‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 225 sur 262 · LÉGUMINEUSES · texte numérisé non relu

LÉGUMINEUSES

fruits, et c’est ce qui permet de manger les cosses de plusieurs de ces gousses encore jeunes.

Quant aux graines, elles sont de plusieurs sortes : les unes à cotylédons minces et foliacés, non alimentaires; les autres à cotylédons épais, qui le sont fréquemment. Ce sont celles qui en naissant se remplissent d’une abondante fécule, comme les haricots, fèves, lentilles, petits pois, vesces, etc., et beaucoup d’autres moins communes ou exotiques , dont les noms ne nous rappelleraient pas des objets aussi familiers. Remarquons (pie cette fécule est mêlée de principes azotés très-abondants et qui en font encore un aliment beaucoup plus substantiel ; remarquons aussi qu’elle ne se forme et s’accumule quo graduel leyient dans la graine qui, dans son premier âge, bornée pour sa plus grande partie à ses téguments, offrait des cellules remplies de ces principes et d’un mucilage sucré, et, par conséquent, donnait, a celte époque, une nourriture différente de celle qu’elle doit donner plus tard. Des pois, par exemple, petits et nouveaux, ou vieux et gros, sont deux mets aussi différents pour l’alimentation quo par la saveur. Dans d’autres les cotylédons sont charnus -oléagineux, comme par exemple dans VÂrachis hi/pogœa (vulgairement Pistache de terre), qui peut fournir une grande proportion d’huile, et, sous ce rapport, est devenue, dans cos derniers temps, un objet de spéculation. D’autres fois c’est une huile essentielle qui aromatise la graine, et c’est ainsi que celle du Coumarouna odorala (vulgairement la fève de Tonka) sert à parfumer le tabac. Les graines à cotylédons foliacés ont souvent des propriétés toutes contraires et deviennent purgatives : par exemple , celles du Bagucnaudier, de plusieurs Genêts et Cytises, etc., etc. 11 faut donc user de précautions dans les essais auxquels on serait tenté de se livrer, par la ressemblance extérieure des fruits avec nos légumes les plus familiers.

Mais ces propriétés purgatives se retrouvent dans d’autres parties : dans les feuilles, dans les péricarpes, surtout ceux qui sont foliacés. Le médicament le plus connu sous ce rapport est le séné (feuilles et principalement fruits des Cassia senna cl acuti folia, qui nous viennent de l’Orient) : on en extrait une substance particulière, la catarthine, qui paraît être là le principe actif ; mais c’en est sans doute un différent que contient la pulpe qui remplit la cavité du fruit dans la casse en bâton [Cathartocarpus /istula), dans le Tamarin, le Caroubier, et dont l’action est infiniment plus douce. Les propriétés précédentes s’observent surtout dans les Cæsalpiniécs. Dans les Mimosées, c’en sont d’autres, toniques et

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astringentes, dont nous no citerons qu’un exemple, le cachou, suc d’un Acacia ( A.cathecu ) qu’on obtient par extrait, c’est-à-dire en faisant bouillir le cœur de son bois, puis laissant évaporer, épaissir et sécher la dissolution obtenue. La présence abondante du tanin rend compte de ces propriétés, et donne à l’écorce de plusieurs autres de ces plantes une grande valeur pour la préparation des cuirs.

Parmi d’autres produits de certaines Légumineuses , on trouve quelques résines, comme l’une de celles qu’on appelle sangdragon , extraite ici du Pterocarpus draco; quelques-unes, encore liquides, parce qu’elles retiennent une portion de l’huile volatile qui les tenait en dissolution dans le végétal, comme le Baume de Copahu (fourni par plusieurs espèces de Copaïfera , notamment Y ofjicinalü) ; quelques autres, associées à de l’acide benzoïque, et constituant par conséquent de véritables baumes, comme ceux du Pérou [Myrospermum peruiferum), de Tolu [M . toluiferum).

C’est encore cette famille qui produit les gommes les plus estimées : Y arabique (fournie par divers Acacias, et surtout le nilotica ) , celle du Sénégal (fournie par d’autres Acacias) , Yadragante (faussement attribuée à un sous-arbrisseau du midi de l’Europe, YAstragalus tragacantha, mais provenant d’especes orientales du même genre : les A. gummifer, verus, creticus ).

Enfin, la teinture emprunte aux Légumineuses plusieurs matières précieuses, comme le boisdecampèche ( Hœmatoxylum campcchianum) , d’un rouge-brun, cédant facilement à l’eau et à l’alcool sa couleur, due à un principe particulier qu’on appelle Yhèmatine ; et surtout Yindigo, dont nous avons déjà signalé le principe colorant ou indigotine dans des familles bien éloignées, mais qu’on extrait surtout de celle-ci et de plusieurs espèces du genre Indigofera. Ces plantes bisannuelles sont cueillies dès la première année, plongées dans l’eau, où on les laisse fermenter, qu’on soutire ensuite, et qu’on agite au contact de l’air jusqu’à ce qu’elle soit devenue bleue par la combinaison de son oxygène avec l’indigotine ; puis on aide la précipitation de la matière en suspension par un mélange d'eau de chaux, et on fait, par l’évaporation, sécher le précipité.

§ 809. Rosacées. — Voici encore une famillequ’on peut considérer comme une association de plusieurs qu’il est impossible d’éloigner les unes des autres, tout en les dissociant. Son étude est instructive, en nous montrant comment certains caractères peuvent varier dans un même groupe naturel ; comment, en suivant ces variations d’un état extrême à un autre, par une suite d’intermédiaires, nous ne pou-

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