‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle ... BotaniqueChapitre 175 sur 258 · LICHENS · texte numérisé non relu

LICHENS

remplacer dans leur tissu une assez grande quantité d’azote qu’ils exhalent alors au dehors. Dans une atmosphère d’azote, ils modifient a peine ce gaz. C est donc à la terre qu ils empruntent ce principe si abondant chez eux, ainsi qu on devait s’v attendre en les voyant vi- \ re presque toujours sur les matières organiques en décomposition.

Chacun sait que le's Champignons offrent, à côté de mets recherchés, des poisons extrêmement dangereux. Il n’y a malheureusement pas de caractères auxquels on puisse distinguer les vénéneux des innocents, et on doit apporter à leur usage d’autant plus de prudence que l'expérience des autres n’est pas toujours décisive. Il parait en effet que la manière de les apprêter entre pour beaucoup dans les effets qu’ils peuvent produire. On détruit les qualités malfaisantes de certaines especes en les faisant cuire ou saler, ou infuser dans le vinaigre; ce qui prouverait qu'en cas d empoisonnement il faudrait se garder de sel ou de vinaigre, qui, dissolvant le principe vénéneux, le répandraient avec beaucoup plus de rapidité dans tout le corps.

§ 734. Lichens ( Lichenee ). Les Lichens forment ces expansions

511. Lichen hyménothalamé, ie Parmelia acetabulum — / Thallus. — s Apothccium en forme de scutellcs et à divers degrés de développement.

512. Apothecium coupé verticalement et grossi assez pour qu’on aperçoive la couche Ip formée par l’union des thèques et des paraphyses.

513. Une petite portion de l'apothccium, beaucoup plus grossie. — cm Couche médullaire. — cc Couche corticale. — t l Thèques à divers degrés de développement. — p Paraphyses.

ordinairement sèches que nous voyons s’étendre sur les pierres, la terre, l’écorce des arbres, qu’ils recouvrent de ces teintes variées qui leur sont propres. L’expansion qu’on appelle le thallus du Lichen a quelquefois la consistance d’une fine poussière et alors elle est mal circonscrite et sans forme arrêtée. D’autres fois elle forme une sorte de croûte de forme déjà plus régulière et de consistance assez analogue au stroma de certains Champignons. Enfin elle peut s’étendre en lames dont le contour est nettement circonscrit, souvent par des lobes qui en se développant se partagent par une sorte de dichotomie, ou bien s’allonger en filets simples ou rameux. On reconnaît dans le tissu deux sortes de cellules : les unes courtes, à parois épaisses et d’ordinaire unies intimement entre elles; les autres allongées en filaments lâchement, feutrés. Les premières seules s’observent dans les Lichens de consistance pulvérulente on crustacée; dans les autres elles ne forment que la couche centrale ou médullaire [fig. 513 cm) sur laquelle vient s’étendre des deux côtés une couche corticale (c c) formée par les cellules filiformes. Quelques-unes descendant de la face intérieure,, sous forme de petits filets, servent à fixer le lichen au corps sur lequel il est porté , et simulent des sortes de racines , mais sans en remplir les fonctions.

Par les organes de la reproduction , les Lichens se rapprochent tout à fait des Champignons thécasporés ■ car chez eux ce sont aussi des thèques contenant les spores au nombre de 2 ou de l'un de ses multiples, 4,8 le plus souvent, quelquefois 12 ou 1(3. Elles sont rapprochées par groupes tantôt portés immédiatement sur la substance du thallus, qui forme ainsi par places le réceptacle, tantôt sur une substance propre et intermédiaire. Ce réceptacle se relève autour des groupes en un rebord saillant formé de même aux dépens ou du thallus, ou de la substance propre, ou des deux à la fois, et qui tantôt forme autour une simple margelle; tantôt, dépassant les thèques, se referme au-dessus d’elles de manière à les renfermer dans une cavité, et prend alors le nom de périt heciurn. Souvent il ne les enveloppe complètement que dans le premier âge, puis s’entr’ouvre et s’étale. Aux thèques s’entremêlent des filets stériles ou paraphyses, qui, plus longues et unies par leur sommet, lient tout ce système en une sorte de masse unique. Cette masse, avec son réceptacle, représente évidemment celle des Champignons avec son hyménium, et prend ici le nom à'apothecium. Le reste du thallus, ne pouvant donc répondre qu’au mycélium, établit ainsi entre ces deux classes une dilférence essentielle.

On peut distinguer les Lichens où le réceptacle est fourni par le

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