FONCTIONS DES ORGANES DE LA VÉGÉTATION
§ 255. Nous avons examiné les organes du végétal depuis sa première apparition à l’état embryonaire jusqu a celle de la Heur. Ces organes, qui nous ont occupés jusqu'ici, concourant tous a la vie propre de la plante dont ils font partie, sont, sous le nom collectif d’organes de la végétation, distingués de ceux de la reproduction, qui dans la fleur concourront à la production d embryons ■ nouveaux , destinés chacun à vivre à son tour de sa vie propre en parcourant le môme cercle dans son développement progressif. Avant de passer à l’examen de ce nouvel ordre d’organes , il nous • reste, pour compléter l’histoire des premiers , que nous avons considérés sous le point de vue organographique , c’est-à-dire dans ■ leur structure, leur forme et leur agencement, à les considérer maintenant sous le point de vue physiologique, dans leurs fonctions, dans leur action pendant la vie.
§ 256. Nous avons suivi (§ 32-35) les premiers changements qu'offre la jeune plante commençant à vivre par elle-même , ou , en un seul mot, germant. Lorsque sa germination est achevée, elle se trouve, par sa partie inférieure, ses racines , en rapport avec la terre; par sa partie supérieure, sa tige et ses feuilles, en rapport avec l'air. Ses racines pompent les liquides de la terre ou de tout autre milieu humide dans lequel elles se trouvent : cette fonction est appelée absorption. Le liquide, une fois entré dans la plante, parcourt dans tous les sens son tissu, où nous avons vu (§ 17) les moyens de communication merveilleusement préparés c'est ce qu’on a nommé circulation , d’après un terme emprunté à la zoologie , quoique dans les animaux la fonction analogue s’exerce par des forces et d'une manière différentes. Le liquide, qui prend le j nom de sève, se modifie dans son trajet , notamment sur toute la 1 surface de la partie du végétal en rapport avec l’air : cette action IL de l'air sur la sève est la respiration. La sève, ainsi perfectionnée, est devenue propre à nourrir les tissus , c’est-à-dire , au moyen de particules semblables à eux, à fortifier les organes déjà existants, à en produire d’autres de même nature : de là résulte la nutrition ou assimilation. Sur quelques points cependant elle fournit des matières plus ou moins différentes , soit destinées à un usage spécial , soit mises à part pour subir plus tard une nouvelle élaboration , soit inutiles ou même nuisibles à la plante , qui les rejette hors du
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tissu vivant. Ce sont les sécrétions, qui, dans le dernier cas, sont dites excrémentilielles. Tel est l’ensemble des fonctions de la végétation communes à la plante et à l'animal. Après les avoir étudiées en détail, nous pourrons jeter un coup d'œil sur les différences qu elles offrent dans 1 un et 1 autre règne des êtres organisés.