NECTAIRES
des filets si régulièrement et si élégamment dédoublés; les glandes saillantes et sessiles d'où partent les étamines des Crucifères [fi g. 325, t) ou celles cjui se montrent autour et audessous du pistil dans la plupart des Labiées; ceux qui couronnent l’ovaire dans les Ombellifères ; ceux qui forment, vers le bas de la surface interne des folioles du péria n tliede l’Impériale {fig .501), de larges enfoncements d'une couleur différente, etc., etc.
C’est dans les cavités des organes appendiculés, surtout dans les éperons, qu’on trouve souvent le nectaire, et cette cavité devient comme un réservoir où s’accumule son produit (. Melianthus , Capucine , Pélargonium ) .
Au reste, il n'est pas rare de rencontrer une exsudation sucrée sans apparence de surface glanduleuse; suintant par exemple de celle même du pétale, qui du reste ne parait pas particulièrement modifiée. On s’en convaincra en touchant au moment de la floraison un grand nombre de fleurs dont la plupart révéleront au tact la présence du suc incolore qui échappe à la vue.
§ G 17. Remarquons que cette exsudai ion suit les phases de la Uoraison, commence, croît, diminue el finit avec elle; qu’il est très-rare de la voir précéder la déhiscence de l’anthère et l’épanouissement de la Heur; que c’est pendant l’émission du pollen qu’elle est à son maximum ; qu’elle cesse lorsque l’étamine se flétrit et que le fruit se noue. Les nectaires se montrent surtout autour des organes essentiels de la reproduction (des étamines et du pistil ), et il n’y a guère à douter que leur résultat ne se lie à celui de cette fonction. Est-ce particulièrement aux fonctions de l’étamine ou à celles du pistil? Ce n’est certainement pas aux unes à l’exclusion des autres, puisque dans certaines plantes diclines les fleurs mâles montrent des nectaires aussi bien que les fleurs femelles. D’un autre côté, l’action des nectaires et celle des organes
500. Un nectaire n du Parnassia pnlustris avec le pétale p, devant lequel il est placé dans la fleur.
501. Division s du périantlie de l’Impériale ( FritUlaria imperialis), creusé à sa base d’un nectaire n sous forme d’une cavité superficielle autrement colorée que le reste.
(Je la fleur, si elles ont l’une sur l’autre une inlluence évidente, ne paraissent pas néanmoins nécessairement liées ensemble. On peut enlever les pétales, les étamines, les pistils ; et les nectaires continueront à sécréter tant qu’on ne les blesse pas eux-mêmes : on peut enlever les nectaires ou au moins leur produit, sans nuire cà la fécondation et retarder la maturation du fruit.
En réfléchissant dans quelle proportion le nectar s’extravase et coule au dehors et est emporté par les insectes pendant la floraison, qu’ensuite cet écoulement s’arrête quand le fruit noué réclame une grande quantité de suc, on est tenté de considérer les nectaires autant comme organes excréteurs que sécréteurs, qui provoquent l'alflux des sucs par la dépense qu’ils en font, en lâchent au dehors un excès inutile pour la fleur; et, lorsque le fruit en réclame en se développant une proportion bien plus considérable, ces sucs continuent à arriver par les voies ouvertes, et, n’en trouvant plus pour se perdre, profitent tous à la maturation. Nous avons vu cependant que le sucre, en grande partie du moins, n’arrive pas tout formé dans le fruit, mais s’y forme, et surtout à une époque postérieure (§ 535).
§ C I 8 . (Juoi qu’il en soit de la fonction des nectaires, ils fournissent de fort bons caractères pour la distinction des plantes, offrant une grande constance de nombre, de forme, etc., dans une espèce donnée. Il est à remarquer que leur développement, sur un point particulier de la fleur, se lie fréquemment à son irrégularité et semble entraîner celui du côté où le nectaire a son siège.