Embryon séparé
CONVOLVULACÉES. — GENTIANÉES. 663
distinctifs des vraies Convolvulacées ont été indiqués dans le tableau XIV : ajoutons ici la disposition nettement quinconciale des cinq folioles du calice insérées à des hauteurs inégales, la corolle a cinq plis qui sont tordus dans le bouton (fig. C38, 939 p), la déhiscence loculicide de la capsule. La plupart des espèces de cette famille sont grimpantes, et, lorsqu’elles sont en même temps ligneuses, on peut y remarquer ce caractère que nous avons signalé dans beaucoup de Lianes, l’enchevêtrement du système cortical avec lo système ligneux. Ce dernier forme ici une colonne centrale autour de laquelle s’agencent d’autres faisceaux ligneux disposés en anneaux concentriques, et, suivant l’âge de la plante, plus ou moins nombreux. La substance corticale s’interpose entre ces anneaux, et, dans chaque anneau, entre les faisceaux divers qui le composent. Elle se dessine sur une coupe fraîche d’autant plus nettement qu’elle est en général dans les plantes de cette famille parcourue par des lat icifères pleins d’un suc laiteux, et que ce suc, en s’épanchant sur la coupe, rend plus distinct le réseau cortical qui encadre tous ces faisceaux ligneux. Ce suc est en général extrêmement purgatif, qualité dépendante de sa nature résineuse. Elle a été constatée dans un grand nombre d’especes du genre Convolvulus ou Liseron, dont quelques-unes sont surtout employées en médecine, comme le J olap [C. jalapa), la Scammonée [C. scammonia ), le Turbith végétal ( C . turpelhum) et autres. Ce sont surtout les racines où ce principe abonde et dont on les extrait. Il est remarquable qu’on en trouye dans le même genre d’autres qui, par sa suppression presque complète et un énorme développement, deviennent des aliments sains et recherchés. Telle est entre autres celle de la Patate ( C . batatas). Le C. dissectus contient une proportion notable d'acide hydrocyanique : aussi est-ce une des plantes avec lesquelles on prépare la liqueur de noyau.
§ 839. Gentianées. — Nous les avons vues figurer (Tableau XIV) parmi les familles à placentation pariétale et aussi axile. C’est que les bords de leurs deux carpelles chargés de graines, tantôt se réunissent presque immédiatement, tantôt s’accolent en se réfléchissant vers l’intérieur de la loge plus ou moins et de manière à y former deux cloisons incomplètes ou complètes. Nous avons indiqué parmi leurs caractères l’opposition des feuilles : on l’y observe en effet, excepté chez deux genres assez abondants dans nos eaux, le Villarsia et le Menyanthes, celui-ci dont les feuilles sont non-seulement alternes, mais composées, tandis qu’on les trouve simples dans toutes les •autres. Aussi a-t-on distingué une petite tribu des Mènyanthées. Toutes les. Gentianées sont douées dans leurs diverses
partie» (l’une amertume extrême qui les rend toniques, stomachiques et fébrifuges.
§ 840. Apocinées et Asclépîadées. — Ces deux familles, primitivement réunies en une seule, dont elles étaient considérées simplement comme deux tribus, présentent en effet les plus intimes rapports et ne différent que par la disposition de leurs étamines, distinctes dans les premières, où le pollen offre la structure pulvérulente habituelle, tandis que dans la seconde il se réunit en masses ou granuleuses ou plus souvent d’une dureté comparable à celle de la cire, au nombre de 10 en général, c’est-à-dire une dans chacune des loges des cinq anthères biloculaires et exlrorses, appliquées sur le pourtour d’un gros stigmate pentagone. A une époque peu avancée du développement de la fleur, dans cinq sillons de ce stigmate qui alternent avec les anthères, s’organisent deux petits corps glanduliformes, plus tard confondus, prolongés chacun en une sorte do queue gélatineuse, laquelle, au moment de la déhiscence, s’unit à l’extrémité de la masse pollinique correspondante et la tire à lui hors de la loge, de sorte qu’examinés à cette époque, cette masse, la glande portée sur le stigmate et son prolongement ne semblent plus faire qu’un seul corps. Ce corps pollinique [fig. 709) est formé d’un tissu cellulaire à cellules intimement unies renfermant chacune un grain à membrane simple, dont la paroi cellulaire environnante doit être considérée peut-être comme la membrane externe. Quoi qu'il en soit, une fente longitudinale finit par s’établir sur l’un des côtés de la masse , et des cellules ainsi ouvertes s’échappent les grains p qui viennent s’appliquer seulement à la partie inférieuie du gros stigmate [fig. 708 pp ), auprès de l’insertion du style dans lequel les tubes polliniques pénètrent ainsi. Cette organisation du pollen ne peut être guère comparée qu’à celle que nous avons précédemment fait connaître dans un certain nombre d’Orchidées, et est assez singulière pour justifier la distinction des Asclépîadées. Ajoutons un autre trait qui caractérise beaucoup de leurs genres : c’est l’existence d’autant d’appendices de forme variable opposés à chacune des étamines, et qui forment au dedans de la corolle un verticille aussi développé qu’elle et décrit sous le nom de couronne ( fig . 707, 708 a). Nous avons fait connaître la disposition des deux ovaires distincts, ainsi que les styles qui les terminent [fig. 708 o, s) réunis seulement au moyen du gros corps stigmatique que nous venons de décrire. Ils se changent plus tard en deux follicules polyspermes [fig. 711 ) dans toutes les Asclépîadées et dans toutes les vraies Apocinées ; mais, dans une tribu de celles-ci ( Ophioxilèes ), deviennent deux drupes, et dans
APOCINÉES. — ASCLEPTADÉES.
fitiô
Al
706-713. Organes de la fructification de VAsclepias nivea. — c Calice. — p corolle. — a Appendices formant la couronne. — g Corps glanduleux portés sur les stigmates et portant les masses polliniques.