‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle ... BotaniqueChapitre 92 sur 258 · Calice c de la Capucine. — e Éperon. — p Pédicelle · texte numérisé non relu

Calice c de la Capucine. — e Éperon. — p Pédicelle

273. Calice c d’une Malvacée ( Hibiscus , avec son calicule 0.

florales. Les folioles de cet involucre peuvent se souder et former ainsi un calicule monophylle (fig. 277 et 276, i).

Mais d’autres fois le calicule reconnaît une origine tout à fait différente. Ainsi les feuilles des Rosacées sont munies a leur base de deux stipules rejetées sur un plan un peu extérieur par rapport au limbe. Qu’on suppose cinq de ces feuilles groupées en un verticille et soudées entre elles à leur base; les stipules formeront un cercle de parties rapprochées deux à deux, alternant avec les limbes, portées sur la même base, mais sur un plan un peu extérieur. Ces stipules enfin, au lieu de se juxtaposer simplement, pourraient se réunir par leurs bords et se réduire ainsi de dix à cinq. Or. c’est précisément ce qui a lieu dans les calices de plusieurs genres de Rosacées, comme les Poten tilles (fi g. 274), les Fraisiers, etc., où, entre* les cinq divisions c du calice S-parti, se montrent extérieurement autant de languettes ù formant par leur ensemble un calicule. Que ce soient les stipules réunies deux à deux de ces folioles calicinales, c’est ce que la nature nous aide à deviner en montrant quelquefois quelques-unes de ces mêmes languettes bifides ou biparties, et trahissant ainsi leur origine binaire. Si cette explication est vraie, l’épithète de brac- (éolé ( bracteolatus ), par laquelle on a désigné ces calices, est tout à fait impropre, et le double verticille n’en constituerait réellement qu’un seul.

On ne peut proposer la môme opinion pour les deux rangs de divisions les plus extérieures opposées aux pétales, qui terminent le tube du calice dans la lleur de la Salicaire des marais ( Lythrum salicaria) ; comme la môme disposition se rencontre dans toutes celles de la même famille, et comme dans aucune de ces plantes les feuilles n’ont de stipules, on doit admettre ici le, doublement du calice par addition d’un verticille entier. On voit par ces exemples que des causes différentes peuvent amener des résultats semblables, et qu’il ne faut pas s’arrêter à l’apparence dans la détermination des parties.

§ 116. La consistance du calice est le plus ordinairement celle des feuilles, qu’on désigne par foliacée ou herbacée; ordinairement alors la couleur est verte, mais dans quelques plantes elle passe à d’autres teintes analogues à celle des parties les plus in-

274. Calice d'une potentillc ( Polenlilla veina), vue en dessous, avec son calicule b.

CALICE

térieures : au rouge clans le Fuchsia, le Grenadier, etc.; à l'orangé dans la Capucine; au rose dans le. laurier de Saint-Antoine ( Epila bimn spicatum). Quelquefois avec ces autres couleurs, ordinairement propres à la corolle, il lui emprunte aussi son tissu plus mince, plus délicat et mou, et en prend toute l’apparence extérieure, ce qui le fait alors nommer pétaloide : l’Ancolie, l’Hortensia en offrent des exemples parmi les dicotylédonées. Ils abondent parmi les monocotylédonées, où c’est même la consistance la plus habituelle du calice ou périanthe tout entier (Lis blanc et martagon, Jonquille, Glayeul, Jacinthes, etc., etc.), quelquefois seulement de sa rangée la plus intérieure. La consistance est, au contraire, dans d’autres monocotylédonées, complètement différente, c’està-dire sèche, dure, avec des dimensions fort réduites et rappelant plutôt celles des bractées, avec une couleur verte ou brunâtre, comme, par exemple, dans les Joncs. Le calice, ainsi modifié, est dit écailleux (squamosus), parce que ses sépales imitent les écailles du bourgeon; et souvent aussi glumacé ( glumaceus ), à cause du nom de glume qu'on a donné aux enveloppes de la (leur des Graminées remarquables précisément par cette consistance.

§ 417. Le limbe du calice se présente quelquefois entièrement méconnaissable sous la forme d’un cercle ou d’une touffe de soies ou de poils, qui prend le nom d 'aigrette ( pappus ) et lui communique celui d 'aigretté (papposus). Plusieurs familles de plantes, les Valérianées, les Dipsacées, les Composées, nous font voir les transitions de la forme ordinaire à celle-ci, dont les dernières surtout nous montrent toutes les môdifications possibles. Ainsi, dans des espèce de Mâches ( Valerianelh coronata) on voit déjà les dents du calice se prolonger à leur sommet en une arête roidc; dans les Valérianes, ce prolongement est beaucoup plus long, moû, et tout hérissé d’un fin duvet; il est devenu une aigrette. De même, dans les vraies Scabieuses (la fleur des veuves [ fig . 276, p e]j, les cinq lobes du calice, très-courts mais très-distincts, se terminent par cinq longues arêtes; dans celles dont un a fait le genre Plerocepîïalus , on trouve à la place une aigrette; et ses branches ou rayons, de même que dans les Valérianes, excèdent plus ou moins le nombre cinq, comme si non-seulement les cinq nervures médianes, mais en même temps plusieurs des autres, prenaient ce développement singulier [fi g. 277 l ). Dans un genre de Composées [Catananclie [fig. 275, /]) le limbe se compose de cinq divisions élargies à leur base, rétrécies graduellement de bas en haut, et enfin amincies en un fil velu, véritable rayon d’aigrette. Celle-ci prend tout son développement dans un grand nombre d’autres genres de celte

famille; et ses rayons, souvent très-multipliés, ne forment plus toujours de simples verticilles, mais des touffes, comme s’ils naissaient de plusieurs cercles concentriques : ce qui a lieu vraisemblablement et ce qui arriverait aussi dans les Dipsacées, si l’involucelle ou calice extérieur dont chacune de leurs fleurs est enveloppée avait, comme l’intérieur, son limbe effilé en aigrette. On dit que l’aigrette est plumeuse ( plumosus ) quand chacun de ses rayons est couvert do petits poils visibles à l’œil nu ( fig . 275, -277, comme dans les Scorsonères, les Cirses, etc.) ; simple ( simplex seu pilosus) quand chaque rayon, dépourvu de ce duvet, a lui-même l’apparence d’un long poil uni à sa surface (fig. 276, /, comme dans le Pissenlit). Mais alors même, en le regardant à travers une loupe, on aperçoit en général cette surface toute hérissée de petites aspérités; lorsqu’elles se prononcent assez pour figurer autant de petites dents facilement visibles, l’aigrette est dite dentelée.

En représentant les rayons de l’aigrette comme des prolongements des nervures, nous n’avons pas entendu qu’ils soient formés par les faisceaux fibro-vasculaires dégagés du parenchyme; ils en continuent la direction mais non le tissu, réduits eux-mêmes au cellulaire et analogues aux poils par leur structure comme par leur apparence.

275-277. Exemples de calices dont le limbe l passe graduellement â letat d’aigrette. — c Calice dont le tube t fait corps avec l’ovaire et se rétrécit au-dessus de lui en une colonne grêle dans les fig. 276 et 277 , dont le limbe l est à plusieurs ■ divisions rétrécies en fil à leur sommet ou dès leur base. — i Involucre ou calicule coupé dans sa longueur.

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