ALLIAGES
§ 984 . Le plomb forme plusieurs alliages employés dans les arts. Les principaux sont : l'alliage des imprimeurs , composé d'antimoine et de plomb, et les alliages de plomb et d'étain, dont on se sert pour les soudures, et la poterie d'étain.
L'alliage employé pour les caractères d'imprimerie correspond à peu près à la formule Pb*Sb, il est formé de
Plomb 76,2
Antimoine 23,8
400,0 On y ajoute quelquefois une petite quantité de bismuth.
L'analyse de cet alliage se fait au moyen de l'acide azotique , qui dissout le plonib à l'état d'azotate de plomb et transforme l'antimoine en acide antimonique. On évapore à sec pour chasser l'excès d'acide. L'eau dissout ensuite l'azotate de plomb , et laisse l'acide antimonique insoluble. Comme il est difficile -de transformer complètement par l'acide azotique l'antimoine en acide antimonique, il convient de réduire le résidu à l'état d'antimoine métallique, ei le chauffant dans un tube de verre , au milieu d'un courant de gaK hydrogène. Le plomb est dosé par différence ; mais on peut aussi k doser à l'état de sulfate en précipitant, par un sulfate alcalin, la dissolution qui le renferme. Si l'alliage contenait du bismuth , il faiïdrait, après avoir évaporé à sec la dissolution nitrique, reprendre le résidu par de l'eau acidulée avec de l'acide azotique, afin dedii-j soudre le plomb et le bismuth. On saturerait ensuite avec précauti(i| la liqueur par de l'ammoniaque, qui précipiterait le bismuth, sanij précipiter le plomb, si on n'en ajoutait pas un trop grand excès. Lt| séparation parfaite du plomb et du bismuth présente des difficultés.
Le plomb et l'étain s'allient facilement en toutes proportions. Lt! fusibilité de ces alliages varie beaucoup selon les diverses prop(M>> tiens des deux métaux.
Le plomb pur fond à 335°
L'alliage Pb'Sn » 289
» Pb Sh » 244
» PbSn» » 196
» PbSn^ » ... 486
Pb Sn* » 489
» Pb Sn-^ '» 494
L'étain pur » 225
Ainsi, l'alliage le plus fusible correspond à la formule PbSn',il fond à une température plus basse que le métal le plus fusible qui entre dans sa constitution. Ces alliages se défont facilement par liquation (§345).
Pour la poterie d'étain , on allie à l'étain de 4 2 à 4 8 pour 1 plomb , celui-ci donne plus de dureté au métal et permet de te travailler plus facilement sur le tour.
La soudure des plombiers est composée de :
Plomb 2 parties
Étain 4 »
Cette soudure fond vers 275**.
MÊTALLUftClË DU PhOm. iil
La W)udure des ferblantiers reuferme :
Plomb 4 partie
Étain '. 4 n
L'analyse des alliages de plomb et d'étaîn se fait avec la plui grande facilité. Il suffit d'attaquer Falliage par de Tacide azotique qui dissout le plomb et transforme l'étain en acide stannique ins^oluble. On dose Tétain à l'état d'acide stannique calciné, et le plomb par différence.
METALLURGIE DU PLOMB.
§982. On trouve dans la nature un grand nombre de minéraux renfermant du plomb ; les principaux sont : le sulfure de plomb ou galène , le séléniure, le carbonate, le chlorophosphafe, etlechrômate. Le sulfure et le carbonate de plomb sont les seuls minéraux assez abondants pour servir comme minerais de plomb.
La galène se trouve en général dans des filons qui traversent les terrains primitifs et les terrains de transition; elle forme souvent aussi des amas plus ou moins considérables dans les terrains de transition et dans rétnge inférieur des terrains secondaires. Enfin, certains grès, nppartenant à la formation du grès bigarré, sont imprégnés de petits grains de galène, que l'on sépare facilement au moyen de la préparation mécanique, lorsque le grès n'est pas trop dur.
La galène subit toujours une préparation mécanique. Le minerai extrait de la mine est d'abord soumis à un triage à la main, qui en sépare des morceaux assez riches pour être fondus immédiate- . ment ; le reste est broyé entre des cylindres et porté au criblage. On obtient ainsi une nouvelle portion de minerai bon à fondre , et un minerai intimement mêlé de gangue, qui est bocardé , puis lavé dans les caisses ou sur des tables. Ces préparations donnent un schlich plus ou moins fin qui est envoyé à l'usine.
La galène renferme souvent une assez grande quantité d'argent pour qu'on puisse l'en extraire avec avantage; son traitement métallurgique est alors dirigé sous le double pomt de vue de l'extraction du plomb et de celle de l'argent. Quelques galènes sont mélangées de pyrites cuivreuses, et donnent, à une certaine époque de leur traitement, des mattes assez riches en cuivre pour qu'on les traite comme minerai cuivreux.
Le carbonate de plomb forme de petits amas dans les terrains secondaires ; le plus souvent, il existe dans le voisinage des mines de galène. Son traitement métallurgique est très-simple : on le fond,