OVULE. — DEVELOPPEMENT
cette masse se creuse vers son centre; et ensuite, après que la fécondation est opérée, on voit poindre vers le haut de celte cavité un nouveau corps suspendu par un filet résultant de la réunion de plusieurs cellules. Ce corps, dont les formes se détermineront de plus en plus, est l’ébauche de la petite plante nouvelle, Y embryon. On a donné le nom de nucelle à l’ensemble de la masse cellulaire, qui, dans ces cas, constitue seule l’ovule; de suspenseur , au petit fil par lequel l’embryon se rattache à son sommet. On peut nommer cavité embrijonairc celle dont s’est creusé à son centre le nucelle.
§ 516. Dans d’autres plantes, avant l’apparition de l’embryon, la cavité intérieure se tapisse d’une membrane ordinairement simple; d’une sorte de sac qui, de son sommet, s’étend peu à peu jusqu’en bas, adhérent au tissu environnant par ses deux bouts, mais lâchement ou à peine par tout le reste de sa surface : c'est le sac embryonaire. Quelquefois sa continuité avec la base du nucelle se rompt, ou bien encore n’a lieu qu’au moyen d’une série de quelques utricules accessoires unis bout à bout.
§ 517. Le cas le plus ordinaire est celui où le nucelle, au lieu d’ètre ainsi nu dans la loge de l'ovaire, se revêt d’une enveloppe extérieure. Celle-ci se montre plus tard que lui sous l’apparence d’un petit bourrelet circulaire qui entoure la base (ftg. 446,
4, t). Ce bourrelet s’allonge graduellement en une gaine au-dessus de laquelle on voit encore quelque temps saillir le sommetdu nucelle (/?£/. 446,
2, t ), mais qui finit par le recouvrir complètement en manière de sac. L’ouverture supérieure de ce sac se rétrécit dans la même proportion et finit par se réduire à un très-petit trou correspondant toujours à la pointe du nucelle, et qu’on a nommé micropyle ( micropylum de utxpoç, petit, et 7ru),7) , porte). Tous ces changements peuvent être assez facilement suivis sur l’ovule du Noyer.
§ 548. Mais plus ordinairement encore se forme une seconde enveloppe, et alors, au-dessus d’un premier bourrelet, on en voit un second qui s’accroît de même, et en même temps que le pre-
446. Ovule du noyer ( Juylans regia ). — t Tégument simple. — n Nucelle. — 1. Premier âge, où le tégument ne recouvre que la base du nucelle. — 2 Deuxième âge, où le nucelle est presque complètement recouvert.
mier ; de telle sorte que le nucellc se présente environné de deux gaines emboîtées l’une dans l’autre, l’intérieure dépassant pendant quelque temps l’extérieure ( f!g . 447, 3), qui néanmoins finit souvent par l’égaler et la dépasser à son tour. Lorsque toutes deux enveloppent complètement le nucellc on observe encore au-dessus de
sa pointe un inicropyle, qui, dans ce cas, est composé de deux ouvertures , l’une ex correspondant au tégument externe, et que M. Mirbel nomme exostome (e£w, en dehors; axop-a, bouche, ouverture) ; l’autre ed correspondant au tégument interne, qu’il nomme endostume (evoov, en dedans). Ces deux ouvertures peuvent se correspondre exactement et former ainsi un petit canal, ou bien ne pas se correspondre si l’un des deux téguments dépasse plus ou moins l’autre.
§ 549. L’ovule complet se compose donc d’un noyau cellulaire ou nucelle creusé à l’intérieur d’une cavité que revêt le sac embryonaire; enveloppé au dehors de deux autres sacs ou téguments, Lun extérieur, l’autre intérieur, qui lui adhèrent à la base seulement et sont entrouverts à l’extrémité opposée. Leur texture est cellulaire ; on a fait remarquer que leurs cellules sont souvent sur deux rangs d’épaisseur, et que celles du tégument interne offrent ordinairement tout à fait la même apparence que celles qui, en manière d’épiderme , forment la couche externe du nucelle : d’où quelques auteurs ont conclu que ce tégument est formé par un repli de celle-ci.
447. Ovule du Polygonum cymosum à plusieurs âges. — n Nucelle. — te Tégument externe. — ti Tégument interne. — ex Exostome. — ed Endostome. — 1. Premier âge, nucelle encore nu. — 2. Deuxième âge, nucelle recouvert à sa base par le tégument interne encore seul. — 3. Troisième âge. Les deux téguments formant une double gaine, au sommet de laquelle on voit encore saillir le nucelle.