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§ 501 . La fécondation une fois opérée, les organes qui y ont concouru meurent et disparaissent plus ou moins promptement. Or ces organes sont de deux ordres : 1° les uns essentiels : d’une part l’anthère, de l’autre le stigmate et le tissu conducteur; 2° les autres accessoires : les fdets, qui portaient les anthères; les styles, qui portaient les stigmates et à travers lesquels s’insinuait le tissu conducteur; enfin les enveloppes, qui protégeaient tout cet appareil ; les pétales, dont nous avons plus d'une fois signalé l’analogie évidente avec les étamines; et le calice, qui en diffère bien davantage en tant que représentant des feuilles beaucoup moins modifiées. Plus les organes prennent à la fécondation une part directe, plus leur durée est passagère. Ainsi, après la fécondation, le stigmate, le tissu conducteur, les anthères ne tardent pas à se flétrir et à disparaître. Les styles, les filets, les pétales peuvent persister un peu plus long-temps, mais en général ils meurent bientôt, tombent, ou bien restent attachés à leur place. Le calice lui-même, quoiqu’un peu plus tardivement, et si ce n’est dans quelques cas où il continue à végéter et meme quelquefois à croître (§ 418), s’arrête dans son développement et cesse de vivre, soit qu’il se détache, soit qu’on le voie persister à la manière des feuilles marcescentes. On a donné le nom d 'induviœ à ces débris du calice, de la corolle, des filets, qui peuvent se montrer plus ou moins long-temps avec le fruit et qui fournissent quelques caractères soit par leur persistance même, soit pour reconnaître les parties de la fleur et leurs rapports lorsqu'on n’a pu l’observer à son état parfait et antérieur. Le style persiste quelquefois, et c’est en général sous la forme d’une pointe située vers le sommet du fruit qu’on dit alors apiculé.
§ 502. C’est qu’à cette époque la vie s’est concentrée dans l’ovule, où la fécondation devait aboutir; et dans l’ovaire, qui le protège en le renfermant. Dès lors tous deux continuent à croître en prenant des apparences nouvelles, de nouveaux caractères et aussi des noms nouveaux : l’ovule devient la graine , l’ovaire devient le péricarpe [pericarpium : de rapi, autour; xaprcoç, fruit; c’est-à-dire la partie qui forme l’enveloppe de celui-ci), et leur ensemble constitue le fruit. En général leur vie et leurs développements sont intimement liés, et, les graines venant à avorter, le péricarpe ne se-
FRUIT. — PÉRICARPE. 3<)l
développera pas; le péricarpe avortant, les graines se flétriront. On peut, cependant, citer quelques cas exceptionnels dans lesquels ou les graines mûrissent sans péricarpe ou au contraire l’avortement des graines, loin d’arrêter le développement, semble le favoriser, comme dans les bananes, l’arbre à pain, etc. Leurs variétés qu’on mange, et dont le fruit devient si charnu et si succulent, ne produisent pas de graines fécondes; et, lorsque celles-ci se développent, la chair du fruit perd d’autant en épaisseur et en sapidité. On observe, au reste, quelque chose d’analogue dans les fruits de nos vergers, et les sauvageons présentent, en général, un développement de la graine beaucoup plus grand par rapport à celui du péricarpe.
§ 503. Mais prenons le cas ordinaire et normal, celui où les deux développements marchent concurremment, et examinons d’abord les changements qui s’opèrent dans l’ovaire. Ceux de l’ovule et sa structure nous occuperont ensuite.
Rappelons d’abord la structure du carpelle, qui est celle d’une feuille repliée ou contournée sur elle-même, dont les bords se sont soudés ensemble, de telle sorte qu’il offre une surface intérieure correspondant à une cavité, et une surface extérieure, revêtues chacune par leur épiderme, et, entre ces deux couches d’épiderme, un parenchyme parcouru de bas en haut par des faisceaux fibro-vasculaires. On peut donc y reconnaître trois couches : l’épiderme intérieur (fig. 398 e) ou épi carpe ( epicarpium [d'e^t, sur]) ; le parenchyme intermédiaire [fig. 398 n), ou mésocarpe ( mesocarpium [de fteçoç, qui est au milieu]) ; le parenchyme intérieur [fig. 398m) ou endocarpe ( endocarpium [de svjov, en dedans]). L’utilité de ces noms différents résulle du développement différent que prennent souvent ces parties dans celui du fruit.
§ 504. Le péricarpe, en se développant, conserve sa ressemblance avec la feuille, comme, par exemple, dans le fruit si connu du Baguenaudier : on le dit alors foliacé ou herbacé. Tantôt cette
398. Partie inférieure du carpelle ou gousse de la Fève de marais {Faba saliva), coupée transversalement pour faire voir la composition du péricarpe. — e Epicarpe ou épiderme extérieur. — m Mésocarpe- — n Endocarpe. — sd Suture dorsale. — sv Suture ventrale. — g Une graine située à la hauteur de la section, et coupée de même transversalement.
ressemblance s’efface plus ou moins complètement par la couleur et la consistance différente que prennent une ou plusieurs des trois couches. L’extérieure (épicarpc), celle qui forme ce qu’on appelle le plus souvent la peau du fruit, conserve en général son apparence épidermique, quoique épaissie souvent par l’addition d’un certain nombre de rangées cellulaires. Le mésocarpe prend fréquemment un développement tout à fait différent du parenchyme de la feuille, et se change en une chair plus ou moins succulente, plus ou moins épaisse : c’est ce qui avait engagé Richard à proposer, pour cette couche moyenne , le nom de sarcocarpe ( sarcocarpium [de crapH, capxoç, chair, pulpe]), nom qui d après son étymologie ne convient pas aux fruits herbacés, et qu’en conséquence il vaut peutêtre mieux ou abandonner tout à fait ou appliquer seulement aux fruits charnus. L’endocarpe reste quelquefois à l’état d’une fine membrane tapissant la surface de la loge; mais, d’autres fois, ses cellules s’encroûtent d’une matière ligneuse, et souvent alors celles de la portion voisine du mésocarpe éprouvent une modification analogue, de telle sorte qu’on a autour de la cavité du péricarpe une enveloppe plus ou moins épaisse, plus ou moins dure; c’est elle qui, dans beaucoup de fruits, forme ce qu'on appelle le noxjau ( putamen ).
§ 505. Eclaircissons l’exposition précédente par quelques exemples bien connus. Dans une cerise, un abricot, une pêche, la peau est l’épicarpe ; la partie qu’on mange , le mésocarpe ou sarcocarpe; le noyau, l’endocarpe. En ouvrant celui-ci, on trouve à l’intérieur une amande, qui est la graine. Dans le fruit de l’Amandier, en dehors de l’amande, on trouve l’endocarpe sous la forme d’une coque mince et cassante, que revêt un mésocarpe à chair coriace, verte et mince. Dans celui du Noyer, la noix est la graine enveloppée de son endocarpe; l’enveloppe verdâtre et fibreuse, dont on s’est débarrassé en l’écalant et qu’on connaît sous le nom de brou, est le mésocarpe avec son épiderme. C’est donc la graine de ces deux derniers fruits qu’on mange en rejetant les péricarpes; tandis que dans les premiers on mange une partie du péricarpe en rejetant l’endocarpe et la graine. Ils résultent tous d’un carpelle simple. La poire, la pomme résultent, au contraire, d’un ovaire composé et adhérent; leur peau, ou épicarpe, était donc l’épiderme du calice confondu avec l’ovaire; leur chair est le mésocarpe, et leur centre est occupé par cinq petites cavités renfermant les pépins ou graines, et tapissées d’une couche écailleuse, qui est l’endocarpe. Celui-ci, dans la nèfle, prend un développement beaucoup plus grand, celui d’un noyau : on y trouve