‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 180 sur 262 · Diagramme de là même · texte numérisé non relu

Diagramme de là même

543. Coupe verticale de cette fleur. — c c Périanthe. — e Etamines. — a Ovaire.

— s Style et stigmates. — ij Ovules.

544. Graine séparée et coupée dans sa longueur. — t Tégument. — /< Périsperme

— c Embryon.

decine, comme la Scille, les Aloès, et d'autres qu’il serait trop long d’énumérer.

Dans la famille voisine , celle des Mélanthacées (Colchique, Veratrum ), on remarque beaucoup plus d’énergie encore, et l’on trouve de véritables poisons.

752. Amaryllidées. — Supposons des Liliacées où les divisions du périanthe se soient soudées inférieurement entre elles et avec l’ovaire, et nous aurons cette nouvelle famille qui offre les mêmes caractères de végétation, la même symétrie dans sa (leur. Ses graines présentent des modifications analogues dans la texture de leur testa, surtout si on lui réunit la petite famille voisine des Hypoxydées , qui en diffère au même titre que la tribu des Asphodélées diffère des autres Liliacées, ainsi que nous venons de le voir. Dans quelques genres dont on forme une tribu distincte sous le nom de Narcissèes, les divisions du périanthe sont doublées intérieurement, à la hauteur où elles se séparent, d’un repli ou languette colorée, d’où résulte une sorte de collerette générale entière ou dentée. On observe dans quelques Amaryllidées une singulière modification de la graine, dont le tégument ou le périsperme, perdant leur consistance ordinaire, se gonflent en un tissu cellulaire lâche, succulent et verdâtre, et atteignent des dimensions très-supérieures à celles qu’elles ont à l’état normal. On nomme ces graines bulbiformes , à cause de leur ressemblance apparente avec un gros bulbille.

Les Amaryllidées sont recherchées comme plantes d’ornement à l’égal des Liliacées, et leurs sucs ont des propriétés analogues, plus prononcées encore.

§ 753. iridées. — Celles-ci, assez ressemblantes aux précédentes, s’en distinguent facilement par leurs trois étamines placées devant les trois divisions extérieures du périanthe , et dont les anthères s’ouvrent en dehors [fig. 545). Leurs filets sont quelquefois soudés en un tube. Les trois stigmates opposés aux anthères s’élargissent dans plusieurs en autant d’expansions pétaloïdes [fig. 545s), et ce sont eux qu’on récolte dans le Safran, où ils servent et par leur saveur si connue et par le principe colorant qu'ils renferment en grande quantité. Le perisperme des graines [fil 7. 547) est quelquefois formé par une chair dense, d’autres fois tout à fait corné. Cette consistance, qui rappelle celui du café, a suggéré l’idée d’essayer pour le remplacer la graine d’une espèce d’iris {[. pscudocicorus.) , et on prétend que , torréfiée et préparée de même, elle a présenté quelque analogie.

§ 7‘ji. Broméliacées — Cette famille offre tous les passages (le I ovaire libre à 1 ovaire adhérent; car les Tillandsiées , que les sections établies clans nos tableaux nous ont obligé de présenter a une certaine distance, n’en forment réellement qu’une tribu. Parmi celles-ci on trouve des plantes parasites vivant sur des arbres étrangers. Les graines sont souvent remarquables par un raphé qui, presque aussi épais que le reste de la graine, finit par s en séparer en partie, et par son embryon, qid est comme assis au sommet du périsperme, se prolongeant sur l’un des côtés en une pointe assez allongée.

Beaucoup de Broméliacées sont remarquables par la beauté de leurs (leurs, mais beaucoup moins répandues que les familles précédentes, parce que, toutes originaires des climats tropicaux, elles

545. Diagramme de la fleur de Y Iris germante t. — a Position de l'axe dans l’inflorescence.

546. Coupe verticale de cette fleur. — ce Divisions externes du périanthe. — ci Divisions internes. I Son tube, au-dessus de la partie adhérente à l’ovaire. — o Cet ovaire. — cj Ovales. — e Etamines. — s Stigmates.

547. Graine séparée et coupée dans sa longueur. — t Téguments. — p Périsperme. — e Embryon. — m Micropyle.

ne peuvent être cultivées qu’en serre. Lu plus connue est l’Ananas, si recherché à cause de son fruit (§ 531, fg. 429).

§ 755. Dioscoréacées. — Cette petite famille mérite d’ctre mentionnée à part, à cause de quelques points curieux de son organisation. Avec les Aroïdées et les Sinilacinées , elle offre une exception à la nervation ordinaire des feuilles dans toutes lesMonocotylédonées, puisque les siennes, par leurs nervures ramifiées et anastomosées en réseau, ainsi que par la forme de leur limbe, rappellent bien plutôt celles des Dicotylédonées. Cette singulière différence se fait au reste remarquer dès l’embryon, où le cotylédon s’aplatit et s’élargit lui-même en un limbe véritable (§ 5C6, fig. 461), et où la gemmule est presque à découvert. La tige est également remarquable; car si elle émet chaque année des rameaux grimpants, ils ne paraissent pas. comme dans les autres végétaux, partir d’une suite de nœuds successifs, mais bien d’une souche souterraine qui représente un premier entrenœud continuant à s’accroître et acquérant d’énormes dimensions. Nous avons eu occasion de citer celui d’une espèce, le Tamnus elephantipes (§ 100), curieux de plus par le développement à sa surface d’une sorte d’écorce subéreuse. Dans le Dioscorea alata, connu sous le nom d’igname , le rhizome renflé en un tubercule charnu, mucilagineux et un peu sucré, forme un des aliments les plus usités des habitants des régions équatoriales.

Le fruit charnu ou Sec et ailé peut faire distinguer deux tribus, les Tamnées et les Dioscorées.

§ 756. Musacées. — Le genre type de celte famille est le Bananier ou Musa, si répandu sur toute la zone torride, où son fruit, cité déjà plusieurs fois (§ 502, 537), forme aussi une des bases les plus importantes de l’alimentation. Nous avons également parlé de ses grandes feuilles (fig. 1 52) dont les longues gaines emboitées forment réellement la tige apparente à l’extérieur, tandis que la véritable se cache sous le sol. Nous avons décrit ses trachées si remarquables par leur grosseur et la multiplicité des fds spiraux parallèles (§ 9, fig. 39). On a souvent attribué à ces (ils des usages qu’ils n’ont pas, se rompant avec une assez grande facilité. Ceux qu’on tire de plantes de cette famille, et notamment de YAbaca ( Musa texlilis ), pour en former des cordes et des tissus d’un grand éclat, résultent de libres allongées, droites et analogues à celles du liber. Dans les (leurs des Musacées, dont quelques-unes sont extrêmement remarquables par leurs formes bizarres et leurs brillantes couleurs (celles du S trelitzia par exemple), une des six étamines avorte ordinairement, mais elle reparaît dans un autre genre (le Rave-

lit

je

fll

CANNACÉES. — SC1TAMINÉES.

naki). Los graines solitaires ou réunies plusieurs dans chacune des trois loges du fruit charnu ou déhiscent, présentent ordinairement un arille frangé et diversement coloré.

§ 757. Cannacées. — Elles se rapprochent de la famille précédente par la forme de leurs feuilles à nervures transversales, distiques et portées sur de longues gaines, qui, s’emboîtant l’une dans l’autre, fortifient et allongent les rameaux s’élevant d’une tige souterraine. Celle-ci devient, dans beaucoup d’espèces, un riche dépôt de fécule qui est d’une excellente qualité dans quelques-unes (notamment dans le Maranta arundinacea ) et bien connue sous le nom commercial d 'arrow-root. Les fleurs méritent toute l’attention des botanistes, qui, pendant long-temps, ont eu peine à les comprendre, à cause do la transformation irrégulière des étamines en véritables pétales, dont un seul conserve une trace de sa vraie nature par la présence d’une loge d’anthère sur l'un de ses bords. I e style et le stigmate lui-mème participent à cette .transformation, et les soudures diverses de toutes ces parties compliquent la difficulté, du reste maintenant bien résolue. Nous avons fait connaître la graine (§ 562) et sa germination ( ftg . 490) : quelquefois, au lieu d’être droite, elle est complètement pliée en deux sur elle-même.

§ 758. Scitaminées — C’est le même port que dans la famille précédente; mais dans la (leur, les étamines, tout en prenant aussi pour la plupart la forme d’autres organes, n’ont pas tout à fait les mêmes apparences et les mêmes rapports. Une seule conserve franchement sa nature, et se termine par une grosse anthère biloculaire ; une autre, placée vis-à-v is, se change en un grand pétale. Le reste est à un état rudimentaire et varié. Remarquons aussi qu’ici l’étamine fertile se place devant une des divisions intérieures du périanthe, et doit par conséquent appartenir ellemême au verticille des étamines intérieures; c’était le contraire dans les Cannacées.

La graine offre un fait extrêmement rare dans tout le règne végétal, fait qu’au reste explique facilement la théorie actuelle de l’ovule (§ 560) : c’est l’existence de deux périspermes concentriques de nature différente ( fi y. 548 pe , pi). L’extérieur est analogue à celui des Cannacées.

518. Graine de l’ Hedychium carneum, coupée verticalement. — L Tégument. — m Micropyle. — c Chalaze. — pe Périsperme externe. — pi Périsperinc interne. — e Embryon.

Les rhizomes, comme dans celles-ci, sont très-riches en fécule, mais elle n’est pas employée, en général, à cause du mélange d’une huile essentielle assez âcre, d'une odeur très-forte. D’une autre part, cette huile, répandue dans toutes leurs parties, leur communique un arôme qui leur donne un grand prix comme épices. Presque toutes les Scitaminées jouissent de cette propriété; il suffit de citer parmi elles l’Amome, la Zédoaire et le Gingembre. Une matière colorante très-précieuse est extraite de l’une d’elles, le Curcuma.

§ 759. Orchidées. — Les fleurs de cette famille fixent l’attention de l’observateur superficiel par la bizarrerie de leurs formes , du botaniste par une structure particulière. Cherchons, pour la bien comprendre, à la ramener au type connu des Monocotylédonées. Le périanthe adhérent avec l'ovaire, qui est sessile, se partage au-dessus de lui en six divisions, trois extérieures assez semblables entre elles, et trois intérieures différentes des premières, et les unes des autres. En général , les premières et deux des secondes se redressent en haut du côté de l’axe de l’inflorescence , la sixième se déjette en sens contraire, et de cette manière le périanthe devient comme labié , la lèvre supérieure étant formée par l’ensemble de cinq divisions, l’inférieure par la sixième, qui de là prend le nom de labelle. Dans la fleur très-jeune, ce labelle était situé du côté de l’axe [fig. 550); mais plus tard 1 ovaire, en se tordant sur lui-même , a interverti la position des parties en les portant dans celle, où nous les montre la fleur épanouie [fig. 549). C’est le labelle qui, par ses formes et sa coloration, souvent entièrement différentes des autres parties, contribue le plus à donnera la fleur un aspect singulier, et qui quelquefois offre une ressemblance grossière avec divers autres objets de la nature, notamment avec certains insectes. Nous devrions ensuite trouver trois étamines opposées aux trois divisions extérieures, et nous les trouvons en effet dans le sabot de Vénus [Cypripedium) ; seulement l’une des trois (celle qui est située vers le haut de la fleur) est stérile, et, au lieu de porter une anthère, s’est dilatée en une sorte d’écusson. Dans la plupart des autres Orchidées, au contraire, c’est cette troisième qui seule est anthérifère (fig. 550 e) et au premier coup d’œil les deux autres ont disparu ; mais un examen attentif les fait retrouver sous la forme de deux très-petits mamelons cellulaires qu’on nomme alors staminodes ( staminodia ) [fig. 550 s), et que, dans quelques fleurs monstrueuses, on a vus se développer en véritables anthères. Ce qui empêche de reconnaître facilement ce voit ici lie d’étamines, c’est qu’au lieu de s’insérer régulièrement

Page 1