COMPOSITION, DÉDUCTION FAITE DES CENDRES
tion.
Carbone.
Hydrogène.
Oxygène et azote.
Cendres.
Carbone.
1 Hydrogène.
Oxygène et azote.
g 4363. Pour voir facilement comment la composition des combustibles minéraux varie avec leurs qualités technicpies et leur âge géologique, il faut comparer entre eux les nombres renfermés dans les trois dernières colonnes du tableau, c*est-à-dire ceux qui donnent la composition de ces combustibles, abstraction faite des cendres. Si nous prenons pour terme de comparaison les houilles de la troisième classe, c'est-à-dire les houilles maréchales, et que nous remontions de celle-ci à la seconde , celle des houilles grasses ei fortes, nous trouvons que l'hydrogène est, à peu près, le même, mais que l'oxygène a diminué notablement et se trouve remplacé par du carbone. Si nous passons de la seconde classe à la première, celle des houilles anthraciteuses , nous observons que l'hydrogène et l'oxygène diminuent tous les deux, et que le carbooe augmente dans le même rapport.
Si, partant toujours des houilles maréchales y nous descendons vers la quatrième classe, celle des fiouilles grasses à longue flamme, nous remarquons que l'hydrogène est, en général, en quantité un peu plus grande; que le carbone a diminué notablement et se trouve remplacé par de l'oxygène. Enfin, dans la cinquième classe, celle des houilles sèches à longue flamme, l'oxygène a encore augmenté, et a remplacé une quantité correspondante de carbone.
Les houilles grasses peuvent devenir sèches de deux manières, soit en passant à l'anthracite, l'hydrogène et l'oxygène diminuant tous les deux, et le carbone augmentant dans le même rapport; soit en marchant vers les combustibles plus modernes, les lignites, le carbone diminuant et se trouvant remplacé par de l'oxygène, le rapport entre l'oxygène et l'hydrogène augmente donc dans ce der- • nier cas.
Si nous comparons maintenant les combustibles des terrains secondaires à ceux de la formation carbonifère, nous trouvons que dans l'étage inférieur de ces terrains, on peut distinguer les mômes variétés de houilles que dans le terrain houiller. Ainsi, les anthracites de Lamure et de Macot, qui se trouvent dans la partie inférieure des terrains jurassiques, présentent la même composition que ceux des terrains de transition ; la houille d'Obernkirchen , qui existe également dans la formation jurassique, présente les mêmes propriétés et la même composition que les houilles grasses et fortes de la formation carbonifère. Enfin, la houille de Gérai, qui appartient encore à la formation jurassique, se place, par sa composition et par ses propriétés techniques, dans la classe des houilles grasses à longue flamme.
Les combustibles de l'étage supérieur des terrains secondaires,
FERMENTATION ALCOOLIUUE. i79
de la craie, se rapprochent, au contraire, par leur composition, f des combustibles des terrains tertiaires ou des li^nitcs. Ces derniers r combustibles diffèrent de ceux des terrains plus anciens en ce qu'ils renferment moins do carbone et plus d'oxygène , à mesure que leur formation est plus moderne, leur composition se rapproche de plus en plus de celle du bois. Le charbon qu'ils donnent à la calcination devient de plus en plus sec; ainsi le jaïet de la craie donne encore un coke métalloïde fritte, tandis que les lignites des terrains tertiaires produisent un charbon non métalloïde , dont les fragments n'adhèrent pas les uns aux autres, et se rapprochent du charbon de bois par leur aspect.
Quant aux bitumes, qui sont évidemment des produits de distillation do combustibles plus anciens , ou qui proviennent de Taltération spontanée des matières animales, ils différent essentiellement des houilles proprement dites , en ce qu'ils renferment des quantités beaucoup plus grandes d'hydrogène.
§ 4361. I^ plupart des parties végétales qui contiennent des matières amylacées renferment en même temps des substances susceptibles de transformer ces matières en sucres lorsqu'elles sont placées dans des circonstances favorables. Souvent , ces matières ne se développent qu'à certaines époques de la vép:étaîion ; c'est ain>i que les graines des céréales contiennent, au moment de la ^'ermi nation, une substance particulière, la dîastase .3 1348). qui réside principalement au point d'insertion de la gemmule sur le prain. et qui, dnns des conditions convenables, transforme trrs-promplrmcr.l l'amidon en une substance soluble, la dextrine. puis en r>ucre. si .^jn actiun se prolonge plos longtemps. Dans ces t^an^formation^ successives, la matière amylacée ne change pas de coniy»osiiif n cL!miqiie : mais I elle est devenue soluble et peut être tran>portée dari> la circulation de la sève, où elle sert au développement du végétai, en formant la cellulose qui doit constituer le squelette de la nouvellf; jil^nte.
Les fruits mûrs qui renferment beaucoup de malierf; feur-rw* contiennent de même une substance particulière, appelée ftrmeut, qui jouit de la propriété de découjposer. dan? certaines cifc/>n5lanres, la matière sucrée en alcool et en acide caïUui \ijH. Mais, p'.ur que cette substance exerce son action . il faut une r/:rtaiL(ir tem|><'rature et le contact de foxygêne ou de l'air atmosph'.':: lue. .S< 1 on exprime des raisins mûrs sous le mercure, et qu'on reo^e île Je =uc dan^ une cloche complêteBeDt rempLe de mercure, on reconij^it que le buc
180 FERMENTATION ALCOOLIUCE.
persiste pendant plusieurs jours sans subir la moindre altération; mais, si Ton introduit dans la cloche quelques bulles d'oxygène oa d'air atmosphérique, il se dégage un volume considérable de gaz, dont la production s'arrête ordinairement après 2 ou 3 jours. Si Ton examine alors ce suc, on n'y trouve plus une trace de sucre, mais un liquide volatil , Valcool. Donc, si la matière sucrée du fruit ne se décomposait pas dans le fruit intact, c'est parce que le principe actif, le ferment, ou les substances qui lui donnent naissance, n'avaient pas eu le contact de l'oxygène , condition indispensable pour qu'il puisse déterminer la fermentation.
Ce ferment se développe aussi lorsque des matières végétales ou animales sont abandonnées à des décompositions spontanées. Dans la fabrication de la bière, il se produit une grande quantité de ce ferment, qu'on appelle alors levure de bière ou simplement levure, cette levure détermine, très-promptement, la fermentation des dissolutions aqueuses de sucre et leur transformation complète en alcool et en acide carbonique. La chair musculaire, l'urine, la gélatine, le blanc d'œuf, le fromage, le gluten , la légumine , les extraits de viande et le sang, abandonnés pendant quelque temps à eux-mêmes, au contact de Tair et de l'humidité, et subissant ainsi ce que l'on appelle la putréfaction, font fermenter les sucres et les transforment en alcool et en acide carbonique.
Toutes les espèces de sucres que nous avons énumérées éprouvent cette décomposition, sous l'influence du ferment, et c'est un caractère distinclif de cette classe de produits organiques, mais elles ne la subissent pas dans le même temps. Le sucre tournant à, gauche des fruits acides, le sucre solide des fruits secs , et la glucose se détruisent très-rapidement par la fermentation; le sucre de canne demande plus de temps. Il est même facile de reconnaître, par l'inversion des pouvoirs rotatoires, que le sucre de canne n'éprouve la fermentation qu'après avoir subi la transformation en sucre de fruits. La levure fraîche contient toujours une proportion notable d'acide, et c'est cet acide qui change d'abord le sucre de canne en sucre de fruits; mais, comme les acides végétaux demandent beaucoup de temps pour produire cette transformation , la fermentation en est elle-même très-lente. La levure , débarrassée de ces acides par le lavage, reste longtemps sans action sur une dissolution de sucre de canne , et la fermentation ne commence que lorsque de nouvelles quantités d'acide se sont formées par l'altération spontanée de la levure au contact de l'air et de l'eau. Si l'on ajoute , au contraire, à la dissolution de sucre les liqueurs acides provenant du lavage de la levure, on reconnaît que le sucre de canne se transforme successi-
FERMENTATION ALCOOLIQUE. iRi
vement en sucre de fruit , lequel entre immédiatement en fermentation au contact du ferment lavé.
400 parties de sucre de fruits donnent par la fermentation
48,88 diacide carbonique, et 54,12 d'alcool;
de sorte que les éléments chimiques du ferment ne paraissent pas intervenir dans la réaction ; celle-ci est exprimée par la relation suivante :
Sucre.. Alcool.
§ 4 365. La décomposition des sucres par la fermentation n*a lieu qu*au contact immédiat de la levure; on le démontre très-simplement au moyen de Texpérience suivante : on adapte, au moyen d'un bouchon , dans l'ouverture d'un flacon A (6g. 666) renfermant une dissolution de sucre , un large tube ab ouvert aux deux bouts et dont l'extrémité inférieure 6 est fermée par une feuille de papier perméable. On place dans ce tube une petite quantité de levure de bière délayée dans un peu d'eau. A mesure que la dissolution sucrée pénètre dans le tube ab à travers le papier, il s'y développe une fermentation trè9« active et un dégagement abondant d'acide carbo- Fig. 666. nique , tandis que rien de semblable n'a lieu dans
la liqueur du flacon ; celle-ci seconserve indéfiniment, sans altération. Pendant la décomposition du sucre parla fermentation, le ferment lui-même se détruit, de sorte qu'une petite quantité de ce principe actif n'est pas susceptible de décomposer une quantité' quelconque de sucre. Si la quantité de levure est trop faible par rapport à celle da sucre, sa décomposition est achevée avant celle du sucre, dont une portion reste inaltérée dans la liqueur. Si , au contraire , la levure domine , la décomposition du sucre est achevée avant celle delà levure, et celle-ci continue à s'altérer spontanément. Si on l'introduit dans une nouveliequantité d'eau sucrée, elle en détermine la fermentation, jusqu'à ce qu'elle soit complètement décomposée. Les proportions qui conviennent le mieux à une fermentation rapide sont : 4 partie de sucre de canne, 3 ou 4 parties d'eau et ^ de levure fraîche ; si Ton augmente la proportion de sucre , la fermentation devient moins active ; elle s'arrête complètement quand on emploie une dissolution saturée de sucre. Dans tous les cas, le sucre ne détruit pas plus que 2 pour 400 de son poids de ferment. Les acides faibles, employés en petite quantité , activent la fer^
menlation; les alcalis l'arrêtent, au contraire, ou modifient complètement la réaction.
§ 4 366. Le ferment est une espèce de végétal microscopique qui se développe spontanément dans les organes des plantes et dans un grand nombre de matières azotées abandonnées à la putréfaction; il se forme principalement lorsqu'on abandonne à la température ordinaire une dissolution de sucre mêlée à des substances albuminoïdes d'origine végétale ou animale. Au bout de quelque temps, la liqueur se trouble et il se dépose de petits corps, de forme ovoïde, augmentant successivement de grosseur jusqu'à ce qu'ils aient atteint un diamètre de j^ de millimètre. On peut distinguer deux espèces de ferments différents et par la manière dont ils se développent, et par la manière dont ils agissent sur les dissolutions sucrées. La première qu'on appelle levure supérieure , se développe dans un mélange d'eau sucrée et de matières albuminoïdes, lorsque la température est comprise entre 4 8 et 25® ; la seconde , la levure inférieure ou le ferment de la /te, ne se forme que par des températures comprises entre 0 et -j-^^- ^our étudier la forme de ces globules et suivre leur développement sous le microscope , on délaye une trèspetite quantité de levure dans une infusion de graine, d'orge germée par exemple , et l'on place une goutte de cette liqueur entre deux plaques de verre minces , dont on mastique les contours pour empêcher l'évaporation de l'eau. Ces plaques sont posées sous le microscope , et l'on a soin d'amener sous le centre des fils croisés du micromètre un globule de levure isolé dont on puisse suivre le développement. Les figures (de 667 à 674) représentent les dispositions des nouveaux globules de ferment qui se sont formés successivement autour d'un globule primitif 4 , la température étant de \^ environ. Pendant les 2 premières heures d'observation, le globule < (fig. 667) ne présenta rien de particulier; après ce temps il se forma, en un point de sa surface, une hernie qui se développa successivement pendant 6 heures, jusqu'à ce qu'elle eût atteint les dimensions du globule primitif (fig. 668). Ce second globule en engendra bientôt un troisième qui naquit sur les parois du second (fig. 669 et 670) , de la même manière que celui-ci s'était formé sur le premier, et ainsi de suite. Au bout de 3 jours, 30 globules (6g. 67i) s'étaient formés autour du globule primitif 4 ; le 4* jour il s'en forma encore un ; mais , les jours suivants on n'en observa plus de nouveau ; les matières albumineuses nécessaires à leur forma* tion étaient probablement consommées. On a pu reconnaître ainsi 6 générations successives; nous les avons indiquées dans les figures par des chiffres, suivant l'ordre où elles ont pris nais-
ce. Les divers globules eont accolés le^ unsajxaatreg; mai^il parait paa qu'il y ait communication entre eux
)n voit donc que , lorsqu'on ajoute une matière albuminolde an lange de sucre et de Ferment, le sucre n'éprouve pas seul l'in- >nce du ferment; la malière albumineuse subit elle-même dises métamorphoses oi se convertit en levure. Ce fait explique loient, dans les brasseries, on relire, à la fin de l'opération, t quantité de levure 7 ou 8 fois plus considérable que celle qu'on vait mise. Cell« levure est recueillie avec soin , et elle est em-
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FERMENTATION ALCOOLIQUE i8*S
du sucre , le dégagement de Tacide carbonique rend ces observations très-difficiles. On a reconnu seulement que la levure augmente d'environ le \ de son poids. Sa composition chimique a également changé. On a trouvé dans de la levure fraîche
Carbone 47,0
Hydrogène 6,6
Azote 40,0
Oxygène environ 35,0
et, de plus, de petites quantités de soufre , de phosphore et de quelques bases minérales, telles que de la potasse et de la chaux. La même levure , après la fermentation , renfermait
Carbone 47,6
Hydrogène 7,2
Azote 5,0
Ainsi , le carbone était resté à peu près le même, Thydrogène s'était accru sensiblement, et Tazote avait diminué de moitié.
Si Ton met une dissolution aqueuse d'iode en contact avec les globules de ferment , l'enveloppe extérieure ne se colore pas , mais le liquide intérieur prend une couleur brune; il suffit, pour s'en assurer, d'écraser les globules entre deux plaques de verre; les enveloppes présentent les caractères de la cellulose. Lorsqu'on laisse décomposer complètement une certaine quantité de levure, au contact d'une dissolution sucrée , qu'on broie le résidu dans un mortier, et qu'on l'épuisé complètement par l'eau, l'alcool et l'éther, il reste une matière blanche qui donne de la glucose par l'acide sulfurique, et ne se dissout pas dans les liqueurs alcalines; celles-ci opèrent, au contraire, immédiatement, la dissolution des substances albuminoïdes du ferment.
§ 4368. Le ferment, desséché dans le vide ou à une basse température, donne une masse dure, cornée, demi-transparente et d'un gris rougeâtre ; sa propriété de déterminer la fermentation des liqueurs sucrées n'est que suspendue; il la reprend lorsqu'on le fait digérer quelque temps dans l'eau. Si on l'y fait bouillir pendant quelques instants, il perd cette propriété, mais il peut la reprendre* au contact de l'air quand il n'a pas été exposé trop longtemps à la température de 400°. L'alcool, le sel marin, un grand excès de sucre, l'oxyde de mercure, le sublimé corrosif, l'acide pyroligneux, l'acide sulfureux, l'azotate d'argent, les huiles essentielles, etc., etc., paralysent l'action ferraentescible de la levure. Certaines matières, qui sont des poisons très-violents pour les animaux, telles qu
Tacide arsénieux et l'émétique, ne produisent pas cet effet; il est à remarquer que ces derniers corps ne s'opposent pas non plus au développement de certaines plantes microscopiques; les dissolutions d'émétique, abandonnées à l'air, se couvrent, en effet, de conferves.
Quant à l'action par laquelle le ferment détermine la transformation du sucre en alcool et en acide carbonique, elle est encore inexpliquée. Quelques chimistes veulent que la force vitale détermine le développement et les métamorphoses successives des globules de ferment; d'autres pensent que le ferment n'agit que par sa présence, et que son action doit être assimilée à celle par laquelle certaines substances minérales opèrent la décomposition des combinaisons faibles sans que leurs éléments entrent dans la réaction. C'est ainsi que le bioxyde de manganèse détermine la décomposition du bioxyde d'hydrogène en oxygène et en eau, sans subir lui-même la moindre altération. De même, le chlorate de potasse, qui ne se décompose qu'à une température de 500 à 600° lorsqu'on le chauffe seul , subit cette décomposition à une température beaucoup moins élevée quand il est intimement mélangé avec de l'oxyde de cuivre ou du bioxyde de manganèse , oxydes qui se retrouvent intacts dans le résidu. Enfin , selon quelques auteurs , les mouvements que prennent les particules du ferment pendant leurs métamorphoses successives sont la cause principale de la décomposition du sucre; ces mouvements, en se communiquant aux particules sucrées, détruisent leur inertie, et les molécules élémentaires se groupent de manière à former des combinaisons plus stables. Nous nous contenterons d'avoir indiqué ce que l'on sait de plus précis sur la fermentation alcoolique, et nous ne hasarderons aucune explication de ce mystérieux phénomène, encore trop incomplètement connu pour qu'une théorie puisse s'appuyer sur des bases certaines.
Alcool, C*H«0*.
§ 1369. Nous avons vu qu'une dissolution de sucre, abandonnée pendant quelque temps à elle-même en présence de la levure de bière, ne tarde pas à entrer en fermentation et à se transformer en alcool et en acide carbonique ; la même décomposition a lieu , mais spontanément, dans le jus sucre d'un grand nombre de fruits, notamment du raisin, des cerises, des groseilles, des pommes, des poires, etc.; elle a également lieu, sous TinQuence de la levure, 'ios les liqueurs sucrées que donnent les matières amylacées en
iaence de la diastase. L'alcool reste dans la Mqueur et peut en
être séparé par la distillation, parce qu'il est plus volatil que l'eau. Si Ton distille , en effet, dans un alambic, du vin , de la bière, du cidre, ou d'autres liqueurs alcooliques, les premières parties de liquide qui passent à la distillation sont beaucoup plus riches en alcool que le résidu; et, si l'on arrête la distillation à un moment convenable, le résidu ne renferme plus sensiblement d'alcool. On emploie à cette fabrication les boissons alcooliques dont la production excède les besoins de la consommation, ou que leur qualité inférieure en fait exclure.
Si l'on soumet la partie distillée à de nouvelles distillations, en fractionnant les produits , les premières liqueurs sont de plus en plus riches en alcool , et Ton obtient ainsi 'des liqueurs alcooliques portant différents noms suivant leur richesse : les liqueurs qui renferment de 50 à 55 pour 400 d'alcool sont appelées eaux-de-vie ; celles qui en contiennent davantage s'appellent esprits. En appliquant convenablement les procédés de distillation , on obtient des liqueurs qui renferment jusqu'à 85 ou 90 pour 400 d'alcool ; elles sont alors à peu près composées de
4 éq. d'alcool C*H«0«. . . 575,00 83,7 4 éq. d'eau 442,50 46,3
On ne peut pas enlever les dernières portions d'eau par la distillation , mais on les en sépare en les combinant avec des substances qui ont une grande affinité pour l'eau et qui ne s'unissent pas, d'une manière stable, avec l'alcool. •
La meilleure manière d'obtenir l'alcool anhydre consiste à verser l'alcool à 85 ou 90 centièmes dans un grand Qacon contenant de la chaux vive préparée par le procédé indiqué (§ 555) ; on agite ce flacon à plusieurs reprises , et on l'abandonne à lui-mèmo pendant 24 heures. On soumet ensuite le tout à une distillation au bain-inarie , en disposant l'appareil dislillatoire comme dans la figure 4 49, I et l'on continue l'opération jusqu'à ce qu'il ne passe plus de liquide. L'alcool, ainsi obtenu, n'est pas encore entièrement débarrassé d'eau, il faut renouveler l'opération ; souvent même , elle ne suffit pas pour donner de l'alcool complètement anhydre, et il est nécessaire de dissoudre dans cet alcool très-concentré une certaine quantité de potasse caustique fondue , et de distiller immédiatement à feu nu, ou dans un bain de chlorure de calcium , jusqu'à ce que les } de la liqueur aient passé à la distillation. Cette liqueur est alors de l'alcool anhydre, de Valcool absolu; mais elle préiente une odeur particulière, qui tient probablement à la présence d'une petite
quantité d'une huile volatile formée par la réaction de Foxygène de l'air sur l'alcool , en présence des matières alcalines. La liqueur alcoolique qui reste dans le vase distillatoire est colorée en brun par une petite quantité de matière résinoïde également produite par cette opération.
On reconnaît que l'alcool est anhydre , en y projetant une petite quantité de sulfate de cuivre desséché. Ce sel, qui est blanc, se teint en bleu pour peu que l'alcool retienne encore de l'eau.
§ 4370. L'alcool absolu est un liquide incolore, plus fluide que l'eau, d'une saveur brûlante et d'une odeur agréable. 11 ne se solidifie pas à — 90^; il bout à la température de 78^,4 sous la pression de 760 millimètres. La densité de sa vapeur par rapport à l'air est de 4 ,5890. Sa densité à l'état liquide est
L'alcool est composé de
4 éq. carbone 300,0 52,65
6 » hydrogène.. 75,0 12,90
2 » oxygène.... 200,0 34,45
575,0 400,00 1 volume de vapeur d'alcool renferme :
1 vol. vapeur de carbone.. .. 0,8290
3 » s> hydrogène.. 0,2074 1 » » oxygène 0,5526
Son équivalent C*H®0* est donc représenté par 4 vol. de vapeur (§ <278).
Une liqueur alcoolique faible , abandonnée dans une vessie au contact de l'air, J.iisse passer à travers la membrane plus d'eau que d'alcool, et se concentre avec le temps.
L'alcool absolu attire l'humidité de l'air. Il y a élévation de température et contraction .lorsqu'on le mêle avec l'eau; le maximum de cette contraction a lieu lorsqu'on mêle ensemble
53,7 volumes d'alcool, et 49,8 » d'eau,
qai se réduisent à 400 volumes de mélange; ces proportions corlespondent à 4 éq. d'alcool et 6 éq. d'eau. L*alcool absolu trèsfroid , mêlé à de la neige , abaisse la température jusqu'à —37^. Ces faits déniontrent une affinité assez énergique entre l'alcool et l'eau; les deux liquides se dissolvent d'ailleurs, l'un dans l'autre, en toutes ; proportions. L'alcool brûle à l'air avec une flamme peu brillante ; I à l'air libre la combustion est complète.
\ L'alcool absolu , ou mélangé de proportions plus ou moins con- I sidérables d'eau , est fréquemment employé dans les laboratoires I comme dissolvant. Il dissout, en général, les gaz en plus grande \ proportion que l'e^M. Un grand nombre de composés, très-solubles dans Teau et déliquescents, se dissolvent dans l'alcool, même absolu ; tels sont la potasse et la soude caustiques , les chlorures de calcium, de strontium, les azotates de chaux, de magnésie, etc., etc.; il dissout souvent , en proportion plus grande que l'eau , certains composés qui ne sont pas trèssolubles dans l'eau, comme le sublimé corrosif et les bromure et iodure de mercure correspondants. Enfin , il dissout un grand nombre de substances organiques insolubles dans l'eau. L'alcool est fréquemment employé dans les analyses chimiques , pour séparer des substances solubles dans l'eau , mais très-inégalement solubles dans l'alcool; quelquefois, on augmente les différences de solubilité en ajoutant de l'éther à l'alcool. L'alcool se combine aussi avec plusieurs sels qui y sont solubles, et joue alors un rôle analogue à celui de l'eau de cristallisation; on donne à ces combinaisons le nom d'alcoolates. Cette circonstance se présente pour le chlorure de calcium sec; il y a élévation considérable de température lorsqu'on met ce corps en contact avec I . l'alcool.
■ '■ Lorsque les substances sont dissoutes dans l'alcool , elles présentent souvent des réactions très-diflérentes de celles qu'elles manifestent lorsqu'elles sont dissoutes dans l'eau. Nous avons vu (§ 378) qne l'acide acétique chasse facilement l'acide carbonique du carbonate de potasse dissous dans l'eau ; c'est, au contraire , l'acide carbonique qui déplace l'acide acétique de l'acétate de potasse dissous dans l'alcool; l'insolubilité du carbonate de potasse dans l'alcool devient une condition nouvelle qui change l'ordre des affinités.
§ 4374. Lorsqu'on ajoute à l'alcool des proportions de plus en
plus grandes d'eau, sa densité augmente progressivement; on a
fondé sur ces variations de densité des procédés qui permettent de
reconnaître la richesse en alcool de ces mélanges. On se servait
) autrefois d'un aréomètre, appelé pèse-esprit de Cartier^ qui mar-
i '. quait 0® dans l'eau* pure et 44^ dans l'alcool absolu ; l'intervalle
■"- * ' • - - - "■'•^' 1'"=^ rîi •, Tûrr-îs r^âîes. On emploii
- " - "'- -"*• -r-T- .".-•*•.-;.■• .:—..-c"-f . if Gay-Iuaflcj
-^" — - - •" — —--- -ihît:: ..i r. ; i-^se ea centiènWi,
-^.:- -- -T=.:.. -i: :i:-f f:.ri::ntlûOàlil.i
- - • — ■ ' — ' - - li^.T'i.'"? r-: - -^ înterraédiaiw
"" ' ■ — -"*~^"- -i--=" - î- - rir:r ::r.: la compositioi
- - - -.---: ■?■::..- t^ :; i-f .r :cr. tenu exact»
■ ■^-■■- • ■-• "Î-" i :' "f'Ziz^eri-.ur»? a laquelle II ^* " - - - - " - -'^: "Tc::»f.-i:^rf. commela(li-
- - - - ^ -^ --"^ - 1 "i.: r^.j'r use correction;
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-. -r -. :- ■■:.-::-: rir :■- : ii . f^ ic .■ù::jcI: il est clair . - • .- :-•.-.-• .. î^i Tf . : :•- z:.î-:.frT$ silnes. ladélermi- '^'-. -- -• ■ *:=«:.■: 'r^ ï;^:*.j'.:îf:i iuîmealenlladeD- -.-.--. :-• - :- .-:: .- itr-:: i^iz: i-lcuer immédiate-
:: ■ : : ■ . -r-- .— . j^. .:- .■.:• .r-e? rJ. r^ztermenl toujours -- .- ". ï : — -:? :- >::r-f rc i-r îi.:î-.iz:'f< 5aîînes.0Dpro- -•. - .. • :- . I.. :. "T >i. " .: ,- :i . -'.r.i;:^: ca-s ua pelitalam- :. -:.:.-: -^.::- • • :t a .; ri-f-i:' i fSàôyer, et l'ondatillo ; ■• .:- -.:.:- .... 1- .:i.:^ :i. f^ jdi-ezse dans leser-
>: : -< -• . . ::? ::- ^"•.^•:"r-.:f ;~i«::-f-r f- ctnûinetres cubes. . : .:- - : - :. . : : .'s:'. ' i7^:..r:... I»-- : oa amène la li- :-:•-• i . -:. :-:'i .v :- : r . .i y ^/.rr^e l';ilcoomèlre pour :■■ -:■•.-•..:-.•>.: .: -:: -.: ..•..».;. «t j if li :-::aatitè trouvée re- .I••fï^r^. : 1 " .--.-«: zz 1 '. .K If J .. : -fc-- S." uz'.ise à l'essai; caT lo ..-::..:.' :r- 1 - - i.-: ..* :: i :»2<s: i li iiscil'ation renferme
:-.-f.- -'.j. r-.î-:.: .--^ fi .-'.ro::. i: ce faudrait «iistiller ^i.: : . icfzj- -- .. ;;i.:f ià.:l..f un peu riche en alcool, :ii-' . :"?=>a. î<- :'j.: 1 ::? i" f-: i.iï if zrf.'.s::::: le coatenu en alcool if .:• .. : :r-' f^>j; ff f-?:. iiz^ :^ :.:-5, ".f = de celui qu'on aoblenu îU.- -r :•".•:-• :.i'- .: S. i- Mi-.ri':^ '.i Loueur était très-riche en i :.'.. . •'j.i-i.". f- :.?:... Tr .i z:::::f :.: l-esceux lier», et prendre
0-1 :- :: :• -ri: ir^frr. -fr "..- r.jifSie d'uze liqueur alcooliqnc^'^ :->::.. ^.--r. .:■ :fr.:c.M".::'f :uf niirq-ie i:r. thermoaietre, dont le r-r^.:-. . : -5. :'.:2^r iar.? ce.:'? ..j-if'^: a- xoment où elle entre en '.;. . ..-...:.. 1. :%:»: a.::? o-.r.?r.ru:r>f u:-.e table qui donne les tempéW" *. ^r^-: 'i»r:.^l .-..jr. c«:r:-sp:::iar.S aux divers mélanges d'alcool e' •] fia a. et qui 5*jit deUuue d'exp-erieaces directes faites dans le même
ACIDE SULFOVINIQUE. 191
reil, et sur des mélaages bien connus d'alcool et d*eau. Ce prodonne même, assez exactement, la richesse des liqueurs al-
liques employées pour boissons, parce que les quantités de sucre
de sels qu'elles renferment, influent peu sur leur température
ttnillition.
Enfin, on peut encore se fonder sur les grandes différences dedi* itatabilité qui existent entre Talcool et Teau. On se sert alors d'une opêce de thermomètre ayant la forme d'une pipette. Le tube inféqui termine le réservoir est très-court, son orifice peut être teicbé par un obturateur qui s'y applique exactement au moyen d^m ressort. On amène rigoureusement la liqueur à essayer, à la température de 25®, puis on y plonge l'appareil thermométrique en hissant Torifîce inférieur ouvert. On aspire le liquide pour le faire nmter au-dessus du point 0 dans la tige supérieure divisée; on le IniBe ensuite couler lentement jusqu'à ce qu'il affleure rigoureuse- Dent à la division 0. On ajuste alors l'obturateur, et l'on porte im- ■édiatement l'appareil dans un vase contenant de Teau à 50® ; on Mie la division à laquelle s'arrête le niveau du liquide; cette divi- ■on donne la richesse en alcool de la liqueur, parce que Tinstru- ■ent a été gradué par des expériences directes faites sur des mélioges d'alcool et d'eau, dont la composition était rigoureusement connue. Ce procédé s'applique aux liqueurs alcooliques qui ren* forment du sucre ou des sels, parce que ces matières influent peu nr leur dilatabilité.
L'alcool concentré agit comme poison sur l'économie animale; iigéré, en grande quantité, dans l'estomac, il peut produire la mort; lorsqu'il est plus étendu, il détermine l'ivresse. Injecté dans les veines, il produit une mort presque subito en coagulant l'albuidne du sang.
PRODUITS DE l'action DB L'âCIDE SULFURIQUE SUR L*ALCOOL.
S 4372. L'alcool, mis en contact avec l'acide sulfurique en di- Toves proportions et à des températures différentes , donne pluseors produits très-importants que nous allons examiner.
AeMe (ialffoTliilque, C^H'^0.2S0»+H0.
§ 4373. Si Ton verse de l'acide sulfurique concentré dansdel'alj eool absolu, les deux liquides se dissolvent avec éleWation de température, et il se forme un acide particulier, V acide sulfovinique. Les proportions les plus convenables pour former ce produit sont : {partie d'alcool et "Si parties d'acide sulfurique. Il se forme encore quantité notable d'acide sulfovinique quand on remplace l'ai-
i92 ACIDE SULFOVINIQUE.
cool absolu par de Falcool à 85 centièmes; si Talcool est plus étendu, la proportion diacide sulfovinique est beaucoup moindre* La température la plus favorable à la production de Tacide sulfovioiqoe est d'environ i 00^ ; on chauffe donc la liqueur jusqu'à ce point, à moins qu'elle n'y ait été amenée par le simple mélange des deox liquides. On étend ensuite la liqueur d'eau, et on la sature par da carbonate de baryte ; l'acide sulfurique libre forme du sulfate de baryte insoluble, et l'acide sulfovinique donne un sel de baryte soluble. On évapore la liqueur à une douce chaleur, ou mieux dans le vide, et l'on obtient un sel cristallisé en belles lames incolores. Le sulfovinate de baryte cristallisé a pour formule
BaO.(C*H«0.2SO»)+2HO;
mais il perd facilement ces 2 équivalents d'eau dans le vide sec, à une température comprise entre 40 ou 50®.
Il est facile d'extraire l'acide sulfovinique du sulfovinate de baryte ; il suffit de verser, goutte à goutte, de l'acide sulfurique dans une dissolution de sel, jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité ; on obtient ainsi une liqueur acide qui, évaporée dans un endroit frais, sous le récipient de la machine pneumatique, laisse finalement un liquide sirupeux dont la formule est HO.(C*H"0.2SO'); c'est l'acide sulfovinique au maximum de concentration. Ce produit se décompose très-facilement, même à la température ordinaire; la décomposition devient très-rapide si l'on chauffe, et l'on trouve alors de l'acide sulfurique libre dans la liqueur.
2 éq. d'acide sulfurique anhydre se combinent , dans cette réaction, avec \ éq. d'alcool C*H®0' et forment l'acide sulfovinique C*H*0*.2S0'; mais il faut écrire la formule de ce corps H0.(C*H*0.2S0®), l'équivalent d'eau pouvant être remplacé par 4 éq. de base. Les sulfovinates anhydres peuvent être regardés comme des sulfates doubles de la base et du corps C^H'^O qui est Véther^ dont nous parlerons bientôt , ou un isomère de ce corps.
Tous les sulfovinates sont solubles ; on les prépare facilement, par double décomposition, en versant dans une dissolution de sulfovinate de baryte un sulfate soluble de la base, jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité. Ils cristallisent, en général, facilement.
Les sulfovinates de potasse et d'ammoniaque cristallisés sont anhydres; ils ont pour formules :
K0.(C*H«0.2S0»), (AzH».H0).(C*H»0.2SO») ;
celle du sulfovinate de chaux cristallisé est CaO.(C*H»O.2SO*)-|-2H0'; ce sel perd son eau dans le vide. Le sulfovinate de cuivre cristallisé
ÉtHÉR. 493
«A r^réeenté par CuO. (C^H^O.îSœj+iHO, et celui d'argent par àg0.lC*ll»O.2S0»)+2H0.
Les dissolutions de sulfovinates se décomposent facilement par rébultition. Les sulfovinates secs donnent, par la chaleur, un prodoit huileux que nous étudierons plus tard sous le nom (ïhuile de ^pesante.
léther, C*H"0.
S 4374. Lorsqu'on chauffe un mélange de 2 parties d'alcool à 85®, et de 3 parties d'acide sulfurique concentré, il se forme un liquide l trts-volatil, l'éther, dont la formule est CWO. La formule de l'alcool étant C^H*()*, on est naturellement porté à admettre que Taloool abandonne 4 éq. d'eau à l'acide sulfurique qui en est très-avide, et qu'il se transforme en éther C^H'^0 , mais, si l'on examine la réaction de plus près, on reconnaît qu'elle n'est pas aussi simple. g J En effet, l'éther ne passe pas seul à la dislillation , il distille en ^ I môme temps de l'eau , et cette quantité d'eau est telle qu'elle reforjg, I merait précisément de l'alcool avec l'éther produit ; on ne peut ^ I donc pas admettre que l'alcool est transformé en éther par l'affinité ^,. de l'acide sulfurique pour l'eau.
Pour bien analyser toutes les circonstances de la production de l'éther, il faut disposer l'opération de la manière suivante : on place dans un ballon  (Bg. 675) i 00 parties d'acide sulfurique concentré, I renfermant par conséquent 48,5 d'eau, auxquelles on ajoute encore 1 20 parties d'eau, et 50 parties d'alcool absolu. On ferme l'ouverture ' dfl ballon par un bouchon percé de trois trous : dans l'un de ces trous est engagé un thermomètre t dont le réservoir plonge dans le mé-^ bnge liquide ; le second trou est traversé par un tube ab qui desceod jusqu'au fond du ballon et qui est terminé par un entonnoir a; enfin , dans le troisième trou on engage un tube recourbé ode, dont Fextrémité c est taillée en sifflet ahn que les gouttes liquides qui fhf condensent retombent plus facilement dans le ballon. Le tube fde est engagé dans un réfrigérant ordinaire BC, semblable à ceux que l'on emploie pour les distillations; Textrémité fy du tube re- [ froidi est recourbée afin qu'on puisse la faire descendre jusqu'au