FEUILLES. STIPULES
les unit une surface cylindrique ou une portion de cylindre creux au lieu d'un petit cylindre plein. Quelquefois les'faisceaux , d'abord écartés, convergent peu à peu plus haut, et la gaine se rétrécit graduellement en pétiole : c’est une sorte de phyllode commençant immédiatement sur la tige; d'autres fois (/i;/. I 46 s) les faisceaux latéraux s’arrêtent après un trajet plus ou moins court , ou se prolongent sur un autre plan que ceux du pétiole, et c’est alors qu'on a la distinction bien nette du pétiole et de la gaine. Souvent enfin le parenchyme ne lie pas ces faisceaux latéraux à ceux du milieu qui se continuent dans le pétiole , et c’est l'origine probable de beaucoup de stipules.
§ 1 13. On définit généralement celles-ci comme de petits organes foliacés situés d'un et d’autre côté de la base des feuilles, et, dans l’état actuel de la science, il est difficile d’en donner une définition plus rigoureuse. Il est vraisemblable que leur production, qui n'a pas encore été suffisamment éclairée par l’anatomie végétale, est analogue à celle des lobes latéraux des feuilles simples ou des folioles des feuilles composées; que ce sont de même des épanouissements latéraux de faisceaux plus ou moins écartés de la base de la feuille, plus ou moins liés avec elle par du parenchyme intermédiaire, plus ou moins brusquement terminés. Ils peuvent, quoique sortant de la tige en même temps tpie les faisceaux propres de la feuille, en rester indépendants , et, comme alors ils ne semblent tenir qu'à cette tige, on appelle ces stipules caulinaires 147). ils peuvent s’unir au pétiole {(i(j. 146) dans une étendue plus ou moins grande; et, comme alors ils semblent en dépendre , on appelle ces stipules pétiolaires.
146. Fragment d'un rameau r de l’Eglantier commun [Rosa canina), portant une feuille/ avec son pétiole p, ses stipules pétiolaires s , et son bourgeon b. — a Un aiguillon.
147. Fragment d’un rameau r d’une espèce de Saule ( Snlix aurila ), portan t une feuille /avec son pétiole, ses stipules caulinaires s s , et son bourgeon b. La portion supérieure du limbe a été retranchée.
122 uotamq.lt:.
Los stipules manquent entièrement dans un grand nombre de cas, moins souvent cependant qu’on ne le croit; car elles se dérobent fréquemment à la vue, ou par leur extrême petitesse, ou par leur courte durée. Mais, en les recherchant avec beaucoup de soin à l’aide de la loupe et dans les jeunes feuilles, on en trouve dans une foule de plantes qu'on avait dit en être dépourvues.
§ lit. Leur apparence varie beaucoup. Elles “Sont souvent réduites à une petite pointe , un petit filet, une petite écaille. D'autres fois elles se développent davantage, et c’est alors souvent qu elles prennent une consistance foliacée, l’apparence de lobes ou de folioles qui peuvent elles-mêmes présenter des nervures, des dents, des lobules, même un rétrécissement inférieur en forme de pétiole. Il n’est pas rare non plus que leur tissu, au lieu de s’épaissir ou de verdir, reste à l'état d’une membrane mince, incolore ou diaphane. Mais, si elle varie autant d’une plante à 1 autre, il n’en est pas de même dans une même plante, et même souvent dans plusieurs plantes voisines entre elles, comme celles qui, se ressemblant par un grand nombre de caractères, forment ce qu’on appelle en histoire naturelle des genres, des familles. Des familles entières sont caractérisées par l’absence des stipules ou par leur présence , et alors par quelque circonstance particulière dans leur manière d’être.
§ 1 1 5 . Nous les avons vues ou entièrement libres, ou soudées avec le pétiole. Si elles offrent une très grande largeur et embrassent
148. Portion de feuille de VA.tlragalus onobrychis. — ./Partie inférieure de la feuille composée avec Irois paires de folioles. — s Stipules soudées en une seule sur le côté opposé du rameau r.
149. Feuille/ de l’ Houlluynia cordata , portée sur un fragment de rameau r, auquel elle se rattache par son pétiole , à la base duquel on voit la stipule axillaire s.
1 EllLLLS. STIPULES.
ainsi la moitié de la tige, une stipule peut rencontrer l'autre sur le cèle opposé à celui où naît la feuille , et leurs bords externes en se rencontrant peuvent même s'unir, soit en bas, soit dans toute leur longueur. C’est alors qu'on a une gaine fendue ( firj. 1 18 ) ou entière [l'uj. 127), une stipule vaginale. Si les stipules en se dilatant viennent au contraire à se rencontrer et s'unir par leurs bords internes, elles forment unelame uniquedont le milieu est interposé entre la tige et la naissance de la feuille dans cet angle qu'on appelle l'aisselle de celle-ci : c’est ce qu'on nomme une stipule axillaire (fig. 119). Si dei^c feuilles naissent à la même hauteur l'une vis-à-vis de l’autre, munies chacune de leurs deux stipules, et que de chaque côté la stipule de la feuille de droite vienne à rencontrer celle de la feuille de gauche et à se réunir avec elle, les deux semblent en former une
seule intermédiaire aux deux pétioles et qu’on appelle interpétiolair e (//</. 1 50)
Dans tous ces différents cas , on est averti de l'origine des deux stipules confondues, soit 150.
parce qu’elles ne le sont qu'en partie, soit parce que dans des plantes voisines cette confusion n'a pas lieu et qu'on trouve des passages d'un état à l’autre.
Dans toutes les explications précédentes, en disant que les stipules s'élargissent, se rencontrent, se soudent, nous nous servons d’un langage figuratif, leur dilatation et leur union pouvant avoir lieu dès le principe , et résultant de la disposition des faisceaux dans la tige et aux points où ils en sortent pour former ces nouveaux organes.
§ 1 16. Les trois parties de la feuille ne se montrent pas toujours
ensemble, et elle peut être réduite à deux ou même à une. On appelle sessile celle dont le pétiole manque, et exstipulée celle qui est dépourvue de stipules. En effet, les parties pétiolaire et vaginale sont celles qui font le plus souvent défaut. Quelquefois cependant c’est, i le limbe , et alors la feuille a perdu son apparence ordinaire, et est i dans quelques cas désignée par d’autres noms.
150. Lcsdeux feuilles opposées //d’une Rubiacée (Cephalanlus occidcnlalis), montrant chacune à leur origine celle de leurs deux stipules qui est tournée du côté du spectateur. Ces deux stipules se sont soudées sur la ligne médiane en nue seule interpétiolaire s. 11 y en a une semblable du côté opposé. — r Rameau.
lîüTAMQUi:.
§ 147. Quelles différences observe-t-on dans une feuille aux diverses époques de son développement? Elle se présente d abord sous la forme d’un petit tubercule ou d’une petite lame, sans aucune distinction de parties, soit à l'intérieur, où elle est purement cellulaire, soit à l’extérieur. C’est plus tard que les cellules situées-, sur la ligne médiane s’allongent et ébauchent ainsi la première nervure, qui se perfectionne ensuite par leur organisation en vaisseaux de divers ordres dont les trachées se montrent les premières. C’est donc, ainsi qu'on devait s'y attendre , une marche tout-à-fait analogue à celle que nous avons suivie dans la tige.
Quant au développement des diverses parties d'une feuille complète les unes relativement aux autres , voici ce qu’on peut observer sur une plante où la distinction de ces parties soit bien nette ; par exemple, sur un polygonum, où la partie vaginale forme une gaîne complète; sur les melianthns major et minor , où elle s’allonge en une grande stipule axillaire, simple dans l’un , double dans l’autre. Cette comparaison de la feuille aux diverses phases de sa croissance se fait facilement sur une branche dont le développement n’est pas encore terminé ; de telle sorte qu’elle offre en bas des feuilles arrivées à leurs plus grandes dimensions, en haut des feuilles à.l’état naissant , et dans l’intervalle toute la série des ét.TO intermédiaires. On voit ainsi que la partie limbaire apparaît la première, que la vaginale ne tarde pas à se montrer, que le développement marche à peu près concurremment pour les deux, et a déjà atteint un certain degré avant qu’on commence à apercevoir la pétiolaire. C’est la gaîne qui arrive le plus tôt à ses dimensions définitives , presque toujours beaucoup moins grandes que celles du limbe ; et sa croissance est terminée depuis quelque temps, pendant que celle du limbe et du pétiole continue. Pour éclaircir ces rapports par des chiffres , prenons une branche d’ liouttmjnia cordata, et mesurons six feuilles successives depuis une supérieure plus jeune qui n a encore que 3 millimètres, jusqu’à une inférieure qui a près de 9 centimètres. Voici la longueur relative des trois •
parties dans ces
six feuilles :