Graine
697. La même coupée verticalement. — t Tégument. — p Périsperme. — Embryon.
Physalis somnifera et le Nicandra phijsalodes produisent des effets • semblables, quoique moins intenses. Ceux des feuilles du Tabac sont très-violents lorsqu’il est pris à l’intérieur ; mais ce n’est que ■ comme médicament qu’il est ainsi administré, et, dans l’usage habituel , il n’est niis en rapport qu’avec les parties les plus extérieures de la membrane qui tapisse le tube intestinal : avec lesnarines, en poudre; avec la bouche, mâché ou fumé, forme souslaquelle son effet doit être singulièrement affaibli , et cependant ne laisse pas d’ètre énergique lorsqu’on n’en a pas l’habitude. C’est de l’Amérique qu'il nous est venu ; les habitants d llaïti le nommaient yati, et le nom de tabac, qu’ils donnaient à la pipe, fut appliqué par les Européens à la plante. Walter Raleigh l’intro-duisit en Angleterre en 1586; mais il était cultivé dès 1560 en Portugal , d’où il fut apporté en France par l’ambassadeur Nicot, dont on a donné le nom au genre botanique ( Nicotiana ). Son usage fut d’abord sévèrement défendu par plusieurs souverains, mais s’établit malgré les menaces et les punitions, et finit par être un objet de faveur et même de monopole, en devenant une branche importante des revenus publics, comme il l’est aujourd’hui. Répandu sur toute la surface de la terre , sa culture s’est aussi généralisée , et on pourra s’étonner de trouver jusqu’en Ecosse et en Suède celle d’une plante originaire des contrées tropicales ; mais il est facile de s’expliquer cette diffusion, si l’on réfléchit que c’est une herbe* annuelle, qui ne demande pour parvenir à sa perfection que peu de mois de chaleur et qui d’ailleurs, dans son pays natal, croit sur les? hauteurs, par conséquent dans un climat plus tempéré. Plusieursespèces sont cultivées : le Nicotiana tabacum à fleurs roses, le plusgénéralement ; le N. rustica à fleurs jaunes, de préférence dans l’Afrique occidentale et l’Égypte, ainsi que dans le midi de l’Europe, . 1 où l’on en prépare le tabac de Salonique et probablement aussi du 1 Latakié. Celui de Shirazest le N. persica , peut-être originaire de cette contrée, ce qui pourtant est loin d'être certain. 11 est assez: singulier dans cette famille, à côté de ces produits vénéneux, d’en trouver d’autres d’une nature entièrement différente. Les fruib 1 du Piment ( Capsicum ) sont extrêmement piquants au goût et même 1 âcres, mais se mangent impunément; et ceux de la Tomate ( Ly - e copersicum esculentum), de 1 ’ Aubergine (Solanum melongena) el : de quelques autres sont tout cà fait doux et comestibles. Mais c’est- 1 surtout la Pomme de terre ( Solanum tuberosum) dont l’emploi fait ** contraste avec tous les narcotiques que nous avons cités d’abord. ^ Il est vrai que cet aliment si usité est fourni par une autre par- ^ tie de la plante et tout autrement modifiée, par les rameaux in- 1
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férieurs et souterrains (§ 190, fig. 178) qui forment en se rendant de riches dépôts de fécule. C’est aussi de l’Amérique que nous est venu ce végétal si utile ; mais de quelle contrée précisément? On l’a trouvé sauvage dans les montagnes du Chili, vers le 33e degré de latitude australe; dans celles du Pérou, où peut-être il avait été porté par les Incas; récemment sur les pics du Mexique, où cependant il n’était pas connu du temps de Montezuma, et ce fut de Virginie que Raleigh le rapporta en Angleterre. Mais il est bien difficile de déterminer si une plante d’une propagation aussi facile a toujours crû spontanément dans un certain lieu, ou si elle y a été laissée par le voisinage de l’homme à une autre époque. Quoi qu’il en soit, la Pomme de terre a eu plus de peine que le Tabac à s’établir en Europe, et chez nous on* peut regarder sa culture en grand comme ne datant que de ce siècle. Elle était plus tôt en usage dans le midi de la France; mais il fallut les efforts les plus persévérants d’un philanthrope éclairé, Parmentier, pour la faire adopter dans le Nord. C’est un fait qui a droit de nous causer aujourd’hui un singulier étonnement.
§ 837. Scrofularînées. — Elles ont les rapports les plus intimes avec les Solanées, dont elles diffèrent seulement, par l’irrégularité de leurs corolles et celle de leurs étamines, réduites à quatre didynames par l’avortement de la cinquième, ou à deux par l’avortement des trois autres. Aussi plusieurs genres ont-ils été rapportés tour à tour à l’une et à l’autre famille : par exemple, le Verbascum ou Bouillon-blanc, rangé primitivement dans les Solanées à cause de ses cinq étamines; maintenant dans les Scrof alarmées, parce que ces mêmes étamines, au nombre de cinq il est vrai , mais inégales et différentes entre elles, ainsi que les lobes de la corolle, manifestent ainsi leur tendance à l’avortement. Jussieu distinguait les Scrofularinêes à déhiscence septicide des Pédicularinées ou Rhinanlhacées à déhiscence loculicide ; on les réunit aujourd’hui parce qu’on a remarqué le premier mode de déhiscence dans des plantes qu’on ne peut éloigner des premières, et elles forment ensemble un seul et vaste groupe subdivisé en plusieurs tribus. On y observe aussi quelquefois la déhiscence septifrage. Elles sont en général, ainsi que les Solanées, âcres et amères, et on y trouve aussi quelquefois des propriétés narcotiques, notamment dans la Digitale, véritable poison lorsqu’on l’administre à dose un peu élevée , et dont l’action singulière se fait sentir principalement sur la circulation, qu’elle ralentit à un point remarquable après l’avoir accélérée momentanément; ce qui, la fait employer dans les maladies où il
importe de modérer le cours du sang, dans les palpitations et les anévrysmes.
§ 838. Convolvulacées. — Les Cuscutées et Dichondrées leur sont en général réunies comme simples tribus. Plusieurs des caractères