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Embryon

656. Sa coupe vers le milieu de sa hauteur pour montrer l’agencement de ses cotylédons.

vaire (commun, au reste, à tout le groupe), assez souvent entouré extérieurement d’un involucre ou calicule (fig. 273) ; leurs pétales, en général grands, obliques et obcordiformes , tordus même après l’épanouissement; leurs étamines à filets réunis dans une partie de leur longueur en un cylindre qui se soude inférieurement avec la base des pétales, se termine supérieurement par un bord entier ou quinquelobé, et se divise extérieurement en un nombre plus ou moins considérable de filets, chacun terminé par une anthère réniforme, uniloculaire [fuj. 311, 651), remplie d’un pollen à gros grains globuleux et hérissés; leurs carpelles, verticillés autour d’un gros axe central en forme de colonne (fig. 408, 652) du sommet de laquelle partent les styles soudés ensemble, excepté à leur extrémité (fig. 389, 650 s), renferment chacun une ou plusieurs graines, dans lesquelles l’embryon sans périsperme reploie sa radicule entre ses cotylédons plissés (fig. 655, 656). Les feuilles alternes, stipulées, sont la plupart plus ou moins profondément lobées, et alors, en général, fort sujettes à varier. Les diverses parties sont ordinairement tout imprégnées d’une substance mucilagineuse qui leur donne les propriétés émollientes par lesquelles elles sont renommées. C’est à celte famille qu’appartiennent les Gossypium, dont les graines sont recouvertes de ce lacis de filaments fins qui constitue le coton, si important pour l’industrie.

Les Bombacées, dont quelques espèces offrent également des graines revêtues d’une sorte de peluche qu’on emploie aussi, quoique moins généralement , forment une famille extrêmement voisine des Malvacées, distincte par son port plutôt que par des caractères de fructification bien nettement tranchés, et parmi lesquels la forme du pollen différente est peut-être le plus constant. Nous ne les citons au reste ici que comme fournissant les plus gros arbres de la terre. Le plus connu est le Baobab ( Adansonia ), qui habite les côtes occidentales de l’Afrique sous les tropiques. Mais d’autres Bombacées peuvent presque rivaliser avec ce géant des végétaux. Leurs branches, qui s’étendent au loin et vers leur extrémité, se rapprochent de la terre en s’inclinant sous leur propre poids . couvrent des espaces de terrain assez considérables pour qu’un seul arbre, vu de quelque distance, prenne l’apparence d’un bois tout entier. C’est que du reste leur développement est moins remarquable en hauteur qu’en largeur; et leur tige, au lieu de s’élancer en colonne , se renfle plus ordinairement en forme de barrique monstrueuse. En examinant dans les ouvrages botaniques artistiques les vues par lesquelles on a cherché à peindre cette végétation tropicale, on ne manquera pas de remarquer plusieurs ar-

TERNSTRŒMIACÉES. 625

bres de celte même famille remarquables par leurs dimensions ou même la bizarrerie de leurs formes. Sous ce rapport, nous recommanderons le Chorisia ventricosa , dont le tronc, dilaté vers la moitié de sa hauteur, rétréci insensiblement vers sa base et son sommet, offre l’apparence d’un fuseau gigantesque.

C’est aux Byttnérîacée» qu’appartient l’arbre qui fournit le cacao (Theobroma). C’est son embryon charnu, oléagineux, de couleur brunâtre, de consistance de cire, qui, après avoir été torréfié, sert à la fabrication du chocolat, dans lequel on tempère par le mélange du sucre l’amertume assez intense de la matière. La pulpe huileuse, qui remplissant la loge entoure les graines, participe un peu à leur saveur, et est employée sous le nom de beurre de Cacau.

§ 793. Les Temstrœmiacée» se divisent en plusieurs tribus, dont l’une, celle des Camelliées , mérite de nous arrêter un instant par deux arbrisseaux qui s’y rapportent : l’un, 1 eCameltia, que la beauté de ses fleurs (nommées vulgairement roses du Japon ) a mis à la mode, et dont la culture en conséquence a su obtenir de si nombreuses et riches variétés; l’autre, dont bien peu de personnes connaissent les fleurs, quoique fort élégantes aussi, mais dont les feuilles sont devenues un des objets de commerce les plus importants de la terre, le The. On sait qu’il est originaire de la Chine et que c’est elle qui le fournit à la consommation du monde , quoiqu’on ait commencé à essayer sa culture dans quelques autres pays, notamment au Brésil. La feuille recueillie jeune est légèrement torréfiée et pressée pour la débarrasser d’un suc assez abondant, âcre et légèrement corrosif; on l’enroule ensuite, et on la dessèche plus ou moins rapidement, selon qu’il s’agit de la fabrication du thé vert ou de celle du thé noir, pour lequel on emploie d’ailleurs des feuilles un peu plus âgées et conséquemment plus ligneuses. Ainsi préparées, elles contiennent, outre plusieurs substances qui leur sont d’ailleurs communes avec toutes les autres feuilles, trois autres qui leur donnent leurs propriétés particulières : 1°unc huile essentielle, qui communique au thé son arôme; 2° de la théine , substance quaternaire, riche en azote puisqu’elle est composée do 8 atomes de carbone, 10 d’hydrogène, 2 d’azote, 2 d’oxygène; 3° de la caséine, autre substance azotée que nous avons appris ailleurs à connaître (§301). Cette dernière est insoluble dans l’eau chaude qui dissout les deux autres, les seules par conséquent qui se trouvent dans l’infusion du thé telle que nous la prenons. Ce n’est donc pas une boisson excitante seulement, mais elle est en même temps nourrissante, puisqu’ellepeut contenir de la théine jusqu’à plus de (> pour 100 du poids du thé employé, un peu moins en général,

d’après sa qualité et le degré plus ou moins parfait de la dissolution. Cette propriété du thé, qu’on soupçonnait si peu autrefois, rend compte de son usage si général dans d’autres pays que la Franco , et du degré de concentration qu’on aime à donner à son infusion. Mais les Chinois et autres peuples asiatiques ne s’en contentent pas : ils mangent les feuilles ainsi bouillies. Or comme, après avoir été épuisées des principes solubles, elles se trouvent retenir la caséine, et en telle proportion que ce résidu peut en contenir 28 pour 100, il fournit un aliment plus riche encore en azote des -f que la boisson.

§ 799. Les Guttifères doivent ce nom à la présence d’un suc gommo-résineux, ordinairement jaune, âcre et amer, connu dans plusieurs des espèces de cette famille sous le nom de gomme-gutte , et si généralement employé dans la peinture. L’énergie de son activité, qui provoque à certaine dose un véritable empoisonnement par inflammation, a fait proscrire son usage à l’intérieur, quoiqu’on accuse certains remèdes purgatifs très-actifs de lui emprunter une partie de leur puissance. Ce suc ne se retrouve pas dans la pulpe des fruits; car il en est plusieurs qu’on mange, et même l’un d’eux, le mangosian, passe pour le plus délicieux des tropiques.

§ 800. Nous citerons les Érythroxylées pour le Coca ( Ery throxylum coca), l’une de ses espèces, dont les feuilles sont trèsusitées au Pérou : on les mâche avec un petit mélange de poudre de craie, et les ouvriers des mines en font surtout un continuel usage. On dit qu’ils peuvent, par ce secours, se passer long-temps de toute nourriture, même en se livrant à un travail assez rude ; et, dans ce cas, il semblerait que cette feuille, comme celle du thé, doit contenir un principe très-nourrissant. Mais d’autres voyageurs lui attribuent un tout autre effet, qui s’accorderait peu avec le récit des premiers : ce serait un puissant narcotique, dont les effetssurpasseraient ceux de l’opium lui-même. 11 serait donc fort intéressant que la chimie nous fît connaître la composition du coca.

§ SO I . Les Malpîghîacées présentent toutes une modification de l’ovule, que M. Grisebach a nommé lycotrope (de Xuxoç, mors de cheval). Il présente en effet la forme d’un mors, ou mieux d’un hameçon dont le funicule pendant formerait la moitié d’un des côtés , l'ovule recourbé en sens inverse la courbure et l’autre moitié ascendante. Aussi l’embryon, se modelant sur cette courbure de l’ovule où il se forme, a-t-il presque toujours ses cotylédons pliés sur eux-mêmes. Faisons remarquer que dans cette famille , ainsi que dansla suivante et plusieurs autres polypétales, une partie des gcnresa des fruits charnus, une autre partie des fruits secs, des sa--

SAPJNDACÉES. — MÉLIACÉES. 027

marcs pour le plus grand nombre : ce sont même les Malpighiacées qui peuvent fournir les exemples des modifications les plus variées de cette sorte de fruit. Nous en avons représenté un ( fig . 401). Toutes sont des arbres ou arbrisseaux, et beaucoup des lianes remarquables par une structure anormale (§ 86, flg. 106, 107). Nous avons également fait connaître (§ 231, fîg. 218) la structure des glandes qui existent communément sur leurs feuilles ou leurs pétioles, et dont la présence est si caractéristique sur leurs folioles calicinales, au dos desquelles elles s’accolent par paires, ainsi que les poils particuliers au genre Malpighia (§248, fîg. 21 4), d’où ils empruntent leur nom.

§ 802. Les Sapîndacées sont également remarquables par ia structure de leurs lianes (§88, fg. 109). Elles le sont aussi par leur défaut fréquent de symétrie entre les étamines, souvent réduites à 8, et les enveloppes, dont le nombre est quinaire; par les pétales, souvent doublés chacun comme d’un second pétale intérieur. Les fruits charnus de plusieurs espèces se mangent; ‘et ceux des Euphories, connus sous les noms de litchi et de longan , sont des plus estimés en Chine. Ceux du Sapindus saponaria et quelques autres se distinguent par une tout autre propriété de leur chair, celle de fondre lentement dans l’eau à la manière du savon, de la blanchir en la rendant mousseuse et propre au dégraissage. On en extrait, par l’alcool, une substance blanche, très-soluble dans l’eau sur laquelle elle produit l’etfet dont nous venons de parler, neutre, non volatile, composée seulement de carbone, hydrogène et oxygène : c’est la saponine, la même qu’on obtient de la racine de la Saponaire et autres Caryophyllées.

§ 803. Dans les Méliacées nous observons un remarquable exemple de ces doublures d’étamines dont nous avons parlé (§ 424). Le filet est accolé en tout ou en partie à une lanière assez large et ordinairement bifide au sommet, placée en dehors de lui, et ces lanières se soudent entre elles par leurs bords, de manière à former un tube qui porte les étamines. Un autre tube, plus court, entoure souvent l’ovaire. La graine est ou périspermée (dans les Méliées ) ou sans périsperme (dans les Trichiliées). Les feuilles, le plus souvent, sont composées une ou plusieurs fois. Les propriétés de ces plantes amères, astringentes et toniques peuvent acquérir une intensité telle qu’elles déterminent le vomissement, la purgation et même l’empoisonnement. L’amertume se retrouve dans l’huile des graines charnues de quelques espèces, notamment du Campa, dont les indigènes de la Guyane enduisent leurs corps nus, qu’ils savent ainsi soustraire aux attaques des insectes.

§ 804. Dans les Cèdrelacées , famille très-voisine et autrefois confondue, nous retrouvons les mêmes principes, mais autrement combinés, tellement que les excitants disparaissent presque, tandis ■ que les amers, dominant, donnent des qualités fébrifuges à plusieursespèces, dont l’écorce est employée a ce titre avec succès dans lespays où elles croissent. Us contribuent aussi, sans doute, à préserver le bois des ravages des insectes, et concourent à sa longue durée 1 avec la finesse et la densité de son grain. Les arbres de cette famille, en effet, sont en possession de fournir les bois les plus recherchés pour l’ébénisterie, et il nous suffira de citer parmi eux. l’acajou [Su'ietenia mahogoni), quoique plusieurs autres, moinsrépandus par le commerce, soient estimés autant et plus dans leur patrie

§ 803. Les Aurantiacées ont pour type l’Oranger, dont le fruit a : reçu de quelques auteurs le nom d'h espéridie et nous a déjà occupés plusieurs fois (§ 305, 512, 521). Il est à peu près le même dansla plupart des autres genres, sauf des modifications de forme, de grandeur, de couleur, de saveur; mais la variété de celles-ci est' extrême, et c’est un exemple frappant de l’influence de la culture sur les fruits domestiques. Toutes les parties sont criblées de petites glandes vésiculaires ou cavités remplies d’une huile volatile, dont la nature peut varier suivant les divers organes, et qui parsèment les feuilles de points transparents au jour. Ces feuillessont simples ou souvent composées, et nous citerons, à ce sujet, celles de l’Oranger, qui semblent dans le premier cas, mais où la présence de deux rebords foliacés sur le pétiole et l’articulation de1 la feuille au-dessus d’eux indique clairement une feuille trifo- bolée. Leur bois est dur et compacte, et, comme tel, employé en ébénisterie : par exemple, celui de Citronnier.

. POLYPÉTALES PERIGYNES.

§ 806. Nous pourrons diviser les périgynes, comme les hypogynes, d’après la placentation axile ou pariétale. La graine est pourvue d’un périspermc dans un certain nombre de familles et en esdépourvue dans d’autres ; ce qui nous permet d’établir deux section* dans les périgynes à placentation axile , sections entre lesquelles ■ nous placerons celles à placentation pariétale, pour obtenir uni série qui se lie mieux avec les parties précédente et suivante de h série générale.

(Tableau XI, page 628.)

.lf.s. Tableau XI.

POLYPÉTALES PÉRIGYNES

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