‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 46 sur 142 · PIQUANTS. I · texte numérisé non relu

PIQUANTS. I

inai-|ihuïc de plusieurs axes de diiïcrcnis di^gri's, comme dans la Viijnc, OD observe souvent, à la natssancede chaque filet latéral, une petite feuille nidimeotaire relativement à laquelle il est axiliairc.

PIQUANTS [spinie].

§169. Une autre Torme tout à fait différente, et presque imerse, sous laquelle se déguisent souvent tous ces mêmes oi^anes, est celle de piquant. Au lieu d'un filet flexible et mou qu'on avait dans la Tiâlle, on a une petite branche raccourcie, roide et terminée en pointe, également simple ou rameuse.

Ce sont les rameaux qui offrent le plus fréquemment cette métamorphose. Tantôt ce sont tous les rameaux d'une plante, comme dans les Ajoncs, les ColUtia; tantôt ce ne sont que tes derniers, et quelquefois même seulement l'extrémité qui, au lieu de s'épaissir en un bourgeon terminal, s'aiguise et se durcit. Ces rameaux épineux peuvent conserver encore en partie leur caractère en se chargeant de feuilles et même de f^ms (comma dans le Prunellier épineux \fig. 162]), on bien, nus dans toute y leur étendue, le perdre complètement à «^ l'extérieur (comme dans le Gledittehia) .\ ' Hais l'examen anatomique de leur intérieur montrerait toujours une structure Identique avec celle du rameau.

Ce sont plus rarement les pédoncules qui se terminent en épines (par exemple, dans XÂX'^ssum

Dansla.fcuille, ce peuvent âtrcks faisceaux appartenant à ses dilTérentes parties : l' Les nervures médianes ou principales, soit qu'une portion du parenchyme réunisse encore leur base, et qu'on ail ainsi no limbe terminé ou bordé de pointes plus ou moinslongues, comme dans les Chardons; soit que le paruichjme disparaisse comldélementcoiTunecdaest(réquentdansrËpine-vinette[/!g. 163,/}. Le piquant est quelquefois formé par le pétiole seul. Souvent ce n'est qu'en vieillissant qu'il prend cette forme : le rachis de la feuille pennée de l'Astragale adraganl et autres (/f^. 164], par exemple, après la chute des folioles qu'il a portées pendant la jeunesse de la plante. ï> Les stipules endurcies en deux épines plus comtes à la

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base de la Tcuilte, comme dans noire Acacia [BobiniM pseudo-aeaâa

t. Pnillf compHéi d'un Atlngile lAUragalai Mou

POILS. n&

s'en distingiui^ra aiscnient s'il forme une seule pointe immédiatement au-dessous de la feuille; mais s'il se redresse enime double pointe, la distinction deviendra moins facile. Il n'est pas besoin d'expliquer comment l'origine des piquants se détermine par leurs rapports de position avec les autres parties de la plante^ ainsi que pour les yriÛes.

AIGUILLONS (aculei),

§ 170. Nous commencerons par les aiguillons^ transition naturelle après les épines^ dont nous venons de nous occuper, et avec lesquelles on les avait longtemps confondus. Celles du Rosier, ainsi qu'on les nomme vulgairement, peuvent nous servir d'exemple. Si nous les considérons extérieurement, nous voyons tout de suite qu'elles n'occupent aucime place fixe sur làl)ranche, tantôt écartées, tantôt l'approchées sans ordre ; nous voyons aussi qu'elles n'y tiennent que faiblement et s'en détachent par un léger efifort sans rupture. Leur examen microscopique les montre toutes composées d'un tissu cellulaire analogue à celui dé l'enveloppe subéreuse, comme lui bientôt sec, et ne conservant la vie qu'à sa base, par laquelle il peut continuer à s'accroître^^pais et durci sur toute la superficie. Ces épines du Rosier ne peuvent donc être assimilées à celle? qui résultent de la métamorphose d'un organe fondamental ou d'une de ses parties, et qui par cela même affectent une position régulière et une texture fibro-vasculaire. On les comparerait avec plus de raison aux poils, dont ils diffèrent seulement par la plus grande épaisseur etpar l'agglomération des cellules plus nombreuses qui les composent. Les aiguillons se montrent non-seulement sur la tige et ses ramifications, mais sur les feuilles et sur les parties mêmes de la fieur qui conservent le plus le caractère de celles-ci, mais presque exclusivement sur les pétioles et les nervures. Leur forme est généralemènt celle d'un cône, quelquefois droit, le plus souvent recouii)é en crochet, ordinairement aplati dans un sens.

POILS {pili).

§ 171 . Nous avons eu déjà plusieurs fois occasion de parler des poils^ mais seulement à leur plus grand état de simplicité, lorsqu'ils résultent chacun de l'allongement d'une seule cellule épidermique {fig. 83). Cette cellule, enfoncée par sa base au milieu des autres> fait par le reste de son corps saillie au dehors, dirigée tantôt per-

t'ioeU ce ce des feuilles développés chacun en un piquant simple ou .triple. «-///Base des feuitU*. — & 6 Bourffeons naissaot de l'aisselle de ces feuilles.

i)cndiculairement à la surface de Tëpiderme [fig. i67> 1]^ tantôt obliquement^ soit le plus souvent de bas en haul^ e^ sens conti-aire (j>ili retrorsi [fig, 83]), tantôt enfin presque parallèlement

{pili adpressi). Sa surface est

lisse ou assez souvent toute hérissée de petites aspérité [fig. 168, 4) ; sa forme la plus ordinaire est celle -d'un cône long et grêle {fig. 167, 1}, d'une aiguille ; mais elle peut quelquefois être à peu près cylindrique et même se renfler, en massue à son somn met. EnGn elle peut se diriger à la fois dans deux ou plusieurs directions {fig. 167, 2), devenir rameuse (fig. 167, 3), quoique présentant toujoui^ à rintcrieur une seule cavité continue. Ce n'est pas toujours dès sa base, ce n'est quelquefois qu'à une cei'lainc hauteuj' qu'elle se ramitie ainsi.

Beaucoup do poils sont formés, non plus par une cellule unique,

mais par une suite de cellules unies bout à bout; et comme les sur-

f67. Poils formés d'une seule cellule sortant de l'épiderine e. — I. Poil simple. — 2. Poil bifurqué pris sur le Sitymbrium tophia. — S. Poil rameux pris sur la feuille de VArabit Alpina.

IÔ8. Poils composés, formés par la réuniou de plusieurs cellules. — e Épiderme d'où naît le poil. — I. Poil cloisonné simple, pris sur la tige de la Bryune [Bryonia alba). — i. Poil rameux, pris sur la fleur du Nicandra anomala. — S. Poil en étoile, prit Mir la feuille de la Itose tréniière [Althaa rosea). — 4. Poil moniliforme. pris sur le 'o^chnig Chaleêioniea: on voit sa surfaee toute hérissée de petites aspérités.

fOtLS. 141

races en contact par lesquelles se superposent ou s'iiuJssent ces cellules semblent interrompre la continuité du poil par autant de doisons, onle dit alon cloisonne. Du reste,ces formes diverses sont Alors à peu près les mêmes que lorsqu'il est formé par une cellule unique celles d'un cane où les cellules superposées vont en diminuant dcbas en haut {fig. 168, l), ou d'un cylindre où ellei, sont d'égal diamètre, ou d'une massue où les supérieures- s'élargissent, on d'un petit arbre plus ou moins ramifié (/îg. 168,2). Lorsque pluàeurs poils partent d'un centre commun, ils forment un pinceau {fiti pemdUati) ou «ne étoile [p. steltati ou radiati \/ig. 168, 3]), suivoiitqu'ils se dirigent obliquementou parallèlement à lasurtkce de l'épiderme. Ces dernières dispositions sont caractéristiques dans des bmîlles entières de plantes (par exemple, dans les Malvacées) Lés cellules unies bout àboiit peuvent ne pas offrir, chacune, dans leur longueur, un diamètre égal ou graduellement décroissant, mais se rétrécir soit vers leur milieu, soit, le plus souvent, vers leurs extrémités, et par là le poil prend l'aspect d'un petit chapelet ((). moniUformes \fig. 168. 4]).

Le poil composé ne l'est pas toujours d'une seule rangée de cellules, on peut quelquetois en trouver plusieurs juxtaposées à la même haulcm-. C'est un premier pi^ge à l'état d'aiguillon, qui eudilTèrenéanmoifisett tant que venant d'unccouchcplus profonde.

L'examen microscopique fait voir les cellules des poils comme composées d'une double membrane. C'est qu'ainsi que nous l'avons ^'u (§ *8, fig- 85}, la pellicule épidermique s'étend sur les poils comme sur le reste de l'épiderme, et leur forme autant de gaines par lesquelles la membrane propre de cbaque poil se tiouve révolue d'une autre membrane plus exténeure

§ 172. Les poils qui layonnent d'nn centre commun viennent quelquefois à se réunir entre eiu, probablement au moyen de cette pellicule qui enveloppe leur en semble, et alors, au lieu dune étcile, ils figurent une sorte du plaque membraneuse {fig 109) adhi^rente seulement parsoncen tre à la surface qui les porte et s'en diilachant facilement, comme les petites écailles qu on voit se détachci' de la peâu par desqiia-

l«*. ËuUle ou puil CB «cinion |iH> lur la

t t\W!igaét { nipftfhui

148 BOTAMQUE.

mation. On a donc nommé ces poils écailleux ou en éciisson {pili squamost seu scutati, ou d'un seul mot empinintc au grcc^ lepis). ils ont en général un reflet brillant et souvent comme niétaJlique^ comme^ par exemple, sur les feuilles des Élœagnées.

On peut citer auprès d'eux d'autres petites expansions squamiformes ou membraneuses^ qui^ au lieu de tenir à la surface par un point central^ y adhèrent par tout leur bord le plus iai^e. C'est comme un repli de l'épiderme, ou, si l'on aime mieux, comme un poil composé formé de la réunion d'un assez grand nombre de cellules, et tiré en largeur au lieu de l'être en longueur. On leur donne le nom de poils scarieux {piliramentacei, ou, en un seul mot, fomenta seu vaginellœ). On les trouve ■ particulièrement développés surles pétioles et les limbes des feuilles de la plupart des Fougères. Leur couleur devient généralement brunâtre.

§ 173. Les poils abondent souvent sur les rameaux et sur les feuilles, et dans celles-ci se montrent beaucoup plus fréquemment et plus copieusement sur la face inférieure et sur les nervures et les pétioles. Leur existence et leurs fonctions paraissent être en-rapport avec la jeunesse de ces parties, avecVafQux des liquides dont elles sont alors gorgées et l'aK^tivité de l'évaporation qui en est la suite naturelle, et que probablement ils sont destinés à modérer. A mesure que les surfaces s'étendent par l'extension des parties qui vieillissent, ilm'y a pas toujours production proportionnelle de nouveaux poils. Ceux qui les revêtaient d'un enduit épais, écartés l'un de l'autre par un espace qui grandit, finissent par le recouvrir incomplètement. C'est la cause qui lait que les poils, souvent si abondants siu* les jeunes pousses, semblent avoir disparu après qu'elles ont acquis un certain développement. Quelquctois ils se détachent en effet, ou se dessèchent, et il est rare d'en trouver sur l'écorce des branches adultes dans les plantes ligneuses.

§ 174. Nous avons indiqué les formes les plus générales des poils considérés isolément. En général, dans les descriptions, on s'arrête à celles qui s'aperçoivent à l'œil nu ou à la loupe, et l'on dit que les poils sont simples ou rameux de telle ou telle manière^ sans rechercher s'ils sont Imicellulaires ou multicellulaires ; ce qui, en effet, peut n'avoir pas une grande importance, puisqu'on en trouve des deux sortes les juis à côté des autres.

Mais la description s'attache à représenter l'aspect qui résulte de la réunion de poils plus ou moins nombreux sur une partie du végétal, et il nous reste à faire connaître quelles sont les principales modifications qu'on observe sous ce rapport et par quels mots on les désigne. Ces mots, les voici :

Glabre (qlaher)^ dtat d'une surface dépourvue de tout poil. Glabrattis^ qui a perdu son poil.

Poilu ^pilosus), garni de poils.

Pubescent (pubescens), garni de poils mous^ assez courts et un peu clair-scraés, d'un duvet {pubes) comparé à celui du menton d'un adolescent.

Velu {villosus), garni de poils longs, doux, un peu obliques.

Sotfeux (sericeus), garni de poils couchés, soyeux, à reflet plus ou moins brillant.

Hispide [hispidus, hirtiis), hérissé de poils roides, non couchés. ïlirstaus tient le milieu entre cet état et celui qu'on exprime par villosus.

Velouté {veltUinus), couvert d'un duvet court, ras, comme celui du velours.

Cotonneux (tomen^o^t/^), couvert de poils crépus, comme le coton, entremêlés en une sorte de feutre {tomentum). C'est l'état qui résullo en général de l'accumulation de poils en pinceau ou rayonnants.

Laineux (lanatus, lanuginosus), couvert de poils longs, mou::, entre-croisés, comme la laine.

Lepidotus, couvert d'écussons écailleux.

RamentaceuSy parsemé de poils scarieux.

Lorsqu'on <^nsidère les poils, non plus sur une surface, mais sur son bord qu'ils dépassent, et lorsqu'ils sont un peu roides et écartés entre eux, ils prennent le nom de cils {cilia). S'ils sont disposés par touffes, ce sont des houppes {barba), d'où l'on tire l'épithète barbât us.

Nous n'avons pas besoin de définir les nuances qu'on exprime par les diminutifs glabriusculus, pilosiusculus, villosuluSy tomenteilus, hUpidulus, ciliolulatus, pour indiquer l'état d'ime sui'face où les ppUs sont comparativement plus courts, plus clair-scmés.

§ 175. On appelle glande, dans les végétaux comme dans les animaux, un appareil contenant quelque liquide d'une nature paiticu- Hère et différent de ceux qui sont répandus dans tout le reste du corps ; liquide que l'action des organes qui composent cet appareil sécrète, c'est-à-dire tire des matériaux mis en rapport avec eux. C'est un tissu cellulaire qui, dans le végétal, est toujours chargé de cette fonction, et il ne se distingue pas de celui que nous avons ai)pris à connaître jusqu'ici. On ne le reconnaît qu'à son contenu; mais il est impossible de préjuger de son action par sa forme. Aussi des urganes qu'on regarde aujourd'hui comme glandulaires out-ils |)ondan6 longtemps été confondus avec d'autres qui ne siîcrclcir

aucun fluide particulier^ avec les poils, par exemple. Ce sont les poils qu'on a désignés sous le nom de glanduleux.

§ 176. Poils firlandaleux. — Ces poils sécréteurs conservent même quelquefois^ sans la plus légère modification^ ime des.formes que nous venons de passer en revue. On ne voit rien de diflerent, sinon le liquide s'accumulant dans leurs dernières cellules et en suintant. Mais plus souvent la propriété sécrétante selle à un léger changement déforme, ordinairement à un renflement terminât Si le poil est formé par une cellule unique, elle se dilate, ou tout entière ou seulement à son sommet, en globe, en œuf, en massue {fig. 170, i); s'il est formé de plusieurs cellules, ce sont toujours les plus élevéesqui sécrètent : tantôt une se\Ae{fig. 170, 2)^lader-

nière, plus ou moins dilatée avec quelques-unes de ces formes que nous venons de citer; tantôt plusieurs terminales, placées ou bout à bout {fig. 470, 4), ou à la même hauteur, deux l'une à côté de l'autre (fig. 170, 3), ou quatre en croix, etc. ; tantôt enfin plusieurs réunies ei;! une seule masse qui constitue le renflement. .Les autres cellules du poil, placées au-dessous, présentent leur conformation ordinaire, et exhaussent, en la rattachant à l'épiderme^ la celluleglande simple ou multiple, qui est dite aloi*s pédiceUée. § 177. On a décrit comme conformés tout auti*ement les poils

170 Poils glanduleux. — e ll^.piderine d'où naît le poil. — I. Poil cookpoté d*unc cellule unique, prit sur la feuille du Sisymbrium Chilense. — 2. Pofl compoeé d« plusieurs eellulfs. et. terminé par une seule sécrétante , pris sur le pédoncule dn Muflier (Antirrhinum majus). — 3. Poil composé de plusieurs cellules et terminé par deux sécrétantes accolées, pris sur le pédoncule du Lysimanhia vulgaris. — 4. Poil "^ de plusieurs cellules et terminé par plusieurs sécrétantes unies bout à bout, te Benoite {Getm utbaman).

urticants {setœ uretUes), ceux dont la piqûre détermine une vive démangeaison : de l'Ortie, par exemple. On avait supposé, en effet, le liquide sécrété dans un amas de cellules glanduleuses caché sous l'épiderme, et du milieu de cet amas partant le poil dont le tube servirait à Técoulement . extérieur du venin et le verserait dans la blessure, absolument comme le crochet delà vipère, percé d'un canal en communication avec une petite glande située à la base de la dent; mais il n'en est pas ainsi. Les poils des Orties [fig, 171), des Loasa, de quelques Jatropha, sont tous également formés par une seule cdlule conique, longue et roide, dilatée en bulbe à sa base (6) et terminée à son (iutre extrémité, soit directement, soit un peu de côté, par un petit bouton {s). C'est dans cette cellule que se forme le liquide brûlant; et, lorsqu'elle s'enfonce dans la peau, elle y laisse, en se cassant, son extrémité, retenue par le petit bouton terminal. De là une double cause dlrritation : la présence d'un corps étranger, et la propriété particulière de son contenu. •

§ 178. CUandes propreinent dites. — Le passage des poils glanduleux aux glandes est presque insensible. Lorsqu'on a un amas de cellules sécrétantes san^ pédicelle, mais attaché à l'épiderme par un rétrécissement, est-ce im poil composé sessile?

est-ce une glande superficielle pédîcellée? Au reste, peu importe le nom. On remarque alors deux modifications d'une certaine valeur : 1® la glande est creusée à l'intérieur d'une cavité, dont ces cellules sur un seul rang forment l'enveloppe (fy. 172); 2» la glande ^t pleine, sans lacune centrale. On

fue

171. Poil de rOrtie commune {Uirtiea dicHca), conique, terminé & gon sommet « par ■o reoflemeot ou bouton, à m base par une grosse dilatation en bulbe h. Cette base est eovironnée de eêllHleft de l'épiderme uê qui se relève autour d'elle pour lui former une sorte dt support. — On voit dans la cavité du poil des courants d'une matière granuleuse /J.

I7S. Glande prise sur le pédoncule de la Fraxinelle [DicîamnHt alb%u), coupée ver« ticalement, de manière à laisser voir sa cavité cen'rale /, que remplit une huile verdâtre, et dont l'enveloppe est formée par une couche de cellules c remplies d'nn suc rouge. — e Épiderme.

I7S. Glande prise sur le Rosier à cent feuilles. Il y en a de formes diverses. • < épiderme.

passe aussi graduellement de cette glande pëdicellée {fig. 173) à celle qui s'étale fixée par une large surface^ comme une sorte de Terme. Ainsi^ dans les Roses^ dans les Ronces^ on en trouve dont le sommet est à peine plus renflé que la base.

§ 179. D'autres fois les glandes sont enfoncées à l'intérieur dans l'épaisseur du parenchyme cortical^ mais en général fort super6ciellement et immédiatement sous l'épiderme ; et même cdors il n'est pas très-rare de les voir faire encore saillie au-dessus, revêtues par cet épiderme^ quelquefois un peu modifié, qui les suit en se moulant sur leur surface, ou bien de voir Fépiderme interrompu encadrer une partie supérieure de la glande laissée à découvert. § 180. Parmi ces glandes intérieures, on doit distinguer celles qu'on a appelées vésiculaires^ et qui^ munies de parois pellucides sécrétant une huile volatile incolore ou à peine colorée, se dessinent

' sous la formé de points transparents , sur le

fond vert de la feuille qui les porte, lorsqu'on

regarde à travers le joiu*. Les feuilles du Millc-

"^^'^^YlLJH*** pertuis, de l'Oranger, du Myrte, de la Rue

(fig- 174) sont des exemples familiers à tout le monde et peuvent servir à cette recherche. On y verra c^ points transparents formés par un petit nombre d'utricules g plus gros que ceux 1 74 , du tissu environnant uc et lâchement unis entre

eux. Ils finissent même quelquefois par s'écarter un peu les uns des autres, en laissant entre eux une lacune centrale l où s'amasse le liquide. Ce sont ces glandes qui forment presque entièrement la peau de l'Orange. Sur sa fleur blanche on les aperçoit comme autant de petites taches vertes, ce qui prouve cette teinte dans le liquide, malgré sa transparence.

Les réservoirs des sucs propres, des gommes et des résines; qu'on considère comme tout à fait distincts des glandes, sont des lacunes avec une paroi de cellules particulières où se forme et d'où s'épanche leur liquide, et par conséquent se rapprochent bien des vésiculaires, dont elles diffèrent par leur situation plus profonde. § 181. La plupart des glandes intérieures sont, contrairement à celles que nous venons d'examiner, plus opaques et formées de cellules plus petites que le tissu environnant, très-intimement unies, ne déterminent pas ainsi parleur écartement un réservoir central,

174. Glaade vésiculairc prise sur la feuille de la Rue commune {Rata graveoUns). — 9 La glande formée par de gros utricules transparents, écartés entre eux de manière à laisser une lacune centrale /. — e Épiderme de la surface supérieure de la feuille. — ue Mc Cellules allongées et d'autres formes remplies de chlorophylle et formant le tissu vert de la feuille.

et laissent an plus se fonner dans leur épaisseur quelques lacune? accidentelles. Quelquefois, c'est du moins ce que nous observons dans les Malpighiacées, toute la siu'face de la glande présente une couche de cellules tout à fait différentes de celles qui composent la masse intérieure. Ce sont comme autant de petits poils obtus et trcs-ûns qui veloutent cette surface en la multipliant.

§ 182. La matière formée par les glandes est tantôt limpide, tantôt plus épaisse, de nature très-diverse, suivant les plantes où elle se produit. Nous l'avons vue s'accumuler dans rintërieui* des cellules qui la forment ou dans des réservoirs voisins. Souvent elle s'épanche au dehors, soit que la surface extérieure soit ellemême sécrétante, soit plutôt qu'il y ait transsudation à travers la paroi cellulaire. Alors, au contact de l'air, elle change fréquemment de nature, s'épaissit ou se concentre, et «'est à ce dernier état qu'on l'observe souvent à rcxtérieur.

TROISIÈnE LEÇON.

ponctions de nutrition, adsobption; bespiration; mouvements de la sè\e, etc.

§ 183. Nous avons suivi (§ 31-34) les premiers changements qu'offre la jeune plante commençant à vivre par elle-même^ ou, en un seul mot^ germant. Loi^sque sa germination est achevée, elle se trouve, par sa pailie inférieif e, ses racines, en rapport avec la terre ; par sa partie supérieure, sa tige et ses feuilles, en rapport avec Tair. Ses racines pompent les liquides de la terre ou de tout autre milieu humide dans lequel elles se trouvent : cette fonction est appelée absorption. Le liquide, une fois entré dans la plante, parcourt dans tous les sens son tissu, où nous avons vu (§ 16) les moyens de communication merveilleusement préparés : c'est ce qu'on a nommé circulationy d'après un terme emprunté à la zoologie, quoique dans les animaux la fonction analogue s'exerce par des forces et d'une manière différentes. Le liquide, qui prend le nom de sève, se modifie dans son trajet, notamment sur toute la surface de la partie du végétal en rapport avec l'air : cette action de l'air sur la sève est la respiration. La sève, ainsi perfectionnée, est devenue propre à nourrir les tissus, c'est-4l-dire, au moyen de particules semblables à eux, à fortifier les organes déjà existants, à en produire d'autres de même nature : de là résulte la nutritionêya assimilation. Sur quelques points cependant elle fournit des matières plus bu moins différentes, soit destinées à un usage spécial, soit mises à part pour subir plus tard une nouvelle élaboration, soit inutiles ou même nuisibles à la plante, qui les rejette hors du tissu vivant. Ce sont les sécrétions, qui dans le dernier cas sont dites excrémentitielles. Tel est l'ensemble des fonctions de la végétation communes à la plante et à l'animal.

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