CRUCIFÈRES
sineux, et c’est lui qui fournit, dans le Cistus creticus et autres, la substance balsamique connue sous le nom de labdanum.
§ 786. Nous ne ferons mention ici des Bîxînées que pour la matière tinctoriale, si connue sous le nom de Rocou , fournie par l’enveloppe pulpeuse de la graine du Bixa orellana, et qui, rouge dans la nature, devient jaune-doré par l’action des alcalis ; des Résédacées que pour celle cpii , sous le nom de Gaude, employée généralement pour teindre en jaune, est le produit d’une plante commune dans nos champs, le Rcseda lutcola. En regrettant de ne pas nous arrêter sur la fleur irrégulière et si intéressante de cette dernière famille, nous appellerons l’attention sur l’écartement terminal des parois de son ovaire, qui en laisse la cavité à découvert, comme si la soudure des familles carpellaires , ordinairement si complète, s’était ici arrêtée en routé. La (leur, si curieuse souvent aussi dans son irrégularité, des Capparîdées, serait l’objet de notre examen si l’espace ne nous manquait : les câpres sont les boutons du genre Capparis , qui leur sert de type.
§ 787. Crucifères. — 4 sépales en croix, 4 pétales alternant avec eux [fi g. 28 4), 6 étamines létradynames insérées sur ou en dedans de 4 glandes dont l’ensemble forme un disque hypogynique [fig. 627), un ovaire à deux placentas pariétaux, une silique (fig. 630, 631) pour fruit et des graines sans périsperme, tels sont les caractères qui distinguent facilement et sûrement cette famille si naturelle et si répandue dans notre pays. Nous avons défini la silique (§ 528, fig. 426) avec sa cloison si différente des autres et déterminant la coexistence de deux caractères ordinairement incompatibles, la placentation pariétale et la pluralité de loges (fig. 629, 632, 633); nous avons vu les diverses manières dont la radicule se plie sur les cotylédons (fig. 472, 473, 469, 482). Les espèces sont presque sans exception herbacées ; leurs feuilles alternes et sans stipules, leurs (leurs blanches ou jaunes, rarement rougeâtres. Elles sont remarquables par la présence dans leurs tissus d’une grande proportion d’azote et d’une huile volatile; à la première, elles doivent leurs propriétés nutritives, dont les nombreuses variétés de choux fourniront le meilleur exemple, mais aussi leur facilité à se putréfier, et l’odeur infecte et animale qu’elles donnent en formant de l’ammoniaque. Elles doivent à la seconde des propriétés stimulantes, si exaltées dans la moutarde, et qui, plus affaiblies et tempérées en outre par une matière sucrée, font le mérite de certaines racines, le radis et la rave. Cet affaiblissement, qui résulte naturellement de leur séjour sous la (erre à l’abri de la lu-
mière , on le provoque artificiellement dans des parties extérieures : en les faisant avorter, comme dans l’inflorescence des Choux-Fleurs ; en recouvrant leurs jeunes pousses, comme dans le Crambe; et ne choisissant que les feuilles intérieures des bourgeons, comme dans les Choux pommés. La médecine met à profit ces propriétés excitantes, et s’en sert pour rendre le ton aux organes dans certaines maladies débilitantes, le scorbut surtout. Les Crucifères, en effet, sont éminemment antiscorbutiques, et d’une manière si générale, que dans un célèbre voyage l’équipage attaqué de ce mal fut guéri
626-633. Organes de la fructification d’une Crucifère ( Erysimum murale).