‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle ... BotaniqueChapitre 149 sur 258 · DIUECTIONS ET MOUVEMENTS UES PLANTES · texte numérisé non relu

DIUECTIONS ET MOUVEMENTS UES PLANTES

§ 049. Nous avons vu que les diverses parties des plantes se développent constamment suivant une même direction (1) : la racine, vers l'intérieur de la terre; la tige, en sens inverse, vers le ciel ; les feuilles, vers la lumière. On ne peut expliquer cette direction constante et nécessaire par leur seule tendance à se mettre en rapport avec le milieu qui leur offre les conditions propres à l’exercice de leurs fonctions, comme le démontrent quelques expériences fort simples. Qu’on fasse germer une graine dans un appareil tellement disposé que le milieu humide et obscur, la terre ou l éponge imbibée d’eau, se trouve placé audessus d’elle au lieu d’ètre, comme ordinairement, au-dessous : la radicule ne s’y enfoncera pas en remontant, mais descendra en pendant dans l’air; la tigelle n’ira pas chercher l’air et la lumière qui sont au-dessous, mais montera en s’enfonçant dans la terre. Qu’on place à peu de distance de la radicule ainsi descendante une éponge mouillée offrant un plan vertical, la radicule ne déviera pas, mais continuera à marcher parallèlement dans le vide de l’air. C.elte tendance inverse des deux portions de l'axe végétal tient donc à leur nature intime. Nous savons, au reste, que c’est l’axe primaire seulement qui est doué de cette propriété, qu’on n’observe dans les axes secondaires qu’à un moindre degré, et qui mémo peut y disparaître complètement, comme le prouvent la direction de plus en plus oblique de ces axes et même souvent leur marche horizontale; dans les rhizomes, par exemple.

§ 650. Si l’on cherche à changer cette direction naturelle des parties , elles ne tardent pas à la reprendre d’elles-mèmes. Uno branche retenue de force dans une position horizontale se redresse bientôt par son extrémité qui s’allonge, et elle recommence à

(1) Quelques plantes parasites croissant sur les arbres , celles de la famille des Loranthacées, et notamment le Gui, qui la représente chez nous, font exception à cette règle. La graine du Gui s’attache aux branches par la glu qui l’entoure, germe ainsi attachée, et dirige toujours sa radicule vers le centra de la branche, sa gemmule en sens inverse. Sur un boulet, dont on peut de plus faire varier la position, la radicule pousse de même en se dirigeant vers le centre. Sur la vitre d’une fenêtre elle tend toujours vers l’intérieur de l’appartement, qu’elle soit appliquée sur la surface extérieure ou intérieure de la vitre. En un mot, c’est toujours vers la lumière que paraît se diriger la gemmule, tandis que la radicule se dirige vers l’obscurité.

4Nü BOTANIQUE.

monter : dans les mêmes circonstances, une racine se courbe et recommence à descendre. Kniglit proposait une explication assez simple de ce phénomène, en faisant remarquer que les sucs, par l’effet de la pesanteur, s’accumulent sur toute la face inférieure de la branche ainsi horizontale; que l’accumulation des sucs détermine un développement plus actif dans toute cette moitié, dont les fibres s’allongent plus dans un même temps que celles de la moitié supérieure, et qu’il en résulte nécessairement qu’elle doit s’arquer en tournant sa convexité en bas, et conséquemment redressant son extrémité. Quant à la direction de la racine qui ne s’allonge que par le bout, il l’expliquait également par la pesanteur qui doit toujours accumuler les sucs à ce bout inférieur et le faire descendre. Mais cette théorie ne peut s’appliquer au cas ou la direction de la racine est intervertie, ni à celui où les axes secondaires suivent naturellement une marche très-oblique ou horizontale, ou même descendante, comme, par exemple, dans certains arbres pleureurs.

§ 651 . M. Dutrochet a cherché, dans la structure même des parties, la cause qui détermine leur direction. Si, dans une masse de tissu cellulaire, les cellules vont en diminuant de dimension dans un certain sens, de telle sorte que sur un ou plusieurs plans de cellules plus grandes s’appliquent un ou plusieurs plans de cellules plus petites, et si par l'effet de l’endosmose ces cellules viennent à se gonfler, les plus grandes se rempliront plus et plus vite que les petites, leur plan s’étendra plus que le plan de ces dernières, et, comme ces plans sont intimement unis, il faudra qu’ils se courbent, le plus grand occupant la convexité de l'arc et le plus petit sa concavité. Si donc dans un axe les cellules vont en diminuant de dehors en dedans, il y aura tendance à l’incurvation en dedans; si elles vont en diminuant de dedans en dehors, il y aura tendance a l’incurvation en dehors. Ces tendances ne se manifestent pas tant que la tige est entière et également forte dans tout son contour, puisque les côtés également distants du centre et tendant à se courber de la même manière par rapport à ce centre se neutralisent réciproquement. Mais que l’on coupe la tige en deux moitiés longitudinales ou que l'un des côtés se trouve plus faible que le côté opposé , l’équilibre est rompu et l’incurvation s’opère. La position horizontale tend à diminuer la force d’endosmose dans le côté qui est tourné en bas, et par conséquent cà déterminer l’incurvation soit dans un sens, soit dans l’autre. Or, suivant IM. Dutrochet, dans les tiges pourvues d’une moelle abondante , c’est du centre à la circonférence que les dimensions des cellules, considé-

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