‹ Cours élémentaire de chimie, Volume 1Chapitre 55 sur 91 · ACIDE FLUORHYDRIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE FLUORHYDRIQUE

remue avec une spatule de platine ou de plomb. On monte ensuite Fappareil et on couvre les jointures avec un lut terreux que Ton maintient au moyen d'une bande de papier. On chauffe la cornue avec quelques charbons placés dessous, en prenant des précautions pour ne pas atteindre le point de fusion du plomb ; pour plus de sûreté, on peut chaufiTer la cornue dans un bain de sable, ou mieux, dans un bain d'huile. Lorsque Topération est terminée, on verse Tacide fluorhydrique qui s'est condensé dans le récipient, dans un vase d'argent ou de plonib, que Ton ferme avec un bouchon du même ^ métal soigneusement rodé.

L'acide fluorhydrique que l'on obtient ainsi est l'acide anhydre ; si on voulait obtenir de l'acide étendu d'eau, il serait convenable de placer dans le récipient une certaine quantité d'eau qui faciliterait beaucoup la condensation des vapeurs acides.

La théorie de cette opération est très-simple; elle est la même que celle de la préparation du gaz acide chlorhydrique (§ 183) :

CaFl 4- SO^HO = CaO.SO? + HFl.

On obtient plus sûrement l'acide fluorhydrique anhydre en chauffant le fluorhydrate de fluorure de potassium KFl.IIFl dans une petite cornue en platine, munie d*un récipient, également en platine ; l'acide fluorhydrique anhydre se condense dans le récipient, et le fluorure de potassium KFl reste dans la cornue.

L'acide fluorhydrique est une des substances les plus dangereuses à manier ; une goutte d'acide anhydre sur la peau produit une inflammation très-vive, souvent accompagnée de fièvre. Une brûlure qui s'étendrait sur une grande surface pourrait occasionner les accidents les plus graves et même la mort. Lorsque l'acide est mêlé avec l'eau, il est beaucoup moins corrosif; mais, même dans ce cas, on ne doit le manier qu'avec les plus grandes précautions.

L'acide fluorhydrique anhydre forme un liquide incolore, ayant pour densité 1,06; il ne se congèle à aucune température, et bout vers 30«». Il produit à l'air des vapeurs blanches, épaisses, qui sont dues à sa combinaison avec la vapeur aqueuse de l'air. L'acide fluorhydrique a une grande affinité pour l'eau et se mêle avec ce liquide en toutes proportions. Quand on verse l'acide anhydre dans l'eau, chaque goutte produit un bruit semblable à celui d'un fer rouge que l'on y plongerait. L'acide, mêlé à une suffisante quantité d'eau, ne fume plus à l'air.

L'acide fluorhydrique attaque le verre; nous verrons plus loin quelle est la réaction chimique qui se produit. On s'en sert pour graver sur le verre, et, principalement, pour tracer les divisions sur

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les liges des thermomètres et sur les cloches, comme nous l'avons indiqué, page 113. On grave également à Tacide lluorhydrique gazeux; on obtient même ainsi des divisions plus fines, et très-visibles parce qu'elles sont opaques; tandis que celles qui sont obtenues avec Tacide liquide sont transparentes et ont besoin d'être profondes pour être suffisamment apparentes. Pour graver à Facide gazeux, on met dans une caisse en plomb un mélange de spath fluor en poudre très- fi ne et d'acide sulfurique concentré, et Ton expose la pièce à graver à l'action des vapeurs acides qui se dégagent.

L'acide fluorhydrique présente la plus grande analogie avec les acides chlorhydrique, bromhydrique et iodhydrique ; aussi est-il probable qu'il présente une composition semblable, c'est-à-dire qu'il est formé de 5 volume de fluor et de 5 volume d'hydrogène sans condensation. Mais cette composition n a pu être vérifiée par des expériences directes, parce que l'on n'a pas réussi jusqu'ici à isoler le fluor, de manière à en déterminer la proportion, ni même à prendre la densité de l'acide fluorhydrique gazeux.

§ 205. La composition en poids de l'acide fluorhydrique et l'équivalent du fluor peuvent être déterminés de la manière suivante :

On pèse dans un creuset de platine une certaine quantité de spath fluor, réduit en poussière impalpable, et on le traite par de l'acide sulfurique concentré, jusqu'à ce qu'il soit transformé entièrement en sulfale. Il convient, pour cela, d'arroser plusieurs fois la matière avec l'acide sulfurique, et d'évaporer l'excès d'acide au moyen d'une lampe à alcool. A la fin, on calcine le sulfate de chaux à la chaleur rouge.

On trouve ainsi que 10 grammes de spath fluor ou fluorure de cal- • cium, CaFl, donnent 17eï",345 de sulfate de chaux, CaO.SO'*.

Or la composition du sulfate de chaux, en chaux et en acide sulfurique, peut être déterminée facilement par rext)érience suivante :

On prend 10 grammes de chaux vive, CaO, très-pure; on l'arrose avec de l'acide sulfurique dans un creuset de platine, on évapore l'excès d'acide, et on calcine au rou^e le sulfate de chaux produit.

On trouve ainsi que 10 grammes de chaux donnent 24b'*,261 sulfale de chaux; on en déduit que le sulfate de chaux renferme :

Chaux 41,22

Acide sulfurique 58,78

Or 58,78 d'acide sulfurique renferment 35,268 d'oxygène, et nous avons dit (page 213) que, dans les sulfates neutres, la quantité d'oxygène de la base est le | de celle qui existe dans l'acide sulfurique. Les 41,22 de chaux renferment donc :

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