieu la création des intendants*. En effet, un édit de 1635 institua des officiers de ce nom'; mais, en réalité, il n'y a de commun que le nom. Les fonctionnaires établis en 1635 sont tout simplement des présidents des bureaux des finances, érigés en titre d'office. Les intendants proprement dits sont plus anciens j il en existe dès

1. De Tocqueville, L'ancien régime et la Révolution, 1. II, ch. ir, Œuvres complètes, t. IV, p. 54.

2. Cf. Lebret, De la souveraineté, 1. IV, ch. iv, p. 139 : u On doit tenir... pour les autres droits du roi... que la conuaissauce en appartient à ses officiers selon l'attribution qui leur est faite par les édits et ordonnances; en quoi l'on ne doit pas couapreudre les choses qui concernent l'administi-ation et le gouvernement de l'État, dontlacounoissance est réservée à la seule personne du roi, sans qu'aucun autre s'en puisse entremettre que par son ordre et commission. »

3. Sur ce point, consulter l'ouvrage cité de Tocqueville, L'ancien régime et la Révolution, passim.

4. Sur l'origine des intendants, voir Hanotaux, Origines de l'institution des intendants des provinces; — d'Arbois de JubainviUe, L'admiiiistration des i:i-

tentf'yyifs, pp. 4-23.

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