‹ Cours élémentaire de chimie (volume 2)Chapitre 54 sur 130 · MÉTALLURGIE DE L'ÉTAIN · texte numérisé non relu

MÉTALLURGIE DE L'ÉTAIN

MÉTALLURGIE DB l'eTAIN.

§ 948. Le seul minerai d'étain est le bioxyde. Ce minéral ne se rencontre en place que dans les terrains les plus anciens * il forme de petits filons ou des filets irréguliers au milieu de roches granitiques. Souvent aussi , on le trouve dans des sables désagrégés provenant de la destruction de ces mêmes roches. Les principaux gisements de minerai d'étain sont en Saxe, en Bohême, en Angleterre dans le comté de Cornouailles, et dans les Indes. On trouve en Bretagne des sables qui renferment de Toxyde d'étain , mais ils sont trop pauvres pour qu'on ait pu les exploiter jusqu'ici avec avantage. Les roches stannifères bocardées , et les sables stannifères sont soumis à des lavages qui ont pour but de séparer mécaniquement les gangues. Ces lavages ont lieu dans des conditions très-favorables, car l'oxyde d'étain est beaucoup plus dense que la gangue, et, comme il est très=-dur, il donne peu de poussière sous le bocard. Ces lavages sont tellement expéditifs, qu'ils peuvent être appliqués avec avantage, à des sables qui ne renferment que J pour 4 00 d'étain.

Le minerai lavé se compose d'oxyde d'étain et de quelques minéraux métallifères très-denses, tels que des sulfures, des arséniosulfures, des oxydes de fer cristallisés, etc. , etc. On le soumet à un grillage en tas, ou dans des fours. L'oxyde d'étain n'est pas altéré, tandis que les sulfures et les arséniosulfures s'oxydent partiellement et se désagrègent. De sorte que, si l'on soumet de nouveau le minerai au bocard, les matières grillées se pulvérisent, tandis que l'oxyde d'étain reste à peu près dans son état primitif. En soumettant le sable grillé et bocardé à un nouveau lavage , on le débarrasse facilement des matières qui ont été altérées par le grillage , et l'on obtient un minerai très-riche qui donne souvent plus de 50 pour 4 00 d'étain métallique.

En Saxe, on fond le minerai dans un fourneau à manche de 3'",0 environ de hauteur (fig. 536 et 537). Les parois do la cuve A sont formées par des plaques de granit. La sole se compose d'une seule pierre de granit D, convenablement entaillée, et présentant vers la partie antérieure, la poitrine du fourneau, une pente assez rapide. Les matières fondues s'écoulent continuellement dans un creuset extérieur B, formé par des plaques de granit, revêtues intérieurement de brasque. Ce creuset est muni, à sa partie inférieure, d'un trou de coulée qui débouche au-dessus d'une marmite en fonte C.

Le charbon et le minerai sont chargés, couche par couche, dans le fourneau. On active la combustion avec une machine soufflante, dont la buse traverse la tuyère o.

I (i\jdt (lildiiiisl loduit par loxjde de carbcne qui se produit au tonlatl du combustiblt Les gangues sonl ordinairemeot très- ■ fusiblea par eiles-mémes ; dies J donnent une scorie pâteuse qiri | s éioiile avec I elain dans le bis- f sm B On enlève ces scori» df f Il mps en temps Lorsquclebi esl rempli de mel^l fonda, DB débouche le Irou de coulée, etk meta! se rend dans la manniten fonteC Onlj aoileaplusieurar^ prises atec un bâton de bois vert, qui se Larboniso paitielleiiWDl dansleliquideuhaud ilenrânllt un bouillonnement, dû à u gagiiment degaz, qui fait mi ' H la 'Surface du bain, des crasaei quiselrouvaientdisseminées du le métal en même lempsqu'jLiiduit d 1 étal métallique de l'oi^' d étiin dissous Lorsque le mÂ' u a plus qu une tempcrature H péneure de quelques degréi 1 (elle de SI liision onlelaiBsen poHcr on I enlève ensuiteavecdM poches en fer et on le eonle il des moulcb Ll nul il qui forme les cuuihes supérieures est le phi pur , celui qui st trou\e au fond de la chaudière renferme la ptai grande partie des m èUiux étrangers.

Comme les scories n'acquièrent pas une fluidité parfaite, ellesr» Uennent toujours Iwaucoup de grenailles d'étain. Les plus riciis sont ajoutées au minerai et fondues avec lui ; les plus pauvres wsl bocardées , et on en sépare par des lavages les grenailles méltlK' ques. Cependant, la plus grande partie des scories est fonduei pH( dans le même fourneau que le minerai, en augmentant le coœbwtible et la force du vent. Cette fonte donne des scories plus ItuidMt dont l'étain se sépare beaucoup mieux ; mais le métal que l'on 9 relire, est plus impur que celui qui provient de la fonle du piinfrai. On le vend comme étain de qualité inférieure.

% 9i9. En Angleterre, on soumet le minerai qui provient ilK sables stannifères à un traitement à peu près semblable. Les iWneaux à ruve onl seulement une hauteur plus considérahlf ; *

MÉTALLlRGIi; DE L'ETAIS.

élève à 5 ou 6 mètres. Od ne moule en Itn^s qoc l'éuin qw mne Ips coucbes supérieures da creu&el: cehti qui se Uvimm md esl fondu de nouveau. On chauffe quelquefois les lingots d'éan-(lessuade <00*, et on les laisse lômber d'une cnlaiiieiiau- Bur. l£ inéUl, qui esl derenu cassant â celte t^npéralure, se divise pi peûls fragments cristallins, qu'on appelle gnùn-lirt.

Le minerai qui provient des Glons cs( beaucoup moins pur que Eelaî des sables. Âpres les premiers bocardage et lavage, on le [nDe dans un roumcau a réverbère. Il se forme des sulfates de fer 1 de cuivre, que l'on enlève par l'eau et qu'on sépare par criblaiisaUon. Le minerai est soumis à no nouveau lavase. et le sclilich |iii en provient est chaude sur la sole d'un fourneau à réveii>ère me du chartioD de terre en poussière, auquel on ajoute de la cbaui MUT faciliter la fusion de la gai^gue. Un fait écouler de temps en îeoips les scories; puis on coule dans des moules l'élain qui f'

nni dans un bassin îolérieur.

L'élain provenant de ce traitement est soumis à un affinage qui

mdite k chauffer lentement te métal sur la sole d'un fourneau â limttère. L'élain pur fond le premier ; et, comme la sole est inclilie vers le trou de coulée, le métal s'éi-oule au dehors du fourneau. ÏKste sur la sole un alliage d'étain avec les métaux étrangers. Ce de raffinage, employé pour beaucoup de mêtanx. esl appelé KflialiiM. Souvent, pour obtenir de l'élain trés-pur, on est obligé ie lui faire subir deux liqualious successives.

% 950. L'élain est employé à la confecliou de divers vases, des couverts de table, etc., etc. ; on lui allie ordinairement un peu de plomb , |iour le rendre moinâ cassant. L'alliage le plus générale- DHit employé pour cet usage renferme 18 pour 100 de plomb.

L'étain est aussi utilisé à l'état de feuilles très-minces, soit pour 'élamage des glaces , soit pour envelopper les tablettes de chocolat, les bonbons, etc. Ces feuilles se préparent par le martelage ; o: n'y emploie que l'étain de première qualité. On le coule d'abord e plaques, que l'on bat sous de^ martinets jusqu'à réduire leur épais-

à 1 railtîroèlre environ. On superpose ensuite S ou 10 de ci {daqneslesunessurles autres, et on continue à battre. Lorsqu'elles nsont suffisamment amincies, on les coupo en deux, on superpose les moitiés, et on continue le battage. On opère ainsi, jusqu'à f Ce que l'on ait superposé une centaine de feuilles , qui Unissent |)ar M réduire à une minceur estréme.

I Dne des applications les plus importantes de l'étain consiste dans rétamage de la tôle , opération qui transforme la tôle mi vn frr-blanc {^ HiV .

§951, Le tilane * en combinaison avec l'oxygènQ a élé reaconiré dans plusieurs minéraux: le rutile est de t'ucide l.itanique presque pur, eli&i fers titanes sonl dea mélanges, ou des combinaisonBd'acîde titanique et d'otyde de Ter.

Oa prépare lo titane mélallique en cliauffiint.dans un creuseldc platine couvert, du Quotitanate de potasseet du potassium. La d^ composition du lluotitanate Be lait brusquement et avec incaDdescenu;; on traite par l'eau la masse refroidie, on décante les parcelles grises les plus légères, qui renferment toujours un peu d'acide titanique non décomposé; la poudre lourde qui reste est le tiluD métallique.

Le tilane se présente ainsi sous la forme d'une poudre grisa, amorphe, analogue à celle du fer réduit par l'hydrogène a une basw température. Chauffé à l'air, il brùie avec une vive seintillation. Lorsqu'on cbauiTe ce métal avec de l'oxyde de plomb ou de cuivre, il se développe une vive incandescence, et la matière est souveat projetée au loin. Le titane se change dans ces divers cas en aàih titanique. 11 décompose facilement l'eau à la chaleur ^ouge et H change en acide titanique.

COMEIHAISONB ne TrrANE avi § 953. On admet trois combinaisons du titane avec l'oxygène:

Le protoxyde , Ti 0,

Le sesquiosyde, TÎ'O', L'acide titanique, Ti 0".

L'acide titanique est la combinaison !a plus importante; il M trouve dans la nature sous forme de cristaux d'un jaune brun S opaques; les minéralogistes lui donnent le nom de mlite. Lcratlls n'est pas de l'acide titanique pur ; il renferme ordinairement i n 2 centièmes d'oxyde de fer. Le rutile est isomorphe avec le biojyiH d'étain naturel. Le sesquioxyde de titane combiné avec le proloiyifc de fer, forme d'autres minéraux assez communs auxquels on donne le nom de fers titanes, et qui paraiï^sent analogues à l'oxyde àd fff magnétique. Enfin, le minéral appelé anatase, et qui furrac de*

' DccoHTert en 17B1 p«r W. Grégrir.

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