‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle ... BotaniqueChapitre 154 sur 258 · MOUVEMENTS DF.S PARTIES DE LA FLEUR · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS DF.S PARTIES DE LA FLEUR

D’autres fois c'est lo style qui se porte en dehors vers les étamines mobiles, comme dans les Passiflores, quelques Onagres et 1 Cactus, le Nigella saliva , etc. On a observé même quelquefois une déviation assez forte pour que le style d’une fleur aille se mettre en rapport avec les étamines d’une autre ; dans une espèce de Collinsonia, par exemple.

Enfin, ces deux mouvements peuvent s’opérer à la fois; le stigmate et l’anthère se porter l’un vers l’autre par l’inclinaison, soit ^ combinée, soit alternative, des filets et des styles, dans des Mauves et autres fleurs de la famille des Malvacées, des Onagres, etc.

Le plus souvent, ce mouvement ne s’opère qu’une fois dans la vie de la fleur ; il est plus rare de le voir se renouveler plusieurs fois. Peuvent-ils être comparés à ceux des feuilles et des corolles? Médicus, dans le lioerhaavia diandra , les a vus varier aux différentes phases du jour et se modifier la nuit, tellement que, couché sur le coté do la fleur le matin, le pistil, vers 1 0-1 1 heures, se relevait peu à peu vers le centre jusqu’à ce que le stigmate ren- ! contrât quelqu’une des anthères; qu’au contraire, le soir, c’étaient ' les étamines qui, couchées latéralement, se relevaient à leur tour I pour aller trouver le pistil. 11 y avait donc un certain rapport entro la marche de ces organes et celle de la lumière, qui exerçait sur eux son influence si puissante sur la plupart des phénomènes végétaux.

§ 665. Néanmoins d’autres agents peuvent la mettre en mouvement, et nous arrivons là à l’un des phénomènes les plus singuliers et jusqu’ici les moins explicables : celui de mouvements plus ou moins brusques provoqués par l’attouchement d’un corps étrani ger. Il y a déjà plusieurs siècles qu’on avait signalé le mouvement des filets de la Pariétaire lorsqu’on les touche, et par suite duquel a lieu la déhiscence des anthères. Si, dans une Épine-vinette, on touche, même très-légèrement et à peine, la base d’un des filets, il se recourbe de suite en dedans comme si on lâchait un ressort, applique son anthère sur le stigmate , puis reprend plus lentement sa position première ; et cette expérience peut être renouvelée un certain nombre de fois. Dans les Cistinées, dans, le Sparmannia l’irritation, portée de même à la base des filets, exerce un effet tout contraire, puisqu’ils se rejettent de dedans en dehors, s’éloignant ainsi du pistil ; mais ils y reviennent ensuite avec plus de force, comme un ressort plié en sens inverse de sa direction. Dans les Lobélias, la Gratiolo, les Gentianes, ce sont les stigmates qui se meuvent par l’application d’un irritant étranger; et l’on voit alors les deux lames de celui de plusieurs Bignones [f(j. 396), écartées au moment de la floraison, se rapprocher en se

/iO« BOTANIQUE.

contractant. Celui du Ruellia anisophylla, courbé dans un sens, se redresse lorsqu’on l’irrite, puis so courbe en sens opposé et vient ainsi se mettre en rapport avec les poils collecteurs de la corolle tout chargés de grains de pollen. Dans les Stylidium les filets soudés avec le style forment une colonne habituellement pliée en dehors de la lieux-, mais qui se relève brusquement dès qu’on la touche vers sa courbure. Les fleurons des Chardons, et d’autres plantes de la même famille, montrent, quand on vient à les toucher, une sorte de balancement dù à la contraction de leurs filets insérés sur la corolle, qu’ils entraînent ainsi dans leur mouvement.

Cette excitation, que nous opérons artificiellement, se produit fréquemment dans la nature par le choc de l’air ou des petits corps qu’il transporte, et surtout par l’agence des insectes qui viennent se poser sur les fleurs et s’agiter au dedans en suçant les sucs des anthères et des stigmates. D’ailleurs le mouvement a quelquefois lieu sans excitation apparente, par exemple sur le Stylidium , vers le milieu des jours très-chauds, et on a remarqué qu'alors il est beaucoup plus lent et régulier.

§ GG6. C’est principalement sur les feuilles qu’on a étudié les mouvements produits par une excitation venant du dehors; et chacun connaît la Sensitive , qu’on peut appeler vraiment classique sous ce rapport. Ses feuilles bipennées se composent d’un pétiole commun un peu redressé, de quaire pétioles partiels, situés deux à l’extrémité du précédent et convergents , deux un peu plus bas et en partant presqu’à angle droit; chacun d’eux porte plus de vingt paires de petites folioles horizontales. Les pétiolps et les folioles sont articulés à leur base renflée en une petite masse cellulaire, dans laquelle les faisceaux vasculaires sont disposés en cercle près de la périphérie. Telle est la position des parties exposées à la lumière. Si l’on vient à remuer la plante un peu fortement. on voit sur-le-champ les folioles se redresser obliquement, de manière que celles d'une' même paire s’appliquent l’une sur l’autre par la face supérieure et que toutes celles d’une même série s’imbriquent de bas en haut, puis le pétiole commun se rabat et devient pendant; enfin les quatre pétioles partiels se fléchissent en convergeant les uns vers les autres et tendent ainsi à devenir parallèles au commun, au bout duquel ils pendent. C’est précisément la même position que toutes ces parties prennent pendant le sommeil. Si, au lieu de remuer la plante, on touche une seule foliole, ou mieux encore son renflement basilaire, elle se redresse comme pour dormir; puis les voisines l’imitent de proche en proche: si c’est, une foliole fies paires inférieures, le redressement marche de

Page 1