FEUILLES. STRUCTURE
tics constituantes se conservent dans la feuille [fig. I 28, p). Le faisceau vertical dans la tige, en devenant oblique ou horizontal dans la feuille, doit tourner en haut la portion qui avant regardait en dedans, en bas la portion qui avant regardait en dehors. Or un faisceau fibro- vasculaire de la feuille présente, dans sa moitié tournée vers la face supérieure, d’abord des trachées (/) , puis des vaisseaux-d’un autre ordre [v] accompagnés de fibres (f) ; dans sa moitié tournée vers la face inférieure, des vaisseaux propres et des fibres analogues à celles du liber (!) : de telle sorte qu’on pourrait, jusqu’à un certain point, comparer la supérieure au bois et l’inférieure à l’écorce.
§ 126 L’épiderme offre aussi en général sur l’une et l’autre face des différences remarquables. Nous avons déjà signalé précédemment (§ 41) les stomates beaucoup plus abondants sur l’inférieure que sur la supérieure. La première présente encore souvent des poils et des écailles qui manquent ou sont beaucoup plus rares sur la supérieure, et par là une plus grande ressemblance avec l’aspect extérieur de l’épiderme de la jeune tige. Dans les feuilles qui flottent sur l’eau (celles du Nymphœa , par exemple) c’est au contraire l’épiderme supérieur qui est percé de stomates, tandis que l’inférieur en est dépourvu. Dans toutes les feuilles les stomates ne s’observent que sur la portion qui correspond au tissu cellulaire, et manquent sur celle qui correspond aux faisceaux fibrovasculaires.
§ 127. Quant au parenchyme, il mérite un examen particulier comme siège des fonctions spéciales de la feuille.
En général, dans celles qui sont assez minces et aplaties (fig. 129 et 130), on peut distinguer deux régions ou couches de ce parenchyme, l’une supérieure, l’autre inférieure. Dans toutes deux, les cellules sont, à l’état normal, remplies de granules colorés en vert par la chlorophylle ; mais elles n’ont en général ni la même forme, ni le même agencement dans l'une et dans l’autre. Car dans la supérieure (ps), au-dessous de l’épiderme (es), on trouve un, deux ou trois rangs d’utricules oblongs, beaucoup plus étroits que ceux de cet épiderme, obtus à leurs deux bouts, dirigés perpendiculairement à la surface de la feuille, pressés les uns contre les autres
premiers voyageurs qui les virent, par la sensation singulière que la distribution des ombres et des clairs donnait à l’œil ; et l’on s’étonna de cet effet insolite longtemps avant d’en reconnaître la cause. M. R. Brown, en visitant ce pays, se rendit facilement compte de cet éclairage bizarre, en constatant que la plupart de ces arbres, au lieu d’avoir des feuilles situées comme les autres, les ont en sens contraire. de telle sorte que la lumière glisse ainsi entre des lames verticales, au lieu de tomber sur des lames horizontales. Ce sont de véritables feuilles dans un certain nombre d’espèces, mais dans d’autres de simples phyllodcs [voyez § 141).
de manière a ne laisser enlre eux que détroits méats (ni), s'écartant cependant quelquefois de manière à laisser enlre plusieurs
d’entre eux une lacune qui se trouve le plus souvent correspondre à un stomate (fig. 83 s). La couche inférieure (pi) est composée d’utricules irréguliers, tantôt rameux , unis entre eux seulement par le bout de leurs branches, tantôt simples et accolés par la plus grande partie de leurs surfaces, mais dans tous ces cas laissant entre eux de nombreuses lacunes (/) qui communiquent les unes avec les autres et forment un parenchyme réticulé, qu’on pourrait appeler caverneux ou spongieux. De ces lacunes beaucoup sont situées immédiatement sur l’épiderme inférieur, criblé, comme on le sait, d'un bien plus grand nombre de stomates que l’autre, et c’est précisément à ces stomates que correspondent les lacunes Le parenchyme de ces feuilles est donc généralement plus serré en haut (ps), en bas plus lâche (pi), creusé d’un plus ou moins grand nombre de lacunes communiquant enlre. elles ou immédiatement ou par les méats, et au dehors par les ouvertures des stomates.
Sa disposition n’est pas la même tout à fait dans les feuilles épaisses des plantes qu’on désigne vulgairement sous le nom de grasses, dont les cellules assez grosses laissent peu d’intervalles entre elles, et ne renferment que peu de globules verts, surtout vers le centre où leur amas blanchâtre simule une sorte de moelle.
Il est inutile de s’étendre ici sur les modifications diverses que
129. Tranche mince verticale faite sur une feuille de Lis et vue à un fort grossissement. — es Epiderme de la face supérieure — « Épiderme delà face inférieure — ps Parenchyme de la région supérieure. — pi Parenchyme de la région inférieure — m Méats. — 1 1 Lacunes.
130. Tranche semblable sur la feuille de la Balsamire. — Li s mêmes lettres on‘ la même signification que dans la figure précédente. — s s Stomates.
l'KÜIM.RS. STHUCTUIVli. 10!)
peut présenter ce parenchyme des feuilles, suivant lo végétal où on l’examine, suivant la place (pie la feuille observée y occupe, et. même d’une même feuille à différents âges. Mais l’existence dans son épaisseur d'un certain nombre de méats et de lacunes, dont les plus extérieurs s’ouvrent sous les stomates, et le rapport constant qui existe entre la fréquence de ces vides et l’intensité de la coloration en vert, sont deux faits généraux qu’il ne faut pas perdre de vue.
On peut constater cette disposition au moyen de tranches très minces de la feuille, coupées perpendiculairement à sa surface (/h/. 130); elles sont instructives surtout si elles intéressent quelques stomates. La correspondance de ceux-ci avec les lacunes peut s’étudier aussi sur des lambeaux d’épiderme (fig. 131) avec lequel on a enlevé une petitc couche des cellules vertes (pp) qui lui adhèrent, et qui figurent sous le microscope un c réseau vert dont les mailles à
circonscrivent des aréoles inco- ist
lores dans lesquelles se trouve en général compris un stomate.
§ 127 bis. Feuilles submergées. Les feuilles qui vivent SOUS
l’eau présentent une structure fort différente. Elles sont dépourvues d’épiderme, et par conséquent de stomates. Le squelette Pibro-vasculaire y manque aussi, et si quelquefois à l’extérieur on croit l’apercevoir, un examen plus attentif fait avec des grossissements suffisants fait voir des cellules allongées où l’on avait cru d’abord, par analogie, devoir trouver des vaisseaux. C’est donc le parenchyme seul qui compose la feuille; mais ses cellules, sur deux ou trois rangs seulement d’épaisseur en général, conséquemment la plupart en contact immédiat avec le liquide environnant, sont ordinairement régulières, intimement soudées ensemble, sans intervalles allongés en méats ou dilatés en lacunes , cependant montrant toutes dans leur cavité des granules verts (/iV/. I 32 , p ).-ll est vrai que dans celles de ces feuilles qui sont plus épaisses, on trouve quelquefois des lacunes (fig. 132, /); mais alors celles-ci, ordinairement de forme et de disposition très régulières, n’ont de
131. Lambeau de l’épiderme inférieur e de la feuille de la balsamine, sur lequel est appliqué le réseau formé par la couche inférieure du parenchyme /?. Les aréoles de ce réseau sont autant de lacunes /, correspondant souvent à des stomates s.
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rapports ni les unes avec les autres, ni avec le dehors, complètement closes par leur paroi de cellules environnantes. Elles paraissent destinées à diminuer la pesanteur spécifique de la feuille et à la soutenir ainsi dans l'eau, jouant par là un rôle analogue à la vessie natatoire des poissons.
On peut observer que ces feuilles retirées de l'eau se dessèchent, se crispent et se déforment très rapidement , ce qui s’explique par 1 absence d’un épiderme qui retarde l’évaporation des liquides contenus dans le parenchyme, et d’un squelette solide qui le maintient.