Grains de fécule du maïs
onoA.Mis i:u:mi;.\ i.uiiks.
ai
effet, il se forme, par l'acte môme de la végétation, dans les organes de la plante, un certain nombre d'acides particuliers (comme les acides oxalique, malique, etc.); et elle puise l’acide carbonique dissous dans l’eau de l'atmosphère et de la terre en même temps; dune autre part, le sol contient en dissolution des alcalis inorganiques, comme la chaux, la potasse, la silice, qui sont absorbés et circulent avec la sève. Ces diverses solutions doivent fréquemment venir à se rencontrer dans les cavités de la plante ; et si les corps qu elles contiennent ont le degré convenable d'affinité l'un pour l’autre et la propriété de former ensemble une combinaison insoluble, ils pourront se cristalliser en sels de natures et de formes variées. Il sem-
ble, au premier coup d'œil, que ce soit lit une opération purement chimique qui a lieu dans l' intérieur des cellules comme elle aurait lieu dans tout récipient oit ces mômes solutions se trouveraient mélangées et en repos ; et quand on trouve les cristaux d’autant plus multipliés que le parencln me est plus âgé et que son activ ité vitale est plus affaiblie, on est confirmé dans cette idée, que leur formation est du domaine des forces inorganiques et non de celles de la vie. Cependant plusieurs considérations viennent à l’appui de l'opinion contraire, et surtout 1 observation récemment faite par M. Payen que les cristaux ne se forment pas et ne flottent pas librement dans l utricule, mais qu'il existe un appareil particulier bien organisé qui les produit et les contient. D’un point de la paroi de ces utricules part un cordon composé lui-mômede cellules plus petites, et qui porte suspendue une masse qu'on peut reconnaître pour être un tissu cellulaire très lin et comme il l'état naissant (Jiij. 67). C'est plus tard , dans 1 intérieur des petites cellules de cette masse ainsi suspendue, que se dépose et cristallise la substance minérale , comme dans une gangue; et ce sont elles qui semblent en déterminer les limites et la forme; de telle sorte qu’un môme selj’oxalate de chaux , par exemple, peut cristalliser dans les végétaux sous plusieurs formés toulà-fait différentes, dues aux différences de l'appareil ou s'opère la cristallisation. On avait vu la niasse cellulaire avant la déposition du sel
üT.
on peut la voir
67. Masse de tissu cellulaire prise dans la feuille d'un figuier [Ficus elastica), dans laquelle se développent des cristaux dont l’agglomération figu e un noyau hérissé ». Elle est suspendue par une sorte de tube s dans l'intérieur d une cellule dilatée c, située sous l'épiderme et environnée d’utrieules » plus petits % remplis de grains que verdit la chlorophylle.
après, plus développée et plus arrêtée dans ses formes, en dissolvant le sel par un réactif qui n’attaque pas le tissu. Sans l’emploi de ce moyen , le tissu organique qui enveloppe le cristal échappe à la vue par la ténuité de ses membranes appliquées intimement sur les surfaces cristallines.
Quelquefois une même cellule ne contient qu'un seul cristal ou qu’un petit nombre de cristaux , et alors leur volume , assez considérable, permet de déterminer nettement leur forme. Mais, plus souvent , ils y sont réunis en grande quantité , et leur petitesse rend leur détermination fort difficile et incertaine. Alors , en général , ils se groupent suivant deux dispositions différentes, ou en rayonnant d’un centre commun , ou parallèlement les uns aux autres. Dans le premier cas , ils sont ordinairement plus gros et plus courts , et
leur agglomération figure une sorte de noyau sphérique ou ovoïde tout hérissé de pointes (/if/. 68, 69); dans le second cas, ils ont l'apparence d'un faisceau de fines aiguilles ( fig. 70, 71). Ce sont ces aiguilles qui , prises d'abord pour un organe végétal, une sorte de
68. Tissu cellulaire de la Betterave; dans l'une des cellules une agglomération a de cristaux hérissés. — c Cristaux séparés.
6d. Cristaux agglomérés pris dans une cellule du pétiole de la Rhubarbe [Rkeum undulaLum ).
70. Tissu cellulaire du pied-de-veau [Arum vulgare). Plusieurs cellules sont remplies par des grains de chlorophylle g , d autres par des faisceaux de rupli ides r r.
71. Faisceaux de raphides dans une cellule dilatée qu’entourent d'autres cellules plus petites. Elle est également tirée de VArum.
72. Porti n du tissa d’une Aroïdéc (Culocnsia odora]. Des cellules remplies de grains de chlorophylle g g , laissent entre elles une. lacune dans laquelle font saillie quatre autres cellules contenant des faisceaux de raphides r r r r.
OIWiANKS LLKML.V l'AlUKS. 3.3
poil , avaient reçu le nom de raphides. Remarquons que la présence de cristaux dans une cellule en exclut ordinairement les granules de nature organique dont nous avons parlé auparavant.
On a décrit quelquefois les cristaux, et surtout les raphides, comme placés dans les méats ou les lacunes hors des cellules. Cette erreur peut provenir de plusieurs causes : la plus fréquente et la plus naturelle est la dispersion de ces corps par l’effet même de la dissection, qui demande bien du soin et de l'adresse pour ne pas déchirer les parois des cellules : souvent l'instrument pénètre dans celles-ci, dissocie les raphides et les transporte au hasard dans les cavités voisines. Mais lors même qu'on a ménagé le tissu, on a cru voir quelquefois le faisceau de .raphides faisant saillie dans une lacune ou l'occupant presque en entier. C’est que les cellules où se forment ainsi des cristaux prennent souvent un développement tout -à-fait disproportionné , au point que leur cavité simule une lacune (fig. 7 1 ), ou que, situées sur la paroi d'une lacune véritable, elles font saillie dans l'intérieur de celle-ci (fig. 72), qui paraît alors elle-même contenir les cristaux. Jusqu'ici on n'a donc vu ceux-ci (pie dans l'intérieur des cellules.
11 est vrai qu'on trouve quelquefois dans les méats ou les lacunes une matière minérale que forme la silice, soit seule, soit combinée à l'état d'acide; mais elle est en masses irrégulières.
$ 23. Les cellules qui forment la plus grande partie des graines du froment et des autres céréales si riches en fécule, et dont on extrait la farine, présentent en outre dans leur cavité une masse molle et très élastique, qui la remplit et empâte les granules. Cette matière a reçu le nom de gluten.
§ 24. D’autres matières offrent une consistance de moins en moins solide, sans être encore entièrement liquides : elles se montrent sous l'apparence de llocons nuageux ou de gelée : telle est celle qui joue un rôle si important dans la \ ie et dans l'aspect du végétal, et qu'on a nommée matière verte ou chloraphglle. Elle nage dans le liquide cellulaire, et tend à se déposer sur les parties solides qui se trouvent en rapport avec elle, sur les parois internes de la cellule et sur les granules qu elle peut renfermer. C'est pourquoi les uns l'ont souvent décrite comme un liquide vert, les autres comme un amas de granules de la même couleur. Les liquides et les granules sont en euxmêmes incolores, mais empruntent la nuance de la couche qui les tapisse. Les grains dits de chlorophylle peuvent donc, comme ceux que nous avons passés en revue, occuper diverses situations : être fixés à la surface de la cavité, ou nageant dans le liquide qui la remplit: présenter diverses formes et diverses dimensions, et sans doute
présenter aussi diverses natures. On voit, par la teinture d'iode, 'J beaucoup d’entre eux se colorer en bleu , ce qui témoigne qu'ils ne sont autre chose que des grains de fécule. D’autres se teignent en brun, soit que leur enveloppe verte trop épaisse empêche l’action de l’iode sur leur noyau, soit que la substance de celui-ci soit différente. Souvent plusieurs noyaux se trouvent empâtés ensemble dans une même enveloppe de gelée verte, et forment ainsi un grain composé. Une partie végétale verte, plongée quelque temps dans l’alcool , se décolore ; on constate ainsi facilement la solubilité de f
la chlorophylle dans ce liquide, et on en conclut son analogie avec «
les résines.
La matière qui colore quelquefois les cellules en jaune paraît er s’en rapprocher par sa nature et ses propriétés , tandis que celle i qui les colore en bleu, rouge ou violet, présente la consistance du di fluide aqueux, dans lequel elle se dissout parfaitement. l’Ius sou- s vent encore le liquide cellulaire est incolore ou à peu près, ainsi $ que celui qui, sous le nom de sève, parcourt les vaisseaux spiraux, i
Celle-ci contient déjà , en solution dans l'eau, quelques unes des i
substances qui se déposent dans les cellules ou les éléments dont la combinaison doit les former. On trouve encore dans les cellules, ou dans des lacunes en forme de réservoir, des liquides d’une autre nature , de la gomme dissoute dans l’eau , des huiles grasses et des huiles volatiles, celles-ci contenant souvent des résines en dissolution. Les gaz se rencontrent surtout dans des lacunes, soit vers la surface de la plante, soit même quelquefois enfoncées assez profondément.
§25. Nous avons vu par tout ce qui précède que des substancesde nature et de consistance différentes remplissent les cavités des différents organes dont le végétal est composé, non pas indifféremment, mais localisées dans tel ou tel de ces organes. 11 ne faut pasnéanmoins s’attendre à trouver constamment le même organe rempli de la même matière; le mouvement de la vie y amène des changements presque continuels, et ce n’est que lorsqu'elle est suspendue ou éteinte qu'il s'y établit un état fixe permanent. La cellule qui verdit à l’action de la lumière était incolore auparavant, et, en vieillissant, elle prendra des teintes tout-à-fait différentes; avant de se remplir de granules solides, elle était gonflée de liquide seulement; ce n'est que plus tard qu elle contient des cristaux ; les vaisseaux qui charrient la sève à une certaine saison ne contiennent que de l’air pendant les autres. Un examen fait à une seule époque ne donnerait donc que de fausses lumières sur les fonctions de tous cesorganes qu’il faut étudier dans toutes les phases de leur vie ; et c'est
sans doute parce que les observations ont été ainsi morcelées quo les opinions a ce sujet présentent autant de divergences.
§ 26. Les organes élémentaires, dont nous avons exposé les principales modifications, forment, en se combinant entre eux, les organes composés. Ceux-ci, plus ou moins compliqués, plus ou moins nombreux, se combinent à leur tour pour former par leur ensemble le végétal. Observer ce végétal à son début, c’est-à-dire à son plus grand état de simplicité, et le suivre ensuite dans son développement, en prenant acte de tous les changements qu’il subit, en analysant toutes les parties dont il s’accroît, est le plus sûr moyen de connaître aussi complètement et nettement qu’il est possible tous ces organes dont l’ensemble constitue sa manière d’ètre, dont l'action constitue sa vie.
§27. Le premier état sous lequel s'offre un végétal est celui d'un utricule (//</. 74 et 75 Ef) rempli d’une matière granuleuse («/'!/• 75 E2). Il y a des plantes qui dépassent à peine ce degré de simplicité extrême dans tout le cours de leur existence, et toutes le présentent au début, même celles qui doivent atteindre au degré le plus élevé de l’organisation végétale. La première phase de la vie d’un être organisé est celle pendant laquelle il fait encore partie de l’être semblable à lui , dans lequel il s’est formé et qui lui donnera naissance. Il porte alors le nom d’embryon , et cette période de sa vie est dite embryonaire.
L’embryon végétal est donc d’abord un simple utricule avec des granules dans sa cavité (fig. 73 ). Quelques changements dans ses téguments et dans la matière contenue sont les seuls qui résultent du développement de certains embryons; quelquefois aussi d’autres cellules viennent se grouper autour de la première, mais sans qu’il soit possible de distinguer plusieurs parties, plusieurs régions différentes dans cette petite masse homogène.
§ 28. Souvent , au contraire , la plante, à l’état d’embryon, a non seulement acquis une masse beaucoup plus grande par l’agglomération d’un assez grand nombre d’utricules, mais elle a pris
73. Embryon acotylédoné, celui de l’Hépatique commune (.1 farchanlia polymnrpha). Ces Sortes d’embryons portent aussi le nom do spores.
:)u UOIAMQIK.
des formes bien déterminées, et on peut de bonne heure y distinguer deux extrémités dissemblables entre elles. L une suit la direction de l'axe de ce corps, plus ou moins régulièrement ovoïde-, l'autre en dévie un peu en figurant un mamelon rejeté latéralement
Ki E1 K-i
( fig. 74 E4 c) ou bien deux mamelons symétriques [fig. 75 E4 c r) dans l’intervalle desquels passerait l'axe. Ces mamelons formeront ce qu’on appelle les cotylédons, et nous avons dès cette première époque trois modifications de l'embryon : celui qui est homogène, sans distinction départies, sans cotylédon [fig. 73); celui qui en a un [fig. 74- E4 ) et celui qui en a deux [fig. 7o E4). On appelle le premier acotylédoné , le deuxième monocotylédoné , le troisième dicotylédoné.
§ 29. En général , les embryons cotylédonés ne se sont pas arrêtés à cette première ébauche des organes qui les constituent mais, renfermés dans la graine encore attachée à la plante-mère, ils ont continué à croître par toutes leurs parties , principalement par leur cotylédon simple [fig. 76 c) ou double [fig. 77 c c) , qui forme une portion notable, quelquefois même la plus grande portion de la masse de l'embryon parfait. Le bout opposé ou cotylédon a reçu le nom de radicule (mêmes figures, r) ou petite racine, parce que celle-ci doit plus tard résulter de son développement.
74. Embryon monocotylédoné, celui du Polamogelon per/oliitlum , à diverses époques de son développement. — E1 à sa première apparition , lorsqu’il est encore à l’état d’utricule. — E* lorsque ses diverses parties, la radicule r, la gemmule g, le cotylédon c , commencent à devenir distincts.
75. Embryon dicotylédoné, celui d’une espèce d’Onagre ( Œuothera crassipes ) à diverses époques de •son développement. — E1 à sa première apparition, lorsqu’il est encore à l’état d’utriculc. — E2 E3 lorsqu’il est formé de trois utricules agglomérés ou plus tard d’un plus grand nombre. — E 4 lorsque ses diverses parties , la radicule r, la gemmule r/, les cotylédons c c, commencent à devenir distincts.
Au-dessus de la radicule et dans la continuation de l'axe, on remarque, entre les cotylédons s’il y en a deux [fig. 75 g), caché dans un enfoncement à la base du cotylédon s’il y en a un seul [fig- 76 g), un corps beaucoup plus petit que ceux que nous avons déjà nommés. Au premier aspect, il a aussi l’apparence d’un simple mamelon; mais un examen plus attentif, au moyen d’instruments grossissants, fait reconnaître qu’il se compose lui-même de plusieurs petits lobes [fig. 73 g), situés latéralement par rapport, à l’axe,
comme le cotylédon, dont ils rappellent la première ébauche. Ces petits lobes doivent, plus tard, se développer en feuilles; et l’on a donné à leur ensemble le nom de gemmule ou petit bourgeon, parce qu'on appelle bourgeon la réunion des feuilles non développées et agglomérées sur un axe très-court qui doit se développer en rameau. Les cotylédons eux-mêmes ne sont qu’une ou deux premières feuilles de la jeune plante , mais en général différentes de celles qui doivent suivre par leurs formes et leurs fonctions. L’embryon nous présente donc une suite d’organes latéraux ou feuilles sur un axe. dont l’extrémité, dépourvue de feuilles, formera la ra-
76. Embryon monocotylédoné , celui du Potamogelon perfolialum, à peu près mûr. — r Radicule. — l Tigelle. — c Cotylédon. — g Gemmule
77. Embryon dicotylédoné mûr, celui de l’Amandier commun. — r Radicule. — c c Cotydédons.
78. Le même, où l’on a découvert les parties cachées entre les cotylédons en enlevant l’un de ceux-ci. — r Radicule. — / Tigelle. — c L'un des cotylédons qu'on a laissé. — ic Cicatrice résultant de l’insertion de l'autre cotylédon qu'on a enlevé. — g Gemmule composée de plusieurs petites feuilles.
;is
cine, et dont tout le reste formera la tige. Celle-ci, dans l'embryon, reçoit le nom diminutif de ligelle.
§ 30. Organes fondamentaux. — On peut nommer organes fondamentaux ces trois parties, déjà très-distinctes dans l’embryon cotylédoné. Tous ceux que l’évolution ultérieure du végétal fournira à notre observation, malgré leurs différences si frappantes en apparence, malgré la variété des noms par lesquels on a du en conséquence les désigner, sont, dans un sens général, considérés maintenant comme des modifications de ces premiers organes.
§ 31 . C’est par leurs formes et leur position relative qu’on les reconnaît entre eux ; car leur composition élémentaire est identique : c’est un amas d’utrieules plus ou moins lâchement unis. Lorsque l’embryon est complètement formé, les cellules de ses cotylédons sont souvent plus ou moins riches en fécule, surtout s’ils ont une grande épaisseur; cas où ordinairement ils remplissent toute la graine, et se trouvent exclusivement chargés de la nourriture de la jeune plante dans les premiers temps qui suivent sa vie embryo— naire et où elle commence à vivre par elle-même détachée de sa plante-mère. C’est de l’accumulation de la fécule dans les embryons que résulte l’emploi d’un grand nombre de graines pour la nourriture de l’homme et des animaux.
Lorsque les cotylédons ont déjà un grand développement dans l'embryon, et surtout lorsqu’ils présentent déjà la forme de feuilles, on peut observer dans certaines directions des faisceaux de cellules allongées, première ébauche des vaisseaux.
§ 32. Après l’émission de la graine, ou, pour nous faire comprendre au moyen d’une expression moins scientifique et vulgaire, après que l’œuf végétal est pondu, s’il trouve autour de lui certaines conditions favorables à son développement ultérieur et indépendant, parmi lesquelles doivent entrer en première ligne l’humidité et la chaleur portées à un certain degré, conditions que lui fournit ordinairement la terre lorsqu’il y est enfoncé à une petite profondeur, il y est couvé pour ainsi dire, et la plante commence cette seconde période de sa vie, qu’on appelle la germination.
§ 33. Dans les premiers temps elle tire sa nourriture d’elle-mème, des principes accumulés soit dans ses téguments, soit dans ses cotylédons; principes qui éprouvent divers changements chimiques par les circonstances nouvelles où le corps se trouve placé, et deviennent ainsi propres à prendre part aux actes de sa vie. Il en résulte l’accroissement de toutes les autres parties, de la radicule et de la gemmule. C’est la première dont le développement marche d’abord avec le plus d’activité; et l’on petit s’assurer alors que dans