‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 47 sur 262 · INFLORESCENCES INDÉFINIES · texte numérisé non relu

INFLORESCENCES INDÉFINIES

§ 20-i. Nous avons un axe primaire allongé sans fleur.

Les axes secondaires peuvent être terminés chacun par une fleur, et dans ce cas à eux s’arrête l’inflorescence. Si alors ils sont tous à peu près de même longueur, l’on a ce qu’on appelle une grappe ( racemus ) (f<j. 180).

D'autres fois tous les axes secondaires, ou seulement quelques uns d'entre eux, les inférieurs ordinairement, ne se terminent pas par une fleur , mais émettent latéralement des axes tertiaires : ceux-ci peuvent se ramifier à leur tour. Dans tous les cas, la grappe ainsi composée prend le nom de panicule (panicula) ( fi y . 181). Sa forme générale la plus habituelle est la pyramidale, parle développement inégal de ses pédoncules, plus grand dans les inférieurs

et d’autant moindre qu’on les observe plus haut. Mais quelquefois les pédoncules du milieu sont plus longs que ceux des deux extrémités, et la panicule porte alors le nom de Ihyrse ( tkyrsus ).

§ 206. Si , au lieu de pédoncules de longueur à peu près égale, ou diminuant de bas en haut d’une manière presque insensible , on trouve les inférieurs beaucoup plus longs que les supérieurs, et dressés de sorte que tous ne portent fleur qu’arrivés à la même hauteur à peu près, et que l’ensemble des (leurs forme ainsi une

180. Grappe de l'épine-vinette [Berbcris vulyaris). On la voit naître à Vaisselle d'une feuille / changée en piquant , et qui a conservé ses deux stipules s. — a’ Axe primaire d’où partent do petites bractées b alternes , et à leurs aisselles des axes secondaires a” que termine la fleur. On peut suivre l’évolution graduelle de ce* fleurs de la base au sommet, les inférieures commencent à être en fruit, celles du haut sont encore en bouton , celles du milieu épanouies.

181. Panicule de l’ Yucca gloriosa. — a’ Axe primaire ou rachis. — a” Axes secondaires. — a’” Axes tertiaires , qui portent immédiatement chacun une fleur et prennent le nom de pédicclles. — b b b b Bractées de divers ordres, de l'aisselle desquelles partent ces axes. — On voit que cette inflorescence résulte d'une série de grappes sur un axe commun a’, qu'elles sont d’autant plus développées et plus précoces qu’on les observe plus bas, et que dans chaque grappe les fleurs sont aussi d’autant plus avancées qu'elles sont plus inférieures.

§ 207. Supposons maintenant les axes secondaires extrêmement raccourcis, tellement que l'axe primaire se trouve ainsi chargé sur ses côtés de toutes les fleurs qui, sur la grappe, étaient écartées de lui de toute la longueur de ces axes secondaires, et qui ici semblent reposer immédiatement sur lui, ou, en un seul mol, scssiles : ce sera un épi ( spicn [fi y. I 83] ). On le dira composé, si l’axe primaire en porte de secondaires, eux-mêmes allongés et non. terminés, mais chargés de fleurs latérales et sessiles.

On a distingué par des noms différents des épis offrant certains caractères particuliers et propres à certaines classes ou familles de

182. I. Corymbe simplu du Cerisier de Ste-Lucie [Ceraisiis mahaleb). — a’ Axe primaire , d'où naissent les bractées b alternes , émettant à leurs aisselles les axes secondaires a” a” qui portent chacun immédiatement une Heur et prennent le nom de pédicelles. On peut suivre l’évolution graduelle de celles-ci de dehors en dedans ; la plus intérieure est encore à l'état de bouton. — Ce corymbc est né à l'aisselle d'une feuille déjà t imbée , et termine un rameau avorté où l’on voit les feuilles inférieures à l'état d’ écailles e.

2. Corymbe composé de l’Alisier des bois { Cralsrgus torniinnlis). — a’ Axe primaire. — a" Axes secondaires. — a’” Axes tertiaires portant immédiatement les Heurs ou pédicelles. — b b b Bractées.

sorte do parasol à rayons inégaux, on a ce qu’on appelle un corymbe (corymbus) simple (/tVy. I 82, I ) , ou composé ( fig. 1 82, 2 ) , suivant que les fleurs sont portées sur les axes secondaires ou sur des pédoncules ramifiés un plus grand nombre de fois.

BOT AN IQF K.

plantes , comme le chaton ( amentim ) , épi simple qui tombe en se désarticulant après la floraison et est formé de fleurs toutes d un même sexe, ordinairement mâles (fig. 184) ; le spadice ( spadtx 1 8ol épi de monocotylédone enveloppe à sa babe d une grande bractée, qu'on nomme spathe , et dont les fleurs, extrêmement rapprochées, se trouvent comme incrustées dans un axe épaissi, le plus ordinairement simple, quelquefois rameux , comme dans les palmiers, où il prend alors le nom de régime.

§ 208 Faisons maintenant une supposition contraire à la précé

183. Extrémité de l’épi de la Verveine commune (Vcrbena officinalis). — On voit les fleurs inférieures déjà passées à l’état de fruit , celles du milieu épanouies , celles du sommet en bouton.

184. Chaton de Noisetier. Les bractées , réduites à l’état d’écailles, sont rapprochées de telle sorte que leurs dispositions spirales peuvent s’apercevoir. On voit saillir entre elles le bout des étamines des fleurs mâles qui leur correspondent.

185. Spadice du pied-de-veau (Arum vulgare). — 1. Enveloppé de sa spathe 6 roulée en cornet et qui en laisse sortir l'extrémité a. — 2. Le même , dont la spathe a été coupée dans sa longueur de manière à laisser voir tout l’axe a chargé d’un amas de fleurs femelles /en bas , et d’un amas de fleurs mâles m un peu plus haut

dente, savoir, que la partie de l’axe primaire d’où partent les secondaires s’est raccourcie, ou plutôt ne s’est pas allongée , au point de paraître presque nulle [fig. 1 87, a/); tandis que les secondaires et", qui prennent le nom de rayons, se sont bien développés. Alors, ordinairement, partant ensemble, ils s'allonfent à peu près également, et , s’ils se terminent chacun par une fleur, ces fleurs, portées à la même hauteur, forment par leur ensemble une sorte de parasol à rayons égaux, et qu’on nomme ombelle ( umbella [ fig . 186, oVoV] ).

Celle-ci est donc une grappe à axe primaire presque nul , clans laquelle, par l’effet de ce raccourcissement , le rapport des pédoncules les uns par rapport aux autres se trouve changé, les supérieurs devenant intérieurs, les inférieurs devenant extérieurs dans l’ombelle. On dit qu’elle est slipitèe, si l’axe primaire atteint une certaine longueur avant de donner naissance aux secondaires; quelle est sessile, si cette partie inférieure manque elle-même. Les pédoncules secondaires peuvent eux-mêmes, au lieu de porter fleur, se ramifier d’après le même principe [fig. 187), et on a ainsi plusieurs ombelles secondaires, ou ombellules , o" , disposées en une ombelle générale ou composée : elle est à la simple ce que la panicule est à la grappe.

§ 208 bis. Lorsque d’un axe primaire extrêmement court et comme nul partent plusieurs pédoncules secondaires grêles qui , au lieu de s’élever, de diverger et d’étaler ainsi les fleurs qui les terminent en une sorte de parasol , s’approchent et se pressent en manière de gerbe, et souvent même penchent tous d’un même côté dans le cas où ils ont une certaine longueur, il est bon de distinguer cette disposition de l’ombelle, et on peut lui donner le nom de faisceau ou fascicule ( fasciculus [fig. 20 2, /] ). Ces faisceaux

186. Plusieurs ombelles o’ de V Ara lia raccmosa . — a Axe général ou sommet de la branche, terminé lui-même par une ombelle plus avancée que les autres. — ®’ a’ a’ Axes naissant du précédent , et secondaires par rapport à lui , mais portant chacun une inflorescence, et primaires par rapport à elle. — a” a” a” Axes secondaires ou rayons des ombelles. — bbb Bractées alternes sur l’axe général. On peut remarquer à l’aisselle de l’une d'elles en cl deux axes du même ordre partant l'un au-dessus de l’autre par suite d'un double bourgeon. — i i i Bractées verti- 'illées sur les axes de chaque inflorescence , y formant un involucre.

1 7 Ci

UOTANIQUK.

187. Ombelle composée de la Carotte. — «’ Axe primaire réduit dans l'inflo | rcsconcc à une surface convexe. — a” Axes secondaires ou rayons de l'ombelle gé | nérale portant chacjin une ombellulc o”. — o’” Axes tertiaires ou rayons de ■ ombellules. — i’ Bractées pinnatiparties en vcrticille et formant l’involucre gé. I néral. — i” Bractées simples formant les involucelles.

188. Vu capitule de la fleur des veuves [Scnt/iosa a Impur pur en 1 . On peut voi comment la floraison est d’autant moins avancée qu’on observe les fleurs plus prèdu centre.

se présentent le plus souvent scssiles à faisselle des feuilles ot [ des bractées.

§ 209. Enfin les axes secondaires peuvent ne pas s'être allongés.s| non plus que la partje du primaire d’où ils partent; et alors nécessairement toutes les fleurs se trouvent rapprochées en une sorte de dis-'*

que ou de boule, où les extérieures i représentent celles qui seraient en bas sur 1 axe allongé; les intérieures , celles qui seraient ei haut. On nomme cette disposition tête ou capitule ( capüulum ) (fuj. 188). Le capitule, comme l’ombelle, peut être sessile]oi iss. pédoncule.

On a donné un nom particulier, celui de cnlathkle ( caJathis ). à une modification du capitule dépendante de celle du sommet tlorifèrc de l'axe primaire. Ce sommet s’est épaissi et élargi de manière à offrir à l'insertion des Heurs une grande surface plane, concave ou convexe. On en voit tous les exemples dans les fleurs vulgairement appelées composées, et qui ne sont autre chose qu'un amas de petites fleurs ainsi réunies en une masse qui, au premier aspect, offre l’apparence d une fleur unique, et grande comme sont celles de la Chicorée ou de la Scorsonère ( /?(/. I 89, I ), du Chardon ou du Soleil. Chacun se rappellera facilement, dans ce dernier, la tige dilatée à son extrémité en un plateau arrondi et charnu, tout chargé de fleurettes jaunes. Ce plateau (/ty. 189-, 2 r) florifère a

reçu divers noms : autrefois celui de réceptacle, plus récemment celui de phorante ou de clinantlie (d'après l'étymologie, support ou lit dos fleurs).

Nous venons de dire que sa surface est quelquefois concave. Cette concavité est ordinairement superficielle et très évasée; mais d'autres fois elle s’enfonce davantage, en manière de coupe ou même d’urne ; enfin ses bords peuvent se rapprocher et se toucher, de manière qu’elle forme une cavité complètement close.

189. I. Capitule entier de la Scorsonère (Scorsoncra hispanica). 2. Le même , coupé verticalement de manière à montrer le sommet du pédoncule élargi en un réceptacle r qui porte les fleurs f sur sa surface. Celles de la circonférence sont déjà épanouies, celles du milieu encore à l'état de bouton. — h Bractées imbriquées formant l'involucre.

j 78 BOTANIQUE.

C’est ce qu’on observe dans la figue (/?</. 190 ), et c'est pourquoi les personnes étrangères à la botanique ne connaissent pas sesfleurs, insérées sur toute la surface intérieure du réceptacle refermé au-dessus d’elles, et qui ne laisse apercevoir au-dehors que sa surface extérieure, verte et conformée en poire. Dans d’autres plantesde la même famille , on trouve toutes les transitions depuis cette cavité close, où sont cachées les fleurs de la figue, jusqu'au réceptacle évasé du Dorstmia [fig. 191 ), qui les porte à découvert.

§ 210. Après avoir comparé entre elles toutes les inflorescencesque nous venons d’exposer, on voit qu’elles ne diffèrent, ainsi que nous l’avions annoncé, que par le développement ou l’avortement de certains axes et par leurs longueurs relatives. Cela est tellement vrai qu’il est facile de donner de chacune de ces inflorescences une définition qui ne soit qu’un terme de comparaison avec< toute autre. Ainsi on pourra dire que la grappe est un épi à fleurspédicellées; l’épi, une grappe à fleurs sessiles ; l’ombelle sessile, une grappe sans rachis ou axe primaire ; le capitule, une grappe où lesaxes sont supprimés, ou un épi où le rachis est nul , ou encore une ombelle sans rayons; l'ombelle, un capitule à fleurs pédicellées, etc.

Dans toutes ces inflorescences, les axes secondaires ou d’ordre inférieur peuvent être opposés ou alternes. Leur position relative devrait être toujours la même que celle des feuilles, puisqu’ils naissent de l’aisselle de feuilles modifiées seulement par leur forme : c’est

190. Une figue coupée dans sa longueur, de manière à montrer scs fleurs / insérées sur toute la surface interne du réceptacle r.

191. Inflorescence du Dorslenia contraycrva , où les fleurs f sont à demi plongées dans un réceptacle r , légèrement concave, sur la surface duquel on voit saillir leurs e trémités.

INFLORESCENCE I7y

on effet ce qui a lieu souvent . Mais nous avons dit (§ I (37) que dans les plantes oppositifoliées il n'est pas rare de voir les feuilles véritables devenir alternes au sommet des rameaux. On ne devra donc pas s’étonner si les bractées , toujours situées au sommet des rameaux, finissent fréquemment par alterner, môme quand les feuilles sont opposées.

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