Wailz, op. cil., IV, p. lo et suiv
4. Hiocniar, De ordine palatii, c. xsix, in fine (éJit. Prou, p. 74) : « CiPteruni propter dona geoeraliter daada », et la note de M. Prou.
5. Nolilia de servilio monaslerionvri (I, p. 350) : « laler esteras imperii disposilioiies slatuit qu;e mouasteria iu regno vel imperio suc et doua et militjam facere possuut, quae ?ola doua sioe militia, quœ vero nec doua nec militiam sed solas oratioues. >
ils se heurtèrent à des difficultés presque insurmontables. D'un côté, les résistances furent très vives; d'autre part, l'organisation des impôts romains était un instrument trop délicat et trop savant pour être manié par des mains grossières*. Les tentatives pour soumettre à l'impôt les hommes de race franque paraissent avoir été vaines ; cela est certain, du moins quant à la capitatio humana, qui passait traditionnellement pour un signe d'infériorité sociale et presque de servitude*. Quant à la population romaine, elle ne pouvait, en droit, contester le principe de l'impôt; mais c'était justement à raison des impôts qu'elle avait vu, presque avec joie, la chute de l'empire; elle résistait souvent lorsque le monarque franc voulait reprendre la fiscalité impériale, et, chose notable, elle était soutenue dans sa résistance par l'épiscopat. Cependant, malgré ces résistances, les deux impôts directs des Romains, la capitatio humana et la capitatio terrena^ paraissent avoir été levés au vi^ siècle, avec une certaine continuité, dans la monarchie franque. Mais ils avaient subi une transformation très importante, surtout pour la capitatio terrena, et qui devait favoriser la désagrégation du système. Ces impôts, sous les Romains, étaient des impôts de répartition, et, par suite, la cote de chaque contribuable n'était point arrêtée à une somme invariable, pouvant varier, au contraire, selon la somme totale que l'Etat, d'après ses besoins, demandait à l'impôt. Sous les Mérovingiens, il est à peu près certain que la capitatio terrena, commela capitatio humana, devint un impôt de quotité. On fixa à une certaine somme, ou à une certaine quantité d'objets en nature, la contribution de chaque propriété, si bien que toute augmentation paraissait une injustice. Cela se fit sans doute tout naturellement, parce que l'administration nouvelle était incapable de manier le système savant de répartition suivi par les Romains; cela concordait très bien, d'ailleurs, avec l'idée qui ne proportionnait plus l'impôt aux besoins de l'État et en faisait un revenu propre du roi. C'était devenu une redevance des personnes ou des propriétés. Cela eut une
1. Sur cette question des impôts, voyez Greg. Tur., Htstoria Franconan, III, 25, 36; V, 26, 28, 34; VI,22, 4S ; VIII,1S, 23; IX, 30 ;X, 4, 7; — Lehuérou, /«shtuiions mérovingiennes, ^.ZiîL et suiv. ; — Roth, Geschichle des Be7ieftcialv-e sens, p. 8o et suiv.; — Dahn, Die Kônige der Germaneriy VU, 3, p. 96-129.