‹ Cours élémentaire d'histoire du droit français à l'usage des étudiants de première année \ (volume 4)Chapitre 471 sur 533 · Édité pnr M. C;:.t.ve Dupout, Caeu, ISSO · texte numérisé non relu

Édité pnr M. C;:.t.ve Dupout, Caeu, ISSO

bien notre regretté collègue et ami Poisnol, à propos du vieux droit romain : « Dans un droit non écrit, les adages ont un prix que nous soupçonnons peu maintenant. Une coutume est d'abord flottante ; puis elle se fixe, elle prend conscience d'elle-même; alors, des formules brèves et fortes la saisissent et la résument pour la rappeler sans cesse. Les codes du droit écrit n'ont plus le secret de la langue impérieuse que crée le génie d'un peuple pour commander à sa mémoire. Ces proverbes juridiques étaient si bien faits qu'ils ne s'oubliaient plus »*. Ces dictons abondaient dans l'ancienne France. Pendant longtemps ils restèrent dans la tradition orale; mais, à la fin du XVI® siècle et au commencement du xvn% on se mit à les recueillir et à les publier. C'était le moyen de les conserver, car ils étaient condamnés à tomber dans l'oubli, s'ils n'avaient été alors réunis dans des livres. N'ayant plus leur ancienne utilité, car alors la plupart des coutumes générales avaient été officiellement rédigées, ils seraient sortis de la circulation comme des pièces démonétisées. Trois des recueils sont à citer. Le plus ancien et le plus important a pour titre : Les institutes coutumières, ou Manuel de plusieurs et diverses règles, sentetices et proverbes^ tant anciens que modernes, du droit coutumier et plus ordinaire de la France, par Antoine Loisel. Il fut publié en 1608, à la suite de V Institution au droit français de Guy Coquille. Il suit, en général. Tordre des Institutes de Justinien; mais il est divisé en six livres, subdivisés en titres, dont chacun contient un certain nombre de règles ou maximes*. En 1614, parurent les Maxiines générales du droit frau" çaiSj divisées en trois livres, de Pierre de L'Hommeau, siredu Yerger ». Enfin, dans la seconde moitié du xvii^ siècle, un avocat de Bourges, Nicolas Catherinot, fit aussi un recueil du même genre, mais moins étendu et moins méthodique, que M. Laboulaye a publié de nos jours*. Pour l'usage de ces

1. Recherches sur les sociétés universelles chez les Romains, dans la Nouvelle revue historique de droit, t. 111, p. 442.

2. La meilleure édition est celle donnée par Dupin et Laboulaye, Paris, 1846 ; elle contient les notes excellentes qu'yavaitjoiutes Eusèbe deLaurière en 1710, plus une introduction historique et des annotations nouvelles.

3. La meilleure édition est celle de Paris, 1665, avec les notes et observations de Paul Challine, qui, la même année, publia aussi une édition annotée des Institutes de Loisel.

4. Les axiomes du droit français, par le sieur Catherinot, dans la Nouvelle revue historique de droit, t. VII, 1883, p. 41 et suiv.

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recueils, il faut observer qu'ils conliennent généralement des. maximes d'âg-e très différent, confondues et juxtaposées : les unes appartiennent à un fonds très ancien, sans qu'on puisse le plus souvent déterminer leur âge; d'autres, au contraire, sont relativement modernes. Il faut donc user, à leur égard, d'une critique attentive.

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