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quelques-uns restent unis ensemble plus haut que d’autres [fig. 323, f). Nous avons vu (§432) que les filets isolés peuvent être appendieulés; il en est quelquefois de même des groupes de filets, de ceux qui résultent d’un dédoublement : ainsi, par exemple, dans les Loasa avec les pétales alternent des appendices pétaloïdes chargés d’un petit nombre d’étamines; ainsi dans un genre de Tiliacées, le Luhea [fig. 238), on voit les étamines extrêmement nombreuses se réunir en cinq groupes placés dans les intervalles des cinq pétales, et chacun de ces groupes accolé à une sorte de lame allongée, déchiquetée elle-même à son sommet en une foule de lanières filiformes, qui prouvent sa tendance à se dédoubler en filets stériles, comme la partie antérieure du groupe s’est ellemême dédoublée en étamines fertiles.
§ 448. Les étamines d’une même Heur, comparées entre elles, sont égales ou inégales en grandeur, et dans ce dernier cas c’est avec plus ou moins de régularité. Lorsqu’elles sont nombreuses, elles peuvent être d’autant plus longues qu’elles sont plus intérieures ( fig . 238, 2) ou, au contraire, qu’elles sont plus extérieures (comme dans beaucoup de Rosacées [fig. 229]). Dans les fleurs diplostémones, presque toujours les étamines opposés aux pétales sont plus courtes que les étamines alternes. On appelle tétradynames (de xerpof, quatre, et ouvoqjuç, puissance^ domination) celles des crucifères dont quatre grandes, disposées par paires, alternent avec deux plus petites isolées [fig. 325); didynames (de Si ç, deux fois) celles des Labiées, Personées et autres plantes où les cinq étamines, alternant avec les cinq lobes de la corolle, se trouvent, par l’avortement plus ou moins complet de la cinquième, ré-
325. Appareil des étamines tétradynames de la Giroflée commune ( Cheirnn thus cheiri ). — p Sommet du pédicelle. — c Cicatrices laissées par les folioles du calice qui sont tombées. — eg Deux paires de grandes étamines. — ep Petites étamines. — c Torus glanduleux sur lequel toutes ces étamines s’insèrent.
32G. Corolle de la digitale [Digilalis purpuren), coupée et étalée pour montrer l'appareil des étamines didynames qu’elle porte. — f Tube.— /Filets, dorit audessous de leur insertion i on peut apercevoir le prolongement dans l’épaisseur dé la corolle jusqu'à sa base. — ag Anthères des grandes étamines. — np des petites.
348 liOTAMQUK.
duites à quatre dont deux plus grandes répondant au côté supérieur de la fleur, deux plus petites répondant à ses côtés (fig. 326). Dans le Manguier, YHiptage, des dix étamines, une seule prend un grand développement. Mais il serait trop long et superflu de passer i en revue toutes les combinaisons possibles dans la proportion relative des étamines inégales.
§ |i9. Quant à leur proportion avec la corolle, elle doit être ; notée dans la description. Lorsque les étamines sont plus longues qu’elle et la dépassent, elles sont dites saillantes [exserta); lorsqu’au contraire, plus courtes, elles restent cachées par elles, elles sont dites incluses ( inclusa [fig. 287 et suivantes, 326]).
§ 430. Elles se dirigent de diverses manières, ou directement en haut (étamines dressées , erecta ), ou vers le centre de la fleur j (étamines infléchies , inflexa ), ou en dehors, soit qu’elles divergent simplement, soit qu’elles s’étalent horizontalement ( patula ), ou se I courbent tout à fait ( reflexa ), ou même pendent ou se rapprochent de la verticale ( pendula ). Quelquefois elles s’inclinent toutes en se I courbant d’un même côté de la fleur, vers le haut ou vers le bas (. déclinât a , comme dans le Marronnier d’Inde, la Fraxinelle),
151 . structure de 1’étarr.ine. — Après avoir examiné les ! formes extérieures des étamines dans les diverses espèces de piaules, et les rapports que peuvent offrir entre elles, et relativement aux autres parties, celles d’une même fleur, recherchons la structure anatomique de 1 étamine.
Du filet. — Le filet se compose : 1° d’un faisceau central de trachées, faisceau qui le parcourt de la base au sommet, sans se ramifier dans tout ce trajet; 2° d’une couche de tissu cellulaire enveloppant ce faisceau vasculaire ; 3° d’un mince épiderme, sur lequel on observe quelquefois des stomates, mais fort rares.
Le faisceau des trachées se continue et se termine dans le connectif, quelquefois avant. (Te connectif est formé, du reste, par un amas de cellules un peu différentes de celles du filet et par leur couleur, et par leur forme. Leur consistance est souvent celle d’un tissu glanduleux.
§ 452. De l’anthère. — Les loges de l’anthère à l’état parfait présentent intérieurement une cavité remplie par le pollen, extérieurement par une membrane épidermique (fig. 327, c e), souvent parsemée de stomates ; dans l’intervalle , une couche d’un tissu particulier [ef), dont on concevra facilement la nature et la forme si nous disons qu’il a commencé par une réunion de cellules spirales (fig. 23), ou annulaires (fig. 26), ou, plus souvent encore, réticulées (fig. 27), disposées sur un seul ou sur plusieurs rangs d’é-
ÉTAMINES. - STRUCTURE. 3i>)
paisseur. Mais ordinairement la membrane de ces cellules a complètement disparu aux approches de la maturité de l’anthère, et il ne reste que les fils ou bandelettes, arrangés par conséquent en spirale , ou plus souvent en anneaux ou en réseaux ( fig . 327, cf). On a nommé cellules fibreuses ces cellules à claire-voie ainsi réduites aux lames qui les doublaient primitivement, à leurs fibres, en attachant à ce mot, non l’idée d’un utricule allongé ainsi que nous l’avons fait dans tout le courant de cet ouvrage, mais celle d'un fil ou d’un ruban plein. Cette couche fibreuse va en diminuant d’épaisseur à mesure qu’elle se rapproche de la ligne suivant laquelle doit se faire la déhiscence de l’anthère, et sur cette ligne elle s’interrompt complètement. Ces petites lames très-élastiques et hygrométriques doivent se tendre, se détendre, s’allonger et se recourber de manières diverses, suivant que l’anthère est plus sèche ou plus humide ; et ces variations doiventsuivre, d une part, le développement de l'anthère, dont les sucs, d’abord abondants, se résorbent ou s’évaporent peu à peu ; de l’autre part, l’état variable de l’atmosphère. Le tissu qui forme la paroi de l’anthère, soumis ainsi à une suite de tractions en sens divers, se rompt naturellement là où il n'offre que peu de résistance, c’est-à-dire sur la ligne ou sur le point où la couche fibreuse est interrompue; et c’est ainsi que la loge finit par se fendre et communique avec l’extérieur, de manière à permettre la libre sortie du pollen renfermé dans la cavité , sortie que les contractions continuées du tissu élastique favorisent ensuite et complètent.
Examinons maintenant quels changements successifs a subis l’étamine depuis sa première apparition dans la fleur jusqu’à cet état parfait qui précède immédiatement ou accompagne la déhiscence de l’anthère.
C’est, celle-ci qui se montre d’abord dans la fleur sous l’apparence que nous ont offerte à leur début tous les organes foliacés, celle d’un petit mamelon cellulaire plein. Ce mamelon s’étend ensuite, et il est à remarquer qu’il est alors verdâtre, quoique devant prendre plus tard une couleur différente, le plus ordinairement la couleur jaune ; il s’allonge ensuite, mais sans différer encore par sa
3.7. Portion de la coupc horizontale de la paroi d’une anthère de Cohera Scan tiens, h l’époque de la déhiscence. — ce Couche externe composée par les cellules de l'épiderme. — c/' Cellules fibreuses formant la couche interne.
forme des autres organes de la fleur (§ 421). Sur son milieu se dessine ordinairement un sillon superficiel et longitudinal, indice de la séparation future en deux loges ; sillon qui correspondra au sommet du filet ou au connectif, et qui conserve la teinte verdâtre plus long-temps que le reste. Lorsque le filet commence à se montrer plus tard , l’anthère a déjà pris sa forme caractéristique , et , plus ou moins tôt, sur les côtés, se dessinent deux nouveaux sillons, parallèles en général au médian, et premiers indices des lignes de déhiscence.
§ 452 bis. Développement de l’étamine en général. — Le filet, une fois qu’il s’est montré , continue à s’allonger plus ou moins vite. Quelquefois, soit qu’il doive rester court, soit qu’il n’atteigne pas dans le bouton toute sa longueur, on l’y trouve droit ; d’autres fois, lorsqu’il atteint toute sa longueur et qu’elle doit excéder celle du bouton, il se tortille, ou se pelotonne, ou se replie sur lui-même; modifications qu’on retrouve constantes dans certaines plantes, et môme dans certaines familles. Le filet était au début complètement cellulaire ; ce n’est qu’à une certaine époque que les cellules du centre ont commencé à s’organiser et à s’allonger en trachées.
Remarquons dans tout ce développement une analogie incontestable avec celui de la feuille : celui de l’anthère qui représente le limbe, précédant celui du filet qui représente le pétiole ; de sorte que, formée d’abord à son sommet, l’étamine continue à s’allonger plus ou moins long-temps par sa base. Quelques observations tendraient à compléter cette ressemblance, en nous montrant que, dans certains cas où le filet présente à son insertion une dilatation analogue à la partie vaginale de la feuille, cette dilatation paraît se développer elle-même plutôt que la partie amincie ou pétiolaire du filet, comme cela a lieu par la gaine foliaire f§ a 47) .
Nous avons dit (§ 421) que souvent, dans le bouton, on trouve les étamines comparativement beaucoup plus développées que les pétales. Néanmoins ceux-ci se sont montrés avant ou en même temps; mais il peut arriver que leur évolution plus lente soit bientôt devancée par celle des étamines, notamment de celles qui alternent avec eux et qui ainsi sont non-seulement plus grandes, mais aussi plus précoces que les étamines oppositipétales. C’est une nouvel le preuve de la connexion intime do ces dernières avec ces pétales.
§ 4o3. de 1 anthère en particulier , et principalement du pollen. — Mais ce qui importe le plus dans l’histoire du développement de l’étamine, c’est celui du tissu propre de l’anthère et la formation du pollen, qui constitue sa partie essentielle, l’agent de la fonction qu’elle est destinée à remplir.