RÉCEPTACLE FLORAL
On a souvent comparé la fleur à une branche chargée de feuilles modifiées. Celles-ci constituent par leur réunion le périanthe, Tandrocée et la portion périphérique du
FiG. 212, 213. — Myosurus. Fleur à réceptacle allongé, cylindro-conique, entière et coupée en long.
gynécée. Quant au réceptacle, il est l'analogue de l'axe qui porte les feuilles. On n'en saurait guère douter quand ce réceptacle a tout à fait la forme cylindro-conique d'une petite branche, comme il arrivedans lesMyosurtis (fig. 212, 213), les Magnolia (fig. 214, 215), certains. Scy^i2:awdra (fig. 216).
Sur cet axe s'insèrent, dans l'ordre spiral, toutes les pièces qui constituent les verticilles floraux, absolument comme font des feuilles alternes sur une branche.
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Ailleurs, comme dans certaines Anémones, le réceptacle floral, avec la même forme cylindro-conique, est plus surbaissé. Ailleurs encore, comme dans plusieurs Renoncules, il se renfle au point de devenir à peu près
FiG. 214. — Magnolia. Fleur à réceptacle allongé cylindro-conique, renflé à sa base.
sphérique»; Tordre spiral d'insertion des appendices n'en est pas modifié.
Plus souvent encore, le réceptacle floral est un cône très peu élevé. Près de sa base s'insèrent les pièces du périanthe, et plus haut, celles de Tandrocée et du gynécée.
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f58 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE.
Plus rarement, comme dans le Quagsia amara^ le réceptacle est cylindrique ou en forme de cône renversé ; alors son extrémité supérieure a la forme d'un cercle
FiG. 215. — Magnolia. Axe floral, allongé FiG. 216. — 5c/a-
dans le fruit et portant de nombreux %andra. Réceptacle
carpelles. Ceux-ci étaient échelonnés de floral allongé en
même dans la fleur où le réceptacle était forme de rameau et
demeuré rectiligne. portant les carpeUes.
horizontal et elle porte les carpelles, tandis que les autres parties de la fleur s'insèrent plus bas et latéralement.
Cette surface plane s'élargit beaucoup dans le Matthœa (fig. 241); le réceptacle a la forme d'un plateau.
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Ce plateau peut se'creuser légèrement en dessus, comme dans les Tambourissa. Ou bien, comme dans les Fraisiers, les Potentilles, telles que les Horkelia (fig. 221), les
FiG. tn.^Subularia, Fig. 218. — Rosier. Réceptacle floral
Réceptacle concave. en forme de bourse.
Ronces (fig. 220); il y prend cette forme de cupule plus ou moins profonde ; mais sa portion centrale se relève
Fig. 219. — Rhodotypos. Réceptacle concave dont les bords se relèvent en toit au-dessus du gynécée.
comme le fond d'une bouteille, et elle répond généralement à rinsertion du gynécée.
La coupe réceptaculaire devient de plus en plus pro-
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fonde dans un grand nombre de types. Elle arrive, comme dans la Rose (fig. 218), à présenter la forme d'un sac ou d'une gourde dont Touverture supérieure est étroite. Cette
Fig. 220. — Ronce. Réceptacle eu forme de soucoupe; le fond, relevé en cône, porte les carpelles.
ouverture peut même être supportée par un goulot, quelquefois très rétréci et très long; et au-dessus de ce goulot, comme dans le Cercocarpus (fig. 225), le réceptacle floral
FfG. 221. — Potentille (Horkelia). Réceptacle en forme de bourse, à fond relevé en cône, portant les carpelles.
peut brusquement se dilater de nouveau en une coupe plus ou moins élevée.
Mais dans tous les cas qui précèdent et dans lesquels le réceptacle se comporte en se déformant comme certaines
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liges d'allure quelque peu exceptionnelle, celles, par exemple, du Welwitschïa (p. 36), sa projection sur un plan horizontal serait circulaire, parce qu'il ne cesserait pas, convexe ou concave, d'être absolument régulier.
Il peut aussi, tout en demeurant régulier, qu'il soit concave ou convexe, donner une projection elliptique et non
FiG. 222. — Fuchsia. Ré- Fig. 223. — Mœrua. Réceptacle ceptacle lubuleux , dilaté tubuleux dont le fond se relève
au fond occupé par rovaire. en colonne à sommet renflé.
circulaire, quand il est, comme l'ensemble de la fleur, comprimé bilatéralement» ainsi qu'il arrive notamment, dans un grand nombre de Légumineuses irr'égulières.
Ailleurs il est irrégulier tout en conservant deux moitiés symétriques. Dans ÏHelerotoma, par exemple (fig. 226), il donne en projection la forme d'une sorte de
BAILLON. — Bot., cl. de 4'. 11
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162 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTAmaUE.
cuilleron, très allongé et rétréci en manche vers une extrémité, presque arrondi et plus dilaté vers l'autre.
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FiG. 224. — Onagraire. Réceptacle Fig.225. — Cercocarpus, Uécreux en forme de long tube, dont ceplacle en forme de Ionla gorge porte le périanthe et gue gourde étroite, à goulot l'androcée. dilaté supérieurement.
Quand le réceptacle est convexe, conique, par exemple, son sommet de figure répond à son sommet organique^
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et sa base, à la base même du cône qu'il représente.
Mais s'il devient plan, son sommet organique répond au centre de cette sorte de plateau qu'il représente ; et sa base organique, à la périphérie (fig. 240).
Plus il devient concave, et plus son sommet organique descend, correspondant à la base de figure, et plus
Fig. 226. — Heterotoma, Réceptacle creux, allongé d'un côté en forme d*un cuilleron dont l'extrémité à droite porte une partie du calice.
au contraire on voit s'élever vers la périphérie, sa base organique qui répond à son sommet de figure.
D'où l'on voit que dans un réceptacle concave, le sommet organique est d'autant plus inférieur à la base organique que la concavité est plus accentuée :
Et que dans un réceptacle à surface supérieure à peu près horizontale, la base organique est sur le même plan que le sommet.
Tandis que dans un réceptacle convexe, la base organique est d'autant plus au-dessous du sommet organique que la convexité est plus prononcée*
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• Mais si un réceptacle concave se creuse excentriquement, c'est-à-dire d'un seul côté du sommet qui, lui, demeure immobile, la fleur présente une fosse ou un tube
FiG.227. —Acioa. Réceptacle tu- FiG, 228.— Tamarinier. Ré-
buleyux, à gynécée inséré excen- ceptacle floral tubuleux et
triquement vers un des bords gynécée inséré vers un des
de Toriflce réceptaculaire. bords de son oriflce.
creux, souvent à tort désigné sous le nom (Téperon adhérent, et sur une des parois duquel se trouve quelquefois inséré tout en haut, près de l'orifice, le gynécée dont le point d'attache ne cesse pas cependant de répondre au
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ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES.
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sommet organique de ce réceptacle, si irrégulièremenl déformé (fig. 227, 228, 229, 230, 232).
On voit aussi par ce qui précède que le réceptacle floral,
FiG. 229. — Hirtélla. Récep- Fig. 230. — Licania. Réceptacle tacle concave, à sommet or- concave, à sommet organique
ganique marginal. un peu excentrique.
extrêmement variable de forme, peut présenter toutes les
FiG. 231. — Cuphea. Éperon formé par la dilatation unilatérale du réceptacle.
conflguralions si diverses que nous a offertes le réceptacle de rinflorescence (p. 121, 133, 136).
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Les verlicilles floraux sont souvent rapprochés les uns
FiG. 232. — Grangeria.
Réceptacle concave, à sommet excentrique.
FiG. 233. — Œillet, Chaque verticille de la fleur est séparé des autres par un entre-nœud plus ou moins allongé.
des autres et se trouvent au contact sur l'axe floral,
FiG. 234, 235. — Capucines, Éperon libre.
comme les feuilles qui forment une rosette sur une
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tige très courte. Mais quelquefois aussi, il y a une assez
FiG. 236. — Corchor'us. Réceptacle rétréci en pied au-dessous de Tandrocée.
FiG. 237. — Grewia. Réceptacle allongé en colonne épaisse entre le périanthe et le gynécée.
grande dislance entre les verticilles, et les entre-nœuds
FiG. 238. — Gynandropsts. Réceptacle prolongé au-dessus du périanthe en un pied grêle qui supporte Tandrocée et le gynécée.
FiG. 239. — Cleome. Podogyne supportant le gynécée. Les étamines et le périanthe répondent à sa base.
de séparation de ceux-ci sont assez longs, comme il arrive
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souvent dans les Caryophyllées (fig. 233), les Grewia (fig. 237), certains Corchorus (fig. 236). Le calice peut êtreéloigné de la corolle, et celle-ci des élamines (fig. 238). Ailleurs encore un entre-noeud allongé sépare les étanaines du gynécée ; la colonne qui supporte celui-ci prend alors le nom de Podogyne (fig. 239).