‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 257 sur 262 · VÉGÉTAUX FOSSILES. 7*U · texte numérisé non relu

VÉGÉTAUX FOSSILES. 7*U

les phanérogames , quelques numocotylédonés , mais pas d’autres dicotylédones que îles espèces appartenant à la classe des gymnospermes (§ 7bl), c’est-à-dire des Cvcadées ou Conifères, ou du moins des familles qui devaient être analogues. Des premières se rapprochent les Sinilliina [G col. , tig. U)l), et les Stigmaria (Géol., lie. 192); des secondes, les ll'aliliia [ Géol ., fig. 193), qui ont quelque rapport avec nos Araucaria. Plusieurs des restes confondus sous le nom de’ Calamites semblent aussi devoir faire partie de cette classe de végétaux, tandis que d’autres sont de vraies Equisclacces, dont quelques-unes étaient alors des arbres [Géol., fig. IS7, ISS) assez élevés, au lieu d’être comme aujourd’hui des herbes à tiges humbles et faibles. Ou en peut dire autant des Lycopodiaeées : on a découvert des troncs entiers du genre I.epuladendron (Géol., fig. 189, 190) qui peuvent avoir jusqu’à vingt mètres de longueur. Mais ce sont surtout les Fougères qui abondent dans celte flore d’un autre temps, dont elles forment à elles seules presque la moitié; et il est à remarquer que beaucoup d’elles étaient aussi des arbres, quoiqu’on les trouve pour la plupart dans la zone tempérée, hors des climats où croissent aujourd’hui les Fougères arborescentes. D’ailleurs toutes les espèces sont analogues à celles que nous voyons vivre maintenant sous les tropiques, et non sur cette même zone, et il est permis d’en conclure qu’elle jouissait alors d’une température beaucoup plus élevée. Celle grande proportion des cryptogames vasculaires, relativement au reste des végétaux, semblerait indiquer aussi qu’à ces conditions de chaleur s’ajoutaient encore celles d’un climat beaucoup plus humide et uniforme, et que par conséquent ces forêts devaient couvrir des terres coupées de toutes parts par des bras de tner, et peu élevées au-dessus de son niveau, plutôt que de grands continents laissés à sec (§ 883). On ne saurait douter que la houille ne doive son origine aux masses de tous ces végétaux accumulés, altérés et ensuite modifiés comme h; seraient les couches de tourbe de nos marais si elles étaient recouvertes par des bancs puissants de substances minérales, comprimées sous leur poids et exposées en même temps à une température élevée : il paraît ainsi probable que son mode tic formation a dû avoir quelque analogie avec celle de nos tourbières (§ 897).

^ 91b. Cette végétation puissante, quoiqu’uuiforme , disparaît dans les couches qui recouvrent le terrain boitiller; et dans celles des terrains secondaires qui suivent, où se rencontrent des plantes fossiles, c’est en nombre beaucoup moindre : ce qu’explique peut-être cette considération, que la plupart de ces terrains se sont déposés dans la mer , de sorte que les végétaux terrestres qu’ils peuvent renfermer ont dit être transportés d’ailleurs au milieu de cette masse énorme de liquides, et dispersés au loin, lorsqu'ils n'ont pas clé complètement détruits. Néanmoins quelques points où sont venus affluer et s’accumuler ces débris végétaux offrent encore une flore comparativement assez riche. Ainsi après le terrain pénéen [Géol., $ 113) où l’on n’a trouvé que quelques plantes marines, le terrain keuprique (Géol., § 1 là) se fait remarquer par la présence de plantes terrestres des mêmes familles que nous avons précédemment mentionnées; la formation du grès bigarré par une proportion à peu près égale de cryptogames vasculaires et de phanérogames, parmi lesquelles ou doit citer plusieurs espèces d’un genre de Conifères, le Vo llziti (Géol., lig. ‘209), mais où manquent les Cycadées;

tandis qu’elles recommencent à se montrer clans le calcaire couchylien, cl abondent dans les marnes irisées, où elles entrent pour la moitié de la flore {Géol., fi {J. 209), proportion bien remarquable pour une famille dont on ne connaît plus aujourd'hui qu’une trentaine d’espèces vivantes. Cette proportion diminue à peine dans la flore plus riche du système oolitiqtte des terrains jurassiques [Geo!., § 1 17), où les Cyeadées s’associent de nouveau aux Conifères, où les Fougères entrent de leur côté pour moitié à peu près, et où se trouve aussi un ti quisetum gigantesque ( Géol ., fig. 238). Les terrains secondaires se terminent par celui de la craie [Géol., § 119), dans les premiers dépôts de laquelle se rencontrent encore diverses espèces de Cyeadées {Géol., fig. 267), Conifères, Équisetacées, Fougères, mais qui du reste n’offre que des plantes marineset en très-petite quantité. Nous voyons donc que dans toute cette période qui suit la formation houillère et précède celle des terrains tertiaires, les monuments peu nombreux de la végétation terrestre, continuent à nous montrer la prédominance des cryptogames vasculaires et des gymnospermes; celles-ci, les Cyeadées surtout, dans une proportion toujours croissante; l’absence de toute phanérogame dicotylédonée cl un nombre assez insignifiant de motiocolylédonées.

§ 917. Le caractère général de la végétation change complètement dans la période tertiaire, celle pendant laquelle se déposèrent les terrains qui forment maintenant le sol des principales capitales de l’Europe, de Paris, de Londres, de Vienne. Dès lors les conditions extérieures semblent tendre à l’équilibre dans lequel nous les voyons maintenant : car les rapports des grandes classes de végétaux entre elles, se rapprochent de plus eu plus de ceux que nous avons constatés dans l’état actuel. Ainsi, dans le total des plantes connues de cette période, les Dicotylédonées gymnospermes n’entrent plus que pour l/K), tandis que les autres dicotylédonées, qui jusqu’ici n’avaient pas paru , entrent pour plus de 7/10, les monocotylédonces pour plus de 1/6. Les cryptogames vascuiaires n’y sont plus que pour moins de 1/20. Le sol de l’Europe était alors couvert comme à présent de Pins, de Sapins , de Thuyas, de Bouleaux, de Charmes, île Peupliers, de Noyers, d’Erables, et d’autres arbres presque identiques avec ceux qui croissent encore dans nos climats. Ce devait être celui de la zone tempérée , avec une température un peu plus élevée cependant, comme le prouve la présence, jusque dans le nord île la France, de quelques Palmiers très-différents de ceux qui vivent encore sur les bords de la Méditerranée, ainsi que d’un petit nombre d’aulfes plantes actuellement confinées dans des régions plus chaudes. Un autre point qui mérite l’attention, c’est que ees espèces fissiles semblent offrir plus d’analogie avec les arbres de l’Amérique septentrionale qu’avec ceux de l’Europe.

§ 918. Ce coup d’œil jeté sur les phases de la végétation que nous révèlent les fossiles, fait apercevoir un résultat curieux : c’est cette progression du simple au composé que la classification naturelle a cherché à établir, dans la Série des aeolylédonées aux eotylédones , des dicotylédonées gymnospermes aux angiospermes, réalisée d’une manière générale dans leur apparition successive à la surface du globe.

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