‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle ... BotaniqueChapitre 22 sur 258 · ÉCORCE · texte numérisé non relu

ÉCORCE

§ 73. Nous savons que dans les premiers temps le système cortical ne se distingue pas du ligneux ; qu’un peu plus tard, dans chacun des faisceaux développés en cercle autour de la moelle, une mince ligne d'un tissu demi -fluide , le cambium [pg. 96 et 97 c), dessine elle-même un arc qui sépare ce faisceau en deux parties inégales, l'extérieure (fc). appartenant à l’écorce, beaucoup plus étroite que l'intérieure ( f b ), appartenant au bois; que toute la zone cellulaire qui est en dehors des faisceaux forme le parenchyme cor • lirai, dans lequel on peut distinguer, outre l'épiderme (cp), deux modifications bien distinctes, l'enveloppe subéreuse (p) et l’enveloppe cellulaire (ec); qu’enfin dans cette enveloppe, et entremêlés aux faisceaux de libres corticales, circulent en général de nombreux laticifères. L’écorce, comme le système ligneux, offre donc une portion cellulaire et une portion fibro vasculaire. Mais ici il y a inversion et dans la situation et dans la proportion relative des parties ; car le parenchyme, cette sorte de moelle de l’écorce, occupe son pourtour ; et elle offre un développement plus grand, des formes plus variées que les faisceaux fibro-vasculaires, tandis qu’au contraire dans le bois nous avons vu ces faisceaux beaucoup plus développés et beaucoup moins simples qqe la moelle.

En conséquence de cette situation inverse des parties, nous suivrons une marche inverse également dans leur examen ; nous considérerons d’abord la partie cellulaire et extérieure , qui est la première formée ; puis les faisceaux et les fibres , qui composent la partie intérieure de chaque couche; car nous savons (§58) que dans nos arbres de chaque année il se forme une couche d'écorce en même temps qu’une de bois. Mais de la situation inverse de la première résulte un effet qu’il était facile de prévoir. Tandis que les zones de bois restent immobiles, la nouvelle s’adaptant sur une plus ancienne qu’elle vient recouvrir, les zones d’écorce sont incessamment repoussées en dehors, pour faire place à d’autres plus jeunes, et surtout aux nouvelles couches ligneuses qui se forment au dedans d’elles. Une fois qu’elles ont atteint tout le développement dont elles sont susceptibles, ne pouvant se prêter à une extension indéfinie, elles subissent nécessairement des altérations plus ou moins graves, qui sont d’ailleurs augmentées par leur position au dehors ; elles se fendent dans divers sens, se détachent par plaques ou par

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lames, etc., et cela dans l'ordre de leur formation, les plus anciennes et les plus extérieures s’altérant aussi les premières.

$ 7i. [.'épiderme, qui nous a déjà assez occupés (§ 37) pour qu’il soit inutile de s'y arrêter ici, est la partie de l'écorce qui doit, par la distension résultant de l’accroissement progressif de la lige et l’action des agents extérieurs, disparaître aussi la première. Son existence est en effet tout à fait temporaire ; il finit, un peu plus tôt, un peu plus tard, par se fendre, se morceler, se dessécher et se détruire.

§ 75 Sous lui étaient d'autres couches cellulaires, qui remplissent alors sa place en revêtant la tige, et qui quelquefois, disparaissant à leur tour, sont remplacées elles-mêmes par de nouvelles couches sous-jacentes. Cette couche cellulaire, étendue à la surface de l’écorce, est appelée son épiderme par beaucoup d’auteurs, qui attachent. ainsi à ce mot une autre valeur que nous ne l’avons fait. M. Mohl propose de la nommer péri derme, nom qui exprime assez bien sa situation intérieure par rapport à l’épiderme proprement dit, périphérique par rapport à l’ensemble de l’écorce ou derme (âéppx). Ce périderme ne reconnaît pas toujours la même origine et peut se former à des profondeurs différentes. C’est ce que nous comprendrons mieux en examinant plus en détail les diverses parties constitutives de l'écorce, de dehors en dedans.

§ 76. 1° Couche ou enveloppe subéreuse. — Elle a reçu Ce nom parce que c’est elle qui, dans quelques arbres, constitue la substance connue vulgairement sous le nom de liège (suber). On l’a nommée aussi epiphlœum (i~L, sur, <p>oto;, écorce) à cause de sa position superficielle. On l’aperçoit [fuj. 97, 98 p) d’abord sous l’épiderme, formant une ou plusieurs rangées de cellules cubiques, ou souvent plus allongées dans le sens horizontal, intimement unies ensemble, ne renfermant jamais de granules à l'intérieur, ayant des parois minces d'abord incolores, plus tard souvent colorées en brun. Tantôt elle ne prend aucun développement, tantôt au contraire ses rangées se multiplient et son épaisseur devient plus ou moins considérable, notamment dans l’espece de Chêne si connue sous le nom de Liège, Quercus suber ( fig . 101 p). Toutes ses cellules n’offrent pas toujours identiquement la même forme et la même couleur; mais, de distance en distance, on en trouve de beaucoup plus comprimées ou tabulaires, disposées elles-mêmes en rangées, par lesquelles l’ensemble de la couche se trouve comme subdivisé en plusieurs couches secondaires. Cette disposition ne se voit pas trèsbien dans le Chêne-liège ou dans l'Érable commun, où ces couches de cellules tabulaires sont beaucoup moins nettement formées et ré-

gulières. Dans le Gymnocladus canadensis, les couches secondaires formées alternativement par les cellules larges et par les tabulaires étroites sont à peu près d'égale épaisseur. Dans le Bouleau commun ( Betula alba)n les couches de cellules tabulaires et colorées en brun ont pris beaucoup plus de développement que les autres, qui sont très-blanches et très-ténues, de manière qu’elles tendent à se rompre plus facilement par la croissance de la tige : de là ces feuillets bruns en dedans, blancs à la surface, qui se détachent de l’écorce du Bouleau. Enfin dans le Hêtre (Fagus sylvatica) les cellules tabulaires sont les seules qui se développent.

§ 77. Enveloppe cellulaire. — Onia nomme aussi couche verte, à cause de sa couleur la plus ordinaire; mesophlœum, à cause de sa position au milieu de la couche corticale (peso;, qui est au milieu; écorce). Elle se distingue en effet de la couche su-

béreuse qui l'entoure par la chlorophylle qui remplit et teint en vert ses cellules polyédriques à parois plus épaisses, plus lâchement unies, et laissant en conséquence entre elles des méats ou souvent des lacunes. Au milieu des cellules vertes, on en trouve assez fréquemment d’incolores qui renferment des cristallisations.

§ 78. Fibres corticales ou liber. — Elles forment des faisceaux placés vis-à-vis ceux du bois, séparés d'eux souvent par une nrnee lame de l’enveloppe cellulaire, toujours plus tard par une couche d’utricules appartenant au cambium. Ces fibres, d’un blanc brillant, sont plus longues et plus grêles que les ligneuses. Leurs parois, en vieillissant, deviennent très-épaisses et ponctuées parla formation do couches à leur intérieur. Ce sont elles qui offrent le plus de ténacité parmi toutes celles du végétal, et qui par là, dans beaucoup de plantes, rendent à l'homme de si importants services, en lui fournissant les matériaux de ses cordages, de ses fils et de scs tissus les plus solides, en même temps que la ténuité des fibres permet de leur laisser souvent toute leur finesse. Parmi les exemples, il n’est besoin que de nommer entre autres le chanvre etle lin. Le mode même de préparation du premier suffit pour démontrer combien lafibrecorticale est plus résistante que tous les autres éléments de la plante, qu’on fait d’abord rouir, c’est-à-dire macérer dans l’eau, et qu’ensuite on bat ; puisqu’on obtient les fibres intactes à la suite de cette double opération qui a détruit successivement toutes les autres parties.

Des rayons médullaires qui continuent en général ceux du système ligneux, mais restent plus larges, et composés naturellement de cellules moins pressées et moins unies, séparent les faisceaux corticaux, dont l’ensemble constitueune zone concentrique à la zone ligneuse. Comme dans le bois, tan tôt los faisceaux marchent suivant

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