Un pétale de YEryn'jium camj/cslre
comme tétrapètale ou dipétale par avortement : expression tout à fait juste ; car on voit clans d’autres espèces de Marronnier, et même dans quelques fleurs du même, reparaître le cinquième pétale; on en compte constamment cinq dans beaucoup d’autres espèces de Capucines. Le nombre des pétales, qui est de cinq dans presque toutes les Légumineuses, se trouve dans VAmorpha réduit à un seul, placé entre.deux des cinq divisions du calice, et en ce cas on dit la corolle unipétale , mot qu’il ne faut pas confondre avec monopélale (§364).
§ 427. Dans la description on doit indiquer, outre le nombre, la direction des pétales (dressés, divergents, étalés, réfléchis, § 413) par rapport à l'axe de la fleur; celle du limbe par rapport à l’onglet avec lequel il fait quelquefois un angle; leur longueur par rapport au calice; leur forme, sur les modifications de laquelle nous venons de donner quelques détails, et qui peut être semblable, ainsi que leur grandeur, dans tous ceux d’une même fleur, ou bien différente. Dans ce dernier cas. où la corolle polypélale est irrégulière, on décrit à part les pétales dissemblables, en désignant leur place par rapport à l'axe de l’inflorescence. Quand l'irrégularité est la même pour les fleurs d’un grand nombre de plantes, il suffit d’un mot pour en faire connaître les traits principaux. Tel
est celui de papilionacées , appliqué aux corollcsde toutesles Légumineuses de notre pays. Des cinq pétales (fig. 283) un, e, supérieur, c’est-à-dire tourné du colé de l’axe, plus grand et ordinairement plié sur luimême , embrasse les quatre autres. : on le nomme V étendard [vexillum)\ deux latéraux, a, qu’on appelle les ailes ( alœ ), iccouvrent eux-mêmes les deux inférieurs, b, qui, rapprochés et souvent même soudés par leur bord, forment par leur réunion une pièce en forme de nacelle, la carcm [carina).
Certaines modifications de corolles polvpétales régulières, qu’on retrouve dans un grand nombre de fleurs, en général dans celles d'une même famille,' ont aussi reçu des noms particuliers. C’est ainsi qu’on appelle cruciformes [fig. 284) celles qui ont quatre pétales opposés deux cà deux en croix; rosacées [fig. 285), celles qui ont cinq pétales sans onglets et ouverts, disposés comme dans la rose simple; caryophyllées [fg. 286), celles qui ont cinq pétales munis d’onglets.
283. Fleur d'une papilionacée ( le Fois de senteur Lnlhyrus ocloralus ]. — c Cu lice. — c Etendard. — a Ailes. — h Carène.
COKOLLE.
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§ 428. La plupart dos notions que nous avons données sur les pétales en général peuvent s’appliquer également à ceux qui par leur réunion forment la corolle monupétale. On conçoit cependant qu’il ne peut être question ici de la distinction en onglet et limbe, (Musqué les bases sont confondues. Souvent pourtant ces bases paraissent représenter les onglets, les sommets représenter les limbes Aussi appelle-t-on de ce même nom de limbe (fig. 287, /) ces par-
284. Fleur de la Giroflée commune [Cheiranlhus cheiri). — c Lobes des folioles du calice, dont deux, plus extérieurs, se prolongent inférieurem'ent en une bosselure. — p p Pétales — e Les plus grandes étamines, dont on n’aperçoit que le sommet des anthères.
285. Fleur d’une rose ( Rosa rubiginosa ). — b Bractée. — cl Tube du calice. — cf cf Folioles du calice. — p p p p p Pétales. — c Étamines.
28G Fleur d’un Œillet [Dianlhus monspPssulanus]. 1 . — b Bractées. — c Calice. — pp Pétales avec leurs onglets a rapprochés en tube. — e Etamines. — 2. Un pétale du précédent, séparé. — n Onglet. — l Limbe.
ties supérieures libres dans leur contour, et décrit-on leur forme par les mêmes termes que celle des pétales isolés ; la partie inferieure, dans laquelle les pétales sont intimement unis parieurs bords, s’appelle le tube (287-94 . t), et en a ordinairement la forme ; l’entrée du tube, le cercle intérieur à la hauteur duquel les pétales se détachent l’un de l’autre, est la gorge [faux).
Ces noms, au reste, s’appliquent également au calice ou à tout périanthe monophylle, de même que, d’une autre part, les mots par lesquels nous avons désigné (§4 1 4) les divers degrés de hauteur auxquels les pièces du calice ou périanthe sont soudés < ntre eux, ou, si l’on aime mieux , les divers degrés de profondeur dans leurs découpures, sont également employés pour la corolle monopétale.
§ 429. Mais on a inventé plusieurs mots particuliers pour désigner certaines formes de corolles monopétales communes à un grand nombre de fleurs. Nous citerons, parmi les régulières, la
Tubuleuse ( tubulosa dont le tube long, cylindrique, semble continué par le limbe, qui suit la même direction (par exemple, dans le Spigelia [fig. 287], dans la Consoude [fig. 292]).
Infundibuiiforme (infundibuliformis) ou en entonnoir, celle qui en rappelle la forme par son limbe, s’écartant au sommet du tube en un cône renversé (par exemple, dans le Tabac [fig. 289]).
Hypocratériforme ( hypocrateri forints ) ou en soucoupe, celle dont le limbe, placé comme une soucoupe très-évasée, surmonte un tube droit (par exemple, dans les Primevères [fig. 290]).
Ilutacée irotacea ), celle dont le limbe présente des divisions ouvertes comme les rayons d’une roue dont le tube extrêmement court figurerait le moyeu (par exemple celle du Myosotis [fig. 291]).
Étoilée [stellata), la même à divisions très-aiguës (par exemple, dans les Galium).
Urcéolëe ( urceolata ), ou en grelot, celle dont le limbe est presque nul, le tube renflé à son milieu, rétréci aux deux bouts (par exemple, dans la Bruyère cendrée [fig. 288]).
Cainpanulée ( campanulata ) ou en cloche, celle qui imite cette forme par son tube évasé graduellement jusqu’au limbe (par exemple dans les Campanules [fig. 293]).
Digitaliforme (digitaliformis) , en forme de dé à coudre ou cloche allongée (fig. 294).
Calathiforme (cala t ht fur mis), celle qui est hémisphérique et concave comme un bol. Cette forme est plus fréquente pour les calices.
Cyathi forme (cij athiformis) , celle qui a la forme d’un verre à pied, c’est-à-dire concave, en forme de cône renversé.
COROLLE
287-294. Corolles monopétales régulières. — c Calice. — p Corolle. — t. Son tube. — l Son limbe. — s Sommet du style et stigmates.