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MÉTHODE DE JUSSIEU. — CLASSES

sieurs caractères dans chaque famille. C’est qu’un caractère d’un ordre supérieur en entraîne à sa suite un certain nombre d’un ordre différent, et en exclut, au contraire, un certain nombre d’autres ; de sorte que l’énonciation pure et simple du premier suffit pour faire préjuger la coexistence ou l’absence de ces autres, et qu’une partie de l’organisation d une plante est annoncée d’avance par un seul point qu’on a su constater . ce qui abrège et simplifie merveilleusement les recherches et le langage. Ainsi, par exemple, nous avons vu, presque à chaque chapitre de cet ouvrage, que l’absence ou la présence des cotylédons, leur unité ou leur pluralité se manifestent presque dans toutes les parties de la plante, qui présentent des différences profondes et frappantes suivant que son premier germe s’est montré différemment constitué sous ce rapport. Lorsque nous disons qu’une plante est monocotylédonée ou dicolylédonée, ce n’est donc pas ce simple fait que nous énonçons, mais un ensemble de faits; nous avons une idée de l’agencement général des organes élémentaires dans ses tissus, de la manière dont elle germe et se ramifie, de la structure et la nervation de ses feuilles, de la symétrie de ses fleurs, etc., etc. De tel caractère secondaire, nous pouvons de même en déduire plusieurs autres d’un ordre supérieur, égal ou inférieur: dire que la corolle est monopétale, c’est dire que la plante qui en est pourvue est dicotvlédonée, que les étamines sont insérées sur la corolle en nombre défini égal ou inférieur à celui de ses divisions. La connaissance de tous ces rapports constants entre les différentes parties, qui permet de conclure de la partie au tout comme du tout à la partie, est la base de la méthode naturelle; et, si celte connaissance était parfaite, on pourrait dire que la méthode est la science elle-même, puisque la place qu’elle assignerait à chaque plante résumerait son organisation, et que de son organisation dépend toute sa manière de vivre. Aussi voyons-nous qu’en général dans une famille vraiment naturelle règne un grand accord de ses propriétés économiques ou médicales entre les plantes qui la composent : ce qui doit peu étonner, puisque la similitude d’organes doit y entraîner celle des produits. Celte vérité donne à la méthode naturelle un grand avantage sous le point de vue d’utilité pratique.

§ 701. Classes. — Les familles une fois constituées, il s’agissait de les coordonner entre elles de manière à rapprocher à leur tour celles qui se ressemblent le plus et éloigner celles qui se ressemblent le moins. Le procédé suivi pour le groupement des genres s’offrait naturellement; les caractères communs à plusieurs familles à la fois permettaient d’en réunir plusieurs on groupes plus

élevés, et la subordi nation des caractères établie indiquait dans quel ordre ils devaient être employés. Celui de l’embryon marchait évidemment en avant de tous les autres et partageait le règne végétal en trois grands embranchements : les acotylédonées, monocotylédonées et dicotylédonées. Après ce caractère fondamental, mais bien au-dessous de lui, A.-L. de Jussieu plaça l’insertion des étamines, hypogyne, périgyne ou épigyne. Mais, dans les dicotylédonées , ces étamines se soudent par leurs filets avec la corolle torsqu’elle est monopétalo ; de manière que dans ce cas leur insertion, au lieu d’avoir lieu immédiatement sur le torus, sur le calice ou sur l’ovaire, ne s’y fait que par l’intermédiaire de la corolle naissant à l’un de ces trois points. Le caractère de la corolle, ainsi lié à celui de l’insertion, marche de pair avec lui. L’insertion n’est que l’expression de la situation relative des deux ordres d’organes de la fleur, des étamines, par rapport au pistil, dans une même enveloppe. Mais, s’ils sont séparés sur des Heurs différentes, celte relation n’a pas lieu, et c’est le fait même de leur séparation qu’il faut exprimer. Telles sont les principales considérations d’après lesquelles les familles furent distribuées en 15 classes, que voici résumées par un tableau qui les fera plus facilement comprendre. Les termes employés dans les premières colonnes ont été précédemment definis (§ 373, 381, 382); ceux de la dernière ont été proposés à une époque plus récente pour pouvoir désigner chaque classe plus commodément.

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