TROISIÈME PARTIE
niques prodigieux opérés par ce moyen. Le jardinage est un de ceux qui réunissent le plus de chances de succès; la culture des fleurs exige en effet le labour, qui exerce fortement tous les membres , et l’arrosement , qui met surtout en action les extrémités supérieures. La chasse, l’équitation, la course, le saut, etc. , produiront les meilleurs résultats. La partie de l’encéphale qui préside aux mouvemens est alors seule en exercice; elle se développe aux dépens des autres, en même temps. que les organes directs des mouvemens s’accroissent, et que, par une concordance déjà expliquée, les viscères de la vie individuelle acquièrent plus de puissance et d’énergie. On devra conseiller d’embrasser une profession qui remplisse le même-but.
Si les excès dans tous les genres sont terribles pour quelqu’un, c’est bien pour l’être faible dont nous parlons ; et si les excès dans les plaisirs de l’amour ont souvent abrégé l’existence , s’ils l’ont semée de mille maux, c’est encore chez les personnes de ce tempérament.
QUATRIÈME DIVISION
Réglés relatives a la constitution ou domine l'appareil locomoteur.
Cette constitution est pour ainsi dire l’opposée de la constitution précédente. La première consiste dans le développement outré de l’intelligence et du îWal , la seconde dans celui des organes locomoteurs, organes qui ne se développent que d’une manière inii. ' ' a3
35$ cours d'hygiène.
verse aux premiers. Cette prédominance organique est cependant aussi une disposition acquise. Elle est rare dans les siècles modernes où les divers exercices de la gymnastique ne constituent plus des professions. Il est cependant quelques états qui exigent de violens efforts musculaires et qui développent beaucoup les puissances locomotrices. La santé des athlètes a beaucoup occupé les médecins de l'antiquité. La plupart ont tracé des préceptes pour développer, conserver ou abattre les forces; ils sont entrés dans une foule de détails sur leur régime alimentaire, et en général sur leur manière de vivre. Parmi ces auteurs il faut surtout citer Hippocrate et Galien. La manière de créer des athlètes nous intéresse peu de nos jours, et nous pensons qu'il est inutile de donner des préceptes minutieux, ainsi que le fait un auteur anglais, sur cette matière. Nous devons nous bornera dire que si l'appareil musculaire avait usurpé sur les autres une prédominance fâcheuse; si cette prédominance menaçait l’individu de quelques maladies graves, ou seulement si cette prédominance éteignait chez lui l'intelligence et la sensibilité, on devrait éloigner ces inconvéniens.
On y parviendrait sans doute par un régime alimentaire convenable. Ce régime devrait être le même que celui que nous avons tracé pour la constitution caractérisée par la prédominance du système circulatoire. reut-être même devrait-il être plus sévère.
Mais ici il faudrait exercer principalement la partie du cerveau qui préside à l'intelligence. A l'exemple
de Platon, il faudrait que l’homme athlétique s’adonnât aux travaux de l'esprit d’une manière opiniâtre; le sommeil devrait être de courte durée; et tout exercice actif devrait être proscrit.
On trouverait encore dans les agens thérapeutiques de puissans moyens de diminuer les forces , de faire descendre V athlète du -point extrême oit il est parvenu, ainsi que le conseille le père de la médecine. Au moyen de quelques laxatifs qui provoqueraient de légères évacuations; au moyen de quelques émissions sanguines, on pourrait parvenir à guérir ces individus . de leur trop de. santé .
CINQUIÈME DIVISION
Règles relatives a la constitution ou domine V appareil reproducteur.
Les conseils de la morale, les lois de la religion ont bien peu de puissance pour réprimer les excès auxquels entraîne une disposition organique fortement prononcée. Autant vaudrait entreprendre de faire remonter un torrent vers sa source, que de chercher à mettre un frein aux désirs emportés qui dominent les individus de ce tempérament. Ce n’est guère non plus par des agens thérapeutiques qu’on peut espérer de les combattre avec succès; que pourront produire quelques substances pompeusement décorées du nom d’anaplirodisiaques ? que feront quelques grains de camphre ou de nénuphar contre des besoins tyranniques? N4a-t-on pas vu cent fois tout le pouvoir
35G cduKs u’nyGiàwK.
«l’un traitement anti-phlogistique et débilitant s’évanouir sur des individus maîtrisés par une organisation indomptable? Les seuls moyens hygiéniques dont l’influence s’exerce sans interruption pourraient faire concevoir quelques espérances raisonnables; mais la plupart du temps l'expérience, démentant le raisonnement, ne fait que trop voir qu’elles étaient mal fondées. Tout le monde connaît l liistoire de ce médecin trop prématurément enlevé à la science. Né sous le ciel de la Provence, il avait reçu de la nature l’espèce de constitution dont nous avons tracé, d’après lui, le tableau. Vainement il chercha dans la morale austère de la religion un secours contre ses désirs insatiables; vainement il voulut leur opposer les résolutions d’une raison supérieure; vainement il les combattit par le régime le plus sévère, par les ressources pharmaceutiques; vainement il espéra qu’une maladie chronique qui minait son existence, en affaiblissant son économie tout entière, affaiblirait en même temps les organes génitaux ; tout échoua contre cette organisation primitive, et chaque instant du jour voyait naître dans ce corps grêle et débile de nouveaux et d’inépuisables désirs; la nuit même de sa mort, sa couche était inondée de •fluide spermatique. Quel malheur pour la science qu’une telle disposition ait été le partage d'un aussi l»eau génie!
Malgré le peu d’espoir qu'il y a de vaincre une semblable organisation, ce n’est cependant pas une raison pour abandonner ces individus » leur triste